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Serge Peretti & Dame Alicia Markova, à l’origine de la danse

À emporter, Danse , DVD, DVD Danse

Collection « Étoiles pour l’exemple » numéro 3. Documentaire en deux parties : Markova la légende, Serge Peretti le dernier italien. Réalisation : Dominique Delouche. Suppléments : interview du réalisateur, biographie des danseurs, filmographie du réalisateur. Versions françaises et anglaises. 1 DVD Doriane Films. Toutes zones. Durée : 170 minutes.

 

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La collection Étoiles pour l’exemple se clôt (temporairement, nous l’espérons), par un troisième DVD où est retracé le parcours de deux artistes qui nous ont désormais quittés, , décédé deux mois après le tournage du documentaire qui lui est consacré, le 20 août 1997, et Dame , décédée le 2 décembre 2004 (à 94 ans et un jour). Ces deux mythes livrent en quelque sorte leur testament d’artiste en reprenant avec les (très) jeunes danseurs de l’Opéra de Paris certains des rôles qui ont fait leur gloire. Ces deux films sont moins portés sur le retraçage de leur vie personnelle que sur le témoignage de leur existence respective sur scène, leur expérience du public, et surtout l’exégèse de la danse, la première version d’une chorégraphie qui met en avant la volonté du chorégraphe et l’atmosphère d’une époque.

Dame évoque les histoires de cette aventure que furent les Ballets Russes et, où, affectueusement, elle fut surnommée « la petite ». Son travail incessant avec les Pavlova, Fokine, Spessivtseva et autres danseurs non moins connus est le support même du don d’une dame au crépuscule de sa vie à Emilie Cozette (dans la Fée Dragée), à (dans Giselle), à Myriam Ould-Braham (dans le Chant du Rossignol), à (dans la Belle au Bois Dormant), enfin, à Laurence Laffon et dans le pas de deux des Sylphides. Nous voyons alors la manière dont on dansait la Princesse Florine quelques décennies auparavant avant que ne se déposent les strates de nouvelles chorégraphies et l’on ne peut que constater que la danse a beau être un langage international, il n’en reste pas moins qu’en à peine un siècle se sont développés des langues vernaculaires, dialectes à la même sémantique, mais décidément pas conjugués de la même manière.

Mais la tradition est conservée, on ne peut plus sûre, dans le quartier d’immigrés russes où les danseuses confirmées donnaient leurs cours aux jeunes demoiselles, dans des studios confinés au confort spartiate. Ainsi aussi, , galant homme à la flamme toujours vaillante, montre la manière la plus adéquate d’intégrer la chorégraphie au service de l’émotion aux jeunes et Julien Meyzindi (dans le Chevalier et la Demoiselle de Lifar), à Emmanuel Thibault, dans le Tambourin de Rameau, ou à dans Giselle et dans le majestueux Castor et Pollux.

La beauté de ces passages est due au fait que ces danseurs-là étaient alors dans les plus bas grades de la hiérarchie du corps de ballet (voire à l’école de danse, dans le cas de et Julien Meyzindi), et que la plupart d’entre eux ont été entre temps promus ; cela devient donc intéressant d’espérer qu’à leur tour, il y ait la possibilité de transmettre la manière de danser la plus juste parce qu’ils l’avaient apprise du noble Serge Peretti ou de la hiératique Dame Alicia Markova, qui le tenaient eux-mêmes de Lifar, de Fokine, ou d’autres étoiles éternelles ; la filiation se retrace par-delà le temps et offre toute sa légitimité à l’art si fragile, mais si fort, qu’est la danse.

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