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Franz Schubert en direct de Vienne

Aller + loin, Dossiers, Histoire de la Musique

C’est évidemment la première fois dans l’histoire du journalisme qu’on a décidé de faire voyager des reporters dans le temps à la recherche de quelque information propre à aiguiser la curiosité de lecteurs devenus de plus en plus avides de reality shows. Pour accéder au dossier complet : Entretiens d’outre temps

 

Schubert par Klimt4 Juillet 2005 – 10h00 du matin

C’était évidemment la première fois dans l’histoire du journalisme qu’on avait décidé de faire voyager des reporters dans le temps à la recherche de quelque information propre à aiguiser la curiosité de lecteurs devenus de plus en plus avides de reality shows. Jamais je n’aurais imaginé que notre monde de la musique classique s’y serait trouvé confronté un jour. Et pourtant j’étais le premier à en faire les frais, comme si je n’avais que ça à faire, comme si la musique et l’histoire des hommes avaient besoin de s’en trouver augmentées ! J’avais enfilé ce costume censé me faire ressembler à un pur viennois des années vingt du XIXe siècle et avait naturellement obéi, non sans une certaine amertume, à l’ordre implacable de notre rédacteur en chef : « Christophe, tu es notre spécialiste sur . Nous te faisons confiance. Rentre dans la machine et appuie sur le bouton rouge. Tu seras transporté à Vienne au 2 janvier 1828. Rends toi chez Schober et reviens nous avec le seul entretien jamais réalisé avec le Schwammerl. La concurrence est de plus en plus rude, tu le sais. Fais pour le mieux et tu seras payé ! Souviens-toi que tu ne peux pas revenir sans avoir rempli les 3000 signets de ton entretien. Nous surveillons ton note pad. Bonne chance ! ». Je connaissais évidemment bien Schubert mais pourquoi cette date du 2 janvier 1828 ?

2 Janvier 1828 – 17h00

Appuyer sur le bouton rouge était une chose facile, plus difficile était de subir quelques secondes plus tard les regards moqueurs de Viennois croisant un énergumène légèrement stressé, l’air hagard, cherchant son chemin dans un costume que la mode viennoise avait abandonné depuis déjà dix ans ! En maudissant les costumiers improvisés de notre « grande » maison de presse je me rendais aussi compte que la langue de Gœthe n’était pas un problème pour moi et retournais à mes railleurs quelques jurons bien typiques de l’époque et avec l’accent ! Je sentais de même que mes pas étaient guidés comme mécaniquement et renforçaient cette impression de béatitude niaise que les passants prenaient pour du ridicule et ils avaient raison. Jamais je n’aurais du accepter cette « petite opération » … Maudite boîte ! Il était dorénavant évident que l’entretien était prévu depuis longtemps par la direction et que j’avais été bio-techniquement préparé à l’affronter. Mais que faire … Je décidais de me laisser porter, j’avais 3000 signets à engranger avant de pouvoir rentrer dans les 48 heures et me reposer enfin entre les seins de ma douce sur une cantate de Bach que le fumet d’un bon bœuf bourguignon viendrait mettre pleinement en valeur.

Mes pas me mènent invariablement, me font trébucher, sauter, stopper au détour d’une rue ou d’une avenue. Je suis dans la Vienne du XIXe siècle, je le sais, il doit y avoir un problème dans la programmation de la machine car ça fait déjà une demi-heure que je tourne et que je subis l’affront de regards de plus en plus hostiles, je suis ridicule, je le comprends, merde ! Elle arrive quand la porte ? Dans mon stress je ne me rends pas compte que j’y suis arrêté depuis dix minutes et que mes balancements incohérents renforcent l’animosité de mon entourage. Une vieille femme m’insulte dans un patois inconnu parce que je bouche le passage, un autre m’attrape par le col pour me déplacer violemment en riant. Je me retrouve alors nez à nez avec cette poignée de porte qui ne demande qu’à tourner ! Je rentre, le couloir est obscur, les odeurs de cuisine m’étouffent, ça sent aussi la pisse … Je ne m’étais pas encore rendu compte de la rusticité de l’époque, j’y suis maintenant !

