Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Mary Dunleavy, soprano et Jennifer Larmore, mezzo-soprano.

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Lanaudière. Amphithéâtre. (Joliette) 6-VIII-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Così fan tutte, (ouverture) et duo de Fiordiligi et Dorabella « Ah guarda sorella ». Gioacchino Rossini (1792-1868) Semiramide, récitatif et air d’Arsace « Eccomi alfine in Balilonia…Ah ! quel giorno ognor rammento » et duo de Semiramide et Arsace « Serbami ognor…Alle più calde immagini » ; Il barbiere di Siviglia et Il Turco in Italia (ouvertures). Vincenzo Bellini (1801-1835) duo de Norma et Adalgisa, « Mira, o Norma », Norma ; duo de Roméo et Juliette, « Si, fuggire…Ah ! crudel !… Vieni, ah ! vieni…Cedi, ah ! cedi… » I Capuleti ed I Montecchi. Gaetano Donizetti (1797-1848) air de Lucia « Regnava nel silenzio », Lucia di Lammermoor. Jennifer Larmore (soprano), Mary Dunleavy (mezzo-soprano). Les Violons du Roy. Marco Guidarini, direction.

Festival de Lanaudière
« L’art du bel canto – deux voix en parfaite harmonie »

Jennifer Larmore (c) Alvaro YanezOn ne pouvait coiffer d’un meilleur titre ce pénultième concert de clôture, L’art du bel canto pour célébrer, samedi dernier à l’Amphithéâtre de Lanaudière, les deux voix en parfaite harmonie des Américaines et . Toutes les deux, en grande forme vocale et en toute beauté, – très glamour, avec changement de robes à l’entracte – ont couronné avec faste la vingt-huitième saison du Festival. On ne pouvait espérer mieux. Un temps splendide, une soirée lumineuse pour deux étoiles du chant. Les Violons du Roy de Québec ont donné toute leur mesure, aiguillonnés par le chef invité, , titulaire de l’Orchestre Philharmonique de Nice. Il dépense beaucoup d’énergie, constamment agité, frétillant, nerveux parfois plié en deux, battant des ailes pour soulever l’orchestre. Les musiciens, imperturbables, assuraient une sonorité que l’on reconnaît d’emblée à cet ensemble, – sauf quelques coups de trompette intempestifs dans Il Turco in Italia – augmenté considérablement pour mieux servir les pages orchestrales ou accompagner efficacement les deux artistes.

Ce n’était pas tant le jeu de la chaise musicale qui perturbait quelque peu le concert mais bien plutôt le déplacement des deux lutrins pour permettre aux deux cantatrices d’interpréter leurs duos. Décidément ! Cela devient une manie, une assurance contre les trous de mémoire mais un affront à la déesse Mnémosyne.

Mary Dunleavy(c)Elisa Haber

a une voix charmante, elle semble de prime abord plus engagée scéniquement que sa partenaire. Retenons sa belle interprétation dans l’air de Lucia, «Regnava nel silenzio», de Donizetti, habilement chanté et bien senti. Mais, la plus belle part du concert revient à , superbe voix de mezzo, avec des graves bien appuyés, mais aussi des aigus faciles, une agilité sur toute la tessiture. Sans toutefois nous faire oublier certaines interprètes du même répertoire, elle parvient à insuffler vie à ces pages – par abus ou par extension – belcantistes. D’une justesse exemplaire, d’une sonorité et d’une flamboyance dans son air d’Arsace «Eccomi alfine in Babilonia… Ah ! quel giorno ognor rammento» de Rossini, elle est d’une intensité contenue, toute intérieure dans son Roméo de Bellini «Si, fuggire…Ah ! crudel !…». Les duos de «Ah guarda sorella» du Così de Mozart au Semiramide de Rossini, de «Mira, o Norma» de Bellini, sans oublier le duo de Roméo et Juliette de Bellini déjà cité, sont admirablement interprétés. En rappel, le duetto de Lakmé et Mallika «Viens, Mallika…Dôme épais le jasmin» de Lakmé de Delibes, pur sucre raffiné, servi dans une tasse de thé finement ciselée, mais avec un nuage anglais comme pour nous dire au revoir.

Cette vingt-huitième saison est à retenir. Une fois de plus, le Festival de Lanaudière peut direfièrement, mission accomplie. Le Père Lindsay, comme un vieux sage, – faut-il rappeler qu’il fut le maître d’œuvre du Festival ? – assistait, fondu dans la foule, à la vingt-cinquième soirée, assurément l’un des grands moments musicaux de la série estivale. Pour clore ce dernier compte-rendu, laissons la parole à ce tailleur de pierre, à l’architecte qui œuvra toute sa vie, à l’édification d’une cathédrale sonore. «L’Amphithéâtre de Lanaudière est la concrétisation d’un rêve de rendre accessible la «belle musique» au grand public, dans le recueillement paisible à la joie la plus débordante.» Plus que jamais, «les plaisirs se partagent à Lanaudière.»

Crédits photographiques : © Pour Jennifer Larmore : Alvaro Yanez. Pour Mary Dunleavy : Elisa Haber

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Lanaudière. Amphithéâtre. (Joliette) 6-VIII-2005. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Così fan tutte, (ouverture) et duo de Fiordiligi et Dorabella « Ah guarda sorella ». Gioacchino Rossini (1792-1868) Semiramide, récitatif et air d’Arsace « Eccomi alfine in Balilonia…Ah ! quel giorno ognor rammento » et duo de Semiramide et Arsace « Serbami ognor…Alle più calde immagini » ; Il barbiere di Siviglia et Il Turco in Italia (ouvertures). Vincenzo Bellini (1801-1835) duo de Norma et Adalgisa, « Mira, o Norma », Norma ; duo de Roméo et Juliette, « Si, fuggire…Ah ! crudel !… Vieni, ah ! vieni…Cedi, ah ! cedi… » I Capuleti ed I Montecchi. Gaetano Donizetti (1797-1848) air de Lucia « Regnava nel silenzio », Lucia di Lammermoor. Jennifer Larmore (soprano), Mary Dunleavy (mezzo-soprano). Les Violons du Roy. Marco Guidarini, direction.

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