À emporter, Documentaire, Opéra, Vidéo, Vidéo Musique

Belcanto, les ténors de l’ère du 78 tours

Plus de détails

Belcanto, les ténors de l’ère du 78 tours, Volume II, documentaire allemand en 7 parties : Lauritz Melchior, Helge Rosvaenge, Jussi Björling, John McCormack, Georges Thill, Ivan Kozlovsky, l’automate chantant. Réalisation : Jan Schmidt-Garre. Sous titrage français, anglais, espagnol, allemand. 1 DVD EuroArts TDK DV-DOCBEL2-1050218. Zone 0 système Pal. Durée 200 minutes.

 

Les Clefs ResMusica

TDK propose en DVD, une série de documentaires télévisés allemands de 1996 consacrée aux ténors de l’époque du 78 tours, ou plus exactement, aux ténors du début du XXe siècle, car on ne peut pas dire exactement que tous ont chanté au même moment. Il eût été vraiment dommage de laisser dormir de telles archives, comme en sommeillent tant d’autres en France dans les armoires de l’INA. Le DVD, deuxième de la collection, consacre un peu moins d’une demi-heure à , , , , , , plus un épisode de synthèse, et dure 200 minutes, pendant lesquelles on ne s’ennuie pas une seconde. Ce sont en effet d’immenses artistes, des voix de légende dont la vie et la carrière nous sont racontées, de façon passionnante.

Dans chaque épisode, de la famille, des amis, des connaissances, des anciens collègues apportent leurs témoignages, des musicologues analysent voix et technique. La réalisation fait feu de tout bois pour illustrer le propos, images d’archives, films amateurs, extraits cinématographiques, pour composer un panorama le plus complet possible. Le documentaire est entièrement filmé en noir et blanc, y comprisles images actuelles, excellente idée qui permet d’uniformiser le rythme de ces portraits, sans rupture d’ambiance, donnant ainsi paradoxalement une vision très moderne de ces ténors, dont certains chantaient déjà, il y a presque cent ans. Saluons d’ailleurs la performance technique, car images et sons sont merveilleusement restitués, bien loin des nasillements qu’on entend parfois sur les repiquages de 78 tours. Les sous-titres français sont parfois surprenants. Ainsi on aurait aimé que le mot anglais character ne soit pas traduit par caractère, mais par personnage, et ce « Bajazzo » qu’on mentionne fréquemment, n’est autre que Paillasse! C’est encore plus marquant quand les proches de parlent de lui en français tandis que défile en bas de l’écran une version très approximative de leurs paroles.

Il ne s’agit pas d’hagiographies à la gloire de ces illustres voix, mais d’une biographie complète et honnête. Les problèmes sont abordés sans esquive, sans appesantissement non plus, mais avec délicatesse et pudeur : l’alcoolisme de , les rapports au nazisme de , qu’on voit en compagnie de Winifred Wagner, ceux d’ au stalinisme. Bien sûr, pendant ces 28 minutes, le spectateur n’en apprend peut-être pas beaucoup plus qu’en feuilletant le dictionnaire des interprètes, et les extraits sonores, un peu chiches, font entendre moins de musique qu’un CD, mais le sérieux de la documentation et l’intérêt des entretiens et des archives séduisent. Ces petits épisodes respectent parfaitement les particularités de chacun de ces monstres sacrés, de ces légendes lyriques aux voix généreuses : style, répertoire, nationalité…on fait, malgré soi, des rapprochements, on se laisse aller à de coupables préférences…Chaque fois qu’il a été possible, le générique s’ouvre sur « Oh Paradis » de L’Africaine de Meyerbeer, ce qui renforce le petit jeu des comparaisons (Mc Cormack chante La Favorite et Kozlovsky Lohengrin).

Aucun renseignement n’est fourni sur la provenance des archives sonores, et c’est bien dommage. On a quand même le bonheur d’entendre, hélas bien trop brièvement, le Siegfried à la voix d’airain de , le Ricardo solaire de Jussi Björling, le Faust légendaire de Georges Thill, l’idiot poignant d’Ivan Kozlovky, et bien d’autres trésors. Le dernier épisode de la série, « l’automate chantant », est plus discutable. Il s’ouvre sur l’image d’un phonographe d’où sort la voix de Fernando de Lucia, abondamment cité par ailleurs comme professeur de Georges Thill. On pense que la thématique concernera le problème de la captation vocale, ce qui ne semble finalement pas être le cas. On retrouve là les musicologues invités dans les épisodes antérieurs, comme si on avait placé leurs interventions hors sujet dans les contextes précédents. Un philosophe développe des théories confuses. Un intervenant se met à chanter comme il pense que devait être le style des ténors du XIXe siècle (disons-le tout net, sa tentative ressemble furieusement à une prestation de Nella Anfuso). Bref, cet épisode, décevant, n’est qu’un vaste fourre-tout. Qu’importe, il nous reste les images et les voix de quelques-uns des plus beaux ténors du siècle.

Plus de détails

Belcanto, les ténors de l’ère du 78 tours, Volume II, documentaire allemand en 7 parties : Lauritz Melchior, Helge Rosvaenge, Jussi Björling, John McCormack, Georges Thill, Ivan Kozlovsky, l’automate chantant. Réalisation : Jan Schmidt-Garre. Sous titrage français, anglais, espagnol, allemand. 1 DVD EuroArts TDK DV-DOCBEL2-1050218. Zone 0 système Pal. Durée 200 minutes.

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.