Me reviennent alors à l’esprit les premières mesures de l’Inachevée, comme une lente accession à l’inimaginable, je gravis une à une les marches d’un escalier interminable. Je vais rencontrer Schubert ? J’entends dans les étages une musique qui me rappelle le Gute Nacht du Voyage d’hiver. Ce Lied n’est pas très bien joué, le musicien semble un peu …absent. Puis je m’arrête devant une porte musicale aussi glacée qu’un iceberg. C’est le moment, je dois frapper et honorer mon contrat. Alors je lance trois coups sur un bois qui me paraît bien sourd. La musique s’arrête, j’entends des pas, quelqu’un s’approche derrière le rideau lourd. Le cliquetis rassurant de la serrure sonne le glas de mon ridicule affront. Je tremble mon Dieu, il est là devant moi … Je n’avais jamais pu espérer rencontrer , l’un des plus grands compositeurs de ce XIXe siècle naissant. Mais la pâleur de mes joues et les gouttes de sueurs froides qui ornent mon front de stressé ordinaire du XXIe siècle font écho à l’homme qui se présente devant moi. Ses prunelles noires sont perdues derrière de petites lunettes rondes, le front est plissé, il est mal rasé, boudiné, ses cheveux sont en désordre, il est aussi empêtré dans une chemise de nuit qu’il semble avoir empruntée à un ami … Il se montre véritablement comme un être inoffensif, loin des gens que l’on a dorénavant l’habitude de rencontrer. Alors je me lance, accapare la scène et tente malgré moi de reprendre une assurance de circonstance … Je suis grand !

    – Bonjour Maître, je suis Karl Fisch, envoyé par la Société des Amis de la Musique. Nous avons beaucoup de projets en commun, nous adorons votre musique…

– Arrêtez je vous en prie, j’ai la tête qui éclate … entrez, je vais préparer du café.

Je pénètre alors dans l’obscur vestibule où une odeur de tabac froid et d’épices me transperce les naseaux. Je pends mon manteau à tâtons et décide de suivre les bruits du moulin à café. Seraient-ce ces mêmes sons chaotiques qui auraient inspiré le Maître dans son quatuor à cordes en mineur La Jeune Fille et la Mort ? Il faut que je lui pose la question ! Je le note dans mon petit carnet électronique, ça fait au moins 20 signets de gagnés ! Quand j’arrive dans ce qui sert de cuisine un haut le cœur contenu me montre le spectacle écœurant des journées d’après, celles que les orgies et fastes des nuits de fêtes ont l’habitude de transformer en de sinistres renvois.

    – La bonne passe dans une heure. Elle nettoiera tout ce foutoir. Passons au salon.

Le salon ne semble guère en meilleur état, dans tous les cas ce n’est pas l’endroit idéal pour recevoir une jeune fille, et pourtant … Deux ou trois créatures sont avachies tantôt dans un canapé, tantôt à même le sol. Une seule retient pourtant mon regard, elle est si pâle, si belle en même temps et dort sereinement… Quelque manuscrit de partition lui couvre le corps, je n’ose pas imaginer lequel. Je me rends soudainement compte du froid qui enveloppe la pièce. Le Maître m’assoit dans un fauteuil et me propose une tasse qui semble ne pas avoir encore été lavée de ses affronts de la veille. Je me dis alors qu’un fond d’eau de vie ne sera que bénéfique pour la suite des événements. Je n’aime pas le dire mais c’est bien le grand Franz Schubert qui me servit ce jour-là un café … Pas vraiment bon, je l’accorde, d’ailleurs je crois que je n’aurais vraiment pas aimé vivre à ses côtés, finalement … Mais la question n’est pas là, je me dois de réunir ces putains de 3000 signets ! Schubert s’assoit en face de moi sur une chaise en bois et attend depuis deux tasses de café que je prenne enfin la mesure de l’instant.

    – Tout d’abord, Maître, je voudrais vous signifier l’immense honneur que j’ai à vous rencontrer aujourd’hui. La Société des Amis de la Musique m’a demandée de venir vous voir pour prendre un peu de vos nouvelles. Nous sommes tout à fait conscients de la valeur de votre travail mais nous aimerions que vous nous en disiez plus sur vous qu’à travers nos correspondances.

– Je me plierai volontiers à vos exigences à condition qu’elles soient dignes de la confiance que nous avons l’un envers l’autre.

– Effectivement. Pouvez-vous me parler de votre projet de Société de Lecture ?

– A vrai dire, ce n’est pas mon projet. Je participe simplement à mon humble mesure en accompagnant tous les samedi soirs les merveilleux poèmes de mes camarades. C’est vraiment pour cela que vous me sollicitez aujourd’hui ?

– Non, pour être franc, nous aimerions organiser un concert en votre honneur.
– Cela me touche, vous savez que j’apprécie votre institution pour sa dévotion à mettre en valeur le meilleur de la musique. Cependant je ne penses pas avoir le temps de me préoccuper de cela en ce moment. Ach ! Mes maux de tête me reprennent, excusez moi un instant …

Je savais pertinemment que Schubert vivait tant bien que mal sa dernière année mais j’avais pour mission de lui extirper quelque scoop. En attendant je consignais les données collectées, et hop ! Les sentiments ne sont pas les meilleurs amis du reporter, il faut avant tout avancer, creuser et revenir avec la substance … Je me demande encore pourquoi je me retrouve ici à une date aussi anodine que le 2 janvier 1828, je balaye du regard la pièce et arrête mon regard sur ses corps immobiles qui accaparent de plus en plus ma curiosité.

