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Le Parc d’Angelin Preljocaj par le Ballet de Paris

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Angelin Preljocaj (né en 1957) : Le Parc. Chorégraphie  : Angelin Preljocaj. Décors : Thierry Leproust ; Costumes : Hervé Pierre ; Musique : Wolfgang Amadeus Mozart ; Création musicale : Goran Vejvoda ; Lumières : Jacques Chatelet. Avec Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, solistes et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Stéphane Denève. Réalisation : Denis Caïozzi. Enregistré à l’Opéra Bastille en avril 1999. 1 DVD Bel Air Classiques BAC009. Menu et livret en français, anglais, allemand, espagnol. Bonus : Interview d’Angelin Preljocaj (10 minutes) réalisé en juin 2005 – sous titres en anglais. Zones : 2, 3, 4, 5. Durée : 103 minutes.

 

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A l’occasion des représentations parisiennes du Parc, ballet en trois actes d’, Bel-Air sort en DVD la captation d’une représentation donnée en avril 1999, à l’Opéra Bastille. Le raffinement de l’œuvre, obtenu aussi bien par son langage chorégraphique original que par l’épurement de la mise en situation des danseurs, semble intemporel, et bien que l’action semble se situer au XVIIIe siècle, l’histoire relatée est assurément banale, néanmoins habituelle. Le développement d’une histoire amoureuse a été maintes fois le synopsis d’œuvres artistiques, mais son traitement est à chaque fois différent.

On peut découper chaque acte en quatre parties ; la création sonore de Goran Vejvoda est le support des jardiniers, entremetteurs de l’ombre et coordinateurs silencieux des désirs secrets des protagonistes. Puis la musique de Mozart est ensuite le prétexte à des variations de chacun des deux groupes, l’un constitué de femmes, et l’autre d’hommes ; ensuite, le mélange des deux laisse éclater la volonté de séduire (respectivement par acte : jeux d’approche, conquête, et pâmoison). Puis enfin, chaque acte se clôt par un pas de deux, sorte d’échange intime entre deux protagonistes, exemple de chacun des couples formés juste auparavant ; la rencontre précède la résistance qui aboutit à l’abandon extatique des deux partenaires dans un baiser interminable, tourbillonnant dans un abîme d’ivresse. Les trois actes retracent une histoire d’amour commune, où l’onirisme fantasmatique tient une place prépondérante, incarné par les jardiniers, avec le ciel comme décors et la présence d’une « obscure clarté » pour représenter une nuit secrète. Seule la beauté des costumes nous rappelle que cette histoire est circonscrite dans le temps, mais une fois délestée de ces apparats que la société a imposés, la personnalité de l’individu prend le dessus et rappelle son humanité première, Adam et Eve que nous sommes tous ; cela est d’autant plus remarquable que l’homme et la femme y sont incarnés de manière égalitaire, et l’on se rappelle du mythe des Androgynes, dont chaque moitié chercherait son autre moitié pour former à nouveau l’unité complète.

Les interprètes, bien qu’ayant une individualité propre, sont en fusion permanente. Corroborant la complémentarité des sexes, , femme mature à la quiétude anxieuse, et , à la bestialité sensible, s’adonnent à la fatalité de la vie, l’inéluctabilité de la mort, dont le seul apaisement est l’amour dans lequel on se perd. La noblesse de cette femme et le hiératisme de cet homme s’exacerbent lors de leur rencontre, et ce n’est qu’ensemble que désormais ils peuvent continuer à vivre. Après avoir connu l’extase de la jouissance amoureuse, et malgré l’appréhension, la peur résistante, ce n’est que dans le regard et dans la nécessité de s’y trouver que naît l’assurance tranquille de la symbiose.

Gageons que nous retrouverons l’excellence du corps de ballet (dont il aurait été agréable de savoir les noms de ceux qui le constituent et que l’on peut voir dans ce DVD, qui est par ailleurs agrémenté d’un livret très appréciable), et que les distributions proposées par la Directrice de la Danse pour ce ballet qui ouvrira la saison 2005-2006 de la danse à l’Opéra National de Paris seront à la hauteur de ce qu’il nous est permis d’éprouver à la vue de cette captation, admirable à tous points de vue, et prouvant, s’il s’en trouve encore qui penseraient le contraire, que cette troupe est d’une vivacité et d’une fraîcheur éblouissante.

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Angelin Preljocaj (né en 1957) : Le Parc. Chorégraphie  : Angelin Preljocaj. Décors : Thierry Leproust ; Costumes : Hervé Pierre ; Musique : Wolfgang Amadeus Mozart ; Création musicale : Goran Vejvoda ; Lumières : Jacques Chatelet. Avec Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, solistes et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, Direction musicale : Stéphane Denève. Réalisation : Denis Caïozzi. Enregistré à l’Opéra Bastille en avril 1999. 1 DVD Bel Air Classiques BAC009. Menu et livret en français, anglais, allemand, espagnol. Bonus : Interview d’Angelin Preljocaj (10 minutes) réalisé en juin 2005 – sous titres en anglais. Zones : 2, 3, 4, 5. Durée : 103 minutes.

 
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