    – Que regardez-vous ?

Je sursaute et me rend compte que l’obscurité qui rempli la pièce ne gêne pas mon hôte, il semble à l’aise dans cette ambiance glacée, je me demande aussi si mon rêve d’adolescent ne se transforme pas en cauchemar :

    – Ces femmes Maîtres, … elles dorment ?

– Oui, cela ne se voit pas ? La nuit dernière a été très mouvementée. Je ne me souviens pas avoir vécu pareille orgie de vin, de femmes et de musique ! Je me souviens juste m’être endormi alors que je leur interprétais un de mes Impromptus. Je me suis réveillé ce matin dans le brouillard le plus total avec une migraine des plus insupportables. J’aimerais parfois mourir et me fondre enfin dans le Léthé … J’aime surtout mes amis Schober, Spaun, Huttenbrener entre autres mais je doute parfois de leur capacité à assimiler totalement mon art !

– Où sont vos amis ?

– Ils doivent encore se réunir ce soir dans quelque taverne. Je n’ai plus envie de les suivre, ils vont trop loin dorénavant. J’ai beaucoup de travail par ailleurs et il me semble être de mon devoir de le construire jusqu’au bout.

– Puis-je m’inquiéter de savoir où vous en êtes de vos travaux ?

– Que puis-je vous répondre si ce n’est que vous commencez à vraiment m’indisposer ?

– Mais j’attends simplement de vous que vous rendiez à notre institution la confiance qu’elle a daignée vous offrir !

– Qui êtes vous pour me parler ainsi ? Vous êtes comme tous ces satanés incultes de l’âme qui m’entourent de leur hypocrisie végétative !

J’étais allé un peu trop loin mais le jeu en valait la chandelle … Je savais Schubert sensible au point de ne supporter aucune remarque sur la valeur de son travail. J’étais quand même arrivé à engranger 500 signets et me réjouissais déjà à l’idée de mon retour. La bonne avait frappé à la porte et Schubert l’avait invitée à nettoyer les restes, un rôle que je n’avais jamais encore assimilé dans ma petite carrière de chroniqueur musical. Schubert était aussi capable d’assurer le quotidien même en l’absence de ses hôtes … Mais ce que je n’avais, par dessus tout, imaginé devait se produire à son retour…

    – Mon cher Karl, il faut que je vous dise… Vous voyez ces femmes avachies autour de vous ?

– Oui Maîtres …

– L’une d’elles s’est donné la mort hier soir, Karl …

Vous imaginez bien que cette nouvelle effroyable me mit dans un embarras intolérable mais pourtant je consignais, je consignais et engrangeais l’info et questionnais en essayant de penser à autre chose.

    – Comment est-ce arrivé ?

– Tout simplement en fait. Elle a choisi de suivre la voie, vous comprenez ?

– Non

– Prendrez-vous un verre d’eau de vie ?

– Euh … oui, merci

Il me fallait bien ça pour récupérer de la nouvelle qui deviendrait un scoop. Personne n’avait jamais relaté le fait que Schubert puisse vivre et trouver inspiration ainsi à côté d’un cadavre et sous l’œil compatissant de ses amis !

      – Mais comment pouvez-vous écrire votre

Winterreise

    ainsi !?

– Cher ami, vous m’étonnez ! Comment pouvez-vous savoir que je suis justement sur ce grand projet ?

Il me fallait une pirouette :

    – C’est Schober qui m’en a parlé pas plus tard qu’hier soir avant qu’il ne rentre ici. Il était saoul, j’imagine que c’est son habitude … Et puis les éditeurs parlent aussi …

– Et pourquoi ne l’avez vous pas accompagné jusque ici ? Vous auriez pu vivre une belle histoire.

– Quelle histoire ?

– Mais celle que nous écrivons, évidemment ! Celle qui s’inscrit dans notre temps. Avez-vous déjà approché la mort de près ?

– Non et je n’ai pas envie de ça !

– Pourquoi ?

– Parce que cela me fait peur, c’est tout à fait normal non ?

– Permettez que je vous inculque un brin de poésie …

Schubert s’assoit au piano. Ses doigts boudinés sont ridicules face à l’harmonie architecturale d’un clavier dont il prend cependant possession d’une façon instinctive et sûre. Les yeux fermés, la tête penchée en arrière, ses bras jouent le rôle de balanciers pour permettre à ses doigts innombrables d’entamer les premières mesures de Gretchen Am Spinnrade. Puis il s’arrête, se retourne, me regarde droit dans les yeux et chuchote :

    – Vous entendez ce silence ? La mort est ici. Vous voyez, juste derrière vous, Gretchen dort paisiblement, nul doute qu’elle a enfin trouvé le repos. Il y a six mois, cette femme était heureuse, prête à marier, la tuberculose a tout emporté, amour, amis, famille, ne restait plus que la mort pour ultime refuge. C’est ce qu’elle a décidé hier soir et nous l’avons aidée. Bauernfeld lui a donné ses meilleurs poèmes, nous lui avons chanté les plus beaux lieder, puis elle s’est empoisonnée après avoir bu autant que nous tous réunis. Moi-même je suis en sursis, mais il me reste la musique pour dernière compagne avant de rejoindre la Mort.

– Je vous avoue que je ne comprends pas tout.

– Taisez-vous ! Admettez qu’il n’y a plus belle façon de partir … Ecoutez le silence, n’entendez-vous pas les doux balancements de l’âme enfin libérée des douleurs de la chair ? Nous sommes en plein deuxième mouvement de mon Quatuor en ré mineur. Cette jeune femme est enfin heureuse … Regardez son visage, sa blancheur fait écho aux rayons de lune qui nous entourent. Elle est loin maintenant, elle est bien.

– Mais personne ne s’est indigné de voir accomplir un tel acte sous ses yeux ?
– Spaun n’était pas à l’aise, il s’en est pris violemment à Schober de mêler notre comité de lecture à ce genre de séances initiatiques. Il le sait pourtant qu’on ne peut pas passer outre. Nul doute qu’ils vont encore en discuter ce soir même. Je ne voudrais pas assister à leur empoignade, cela risque fort de tourner au drame.

– Et les autres, pourquoi dorment-elles encore ?

– J’imagine que la nuit les a bien fatiguées … Vous savez mes amis sont des forces de la Nature et après ce que nous avons vécu il ne leur fallait pas moins que ces femmes consentantes pour assouvir leur besoin de virilité et d’existence. L’orgie de vin et de femmes est aussi un exutoire, une façon de défier la mort …

3 janvier 1828 – 1h00 du matin

Etais-je en plein rêve ou plutôt en plein cauchemar ? Toujours est-il que je n’avais plus la force de continuer cette séance d’entretien macabre. La liste de questions que j’avais préparées était en total décalage avec le moment que je vivais. Comment continuer à parler de musique, de l’actualité de l’époque ? Il est 1h du matin, nous sommes donc le 3 janvier 1828, un bruit de porte me sort un peu de mon engourdissement. C’est Schober qui rentre, il a l’air très agacé. Schubert a disparu je ne sais où, me suis-je endormi ? Les filles ont aussi disparu, même la morte, je ne comprends plus rien. Puis je les entends discuter, c’est bizarre, Schober a exactement la même voix que mon rédacteur en chef, je délire sans doute …

    – Karl ! Réveille-toi ! Karl ! Bon sang Karl, arrête tes conneries, réveille-toi !

Je perçois des visages, c’est le flou total. En arrière plan sonore je crois entendre le Quintette en ut avec ses sublimes pizzicati de violoncelles. A chaque note je reçois comme une décharge d’adrénaline. Mon visage se déforme alors que le flou se dissipe.

4 juillet 2005 – 10h03 du matin

    – Christophe, réveille-toi !

– Elle est morte … elle est morte … Schubert ! La jeune fille est morte.

– Et bien, tu pourras te vanter de nous avoir donné la trouille de notre vie !

C’est la voix de mon rédacteur en chef, il est penché sur moi ainsi qu’une bonne dizaine de collègues et de pompiers. Je comprends que je suis de retour, un sourire niais doit certainement redonner vie à mon visage. J’ai accompli ma mission, je serai payé ! Je brandis mon notepad en signe de victoire et retombe lamentablement dans un sommeil profond.

J’apprendrai plus tard que la machine n’avait pas fonctionné et qu’en guise de voyage dans le temps je n’avais reçu qu’une décharge de 500 volts en appuyant sur le bouton rouge … Il s’est écoulé 3 minutes entre ce moment et mon réveil. Il est évident que mon notepad était vide. Je n’ai pas été payé et ai passé un bon mois à l’hôpital. Je ne suis pourtant pas dégoûté de la musique, ni du journalisme, il paraît que la machine est réparée et qu’elle fonctionne maintenant. Plusieurs de mes collègues ont déjà pu en bénéficier, les lecteurs adorent ces entretiens d’outre temps. Il ne me reste plus qu’à espérer rencontrer vraiment Schubert, un jour …

Image : Schubert au piano © Getty / Imagno

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