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Musique Française au Féminin

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Musique Française au Féminin. Claude Arrieu (1903-1990) : Quintette en ut (1953) ; Florentine Mulsant (née en 1962) : Quatuor In Jubilo (2002) ; Mel Bonis (1858-1937) : Suite dans le style ancien ; Suzanne Giraud (née en 1958) : Episode en forme d’oubli (1989) ; Elsa Barraine (1910-1999) : Ouvrage de Dame (1937). Ensemble Latitudes : Stéphanie Carne, clarinette ; Marianne Legendre : hautbois ; Isabelle Duval : flûte ; Annouck Eudeline : cor ; Valérie Granier : basson ; Jérôme Simon : violon ; Matthieu Lejeune : violoncelle ; Axel Salles : contrebasse ; Anne Thomas : piano ; Dominique Lacomblez : percussions. 1 CD Triton. TRI331136. 58’13’’. 2005.

 

Les Clefs ResMusica

Le label Triton consacre une grande partie de sa production à la mise en valeur de la musique classique contemporaine. On se souvient des récents disques chroniqués dans nos colonnes, tels le Requiem d’Olivier Greif (Clef ResMusica) ou les compositions du pianiste Alexandre Gasparov interprétées par lui-même en compagnie de et de Xavier Philips. Toujours attaché à l’événement et à la cohésion de sa programmation, le label nous propose ici d’entendre les œuvres issues de l’imagination fertile de cinq femmes « compositeurs » aux personnalités aussi différentes qu’investies par l’envie de donner le meilleur de leur créativité. Qui pouvait mieux les représenter que cet Ensemble Latitudes composé en majorité de femmes. Stéphanie Carne, membre fondateur et clarinettiste, nous invite à la découverte d’un univers de la Musique française au féminin.

a été l’élève de . Son Quintette en ut composé en 1953 s’inscrit dans une époque où la Radiodiffusion attire de nombreux artistes. Son catalogue comprend aussi de nombreuses compositions pour le cinéma. C’est dans ce contexte qu’il faut aimer sa musique. L’Adagio de son Quintette en ut est un petit bijou qui nous rappelle qu’à un moment le cinéma a été fait de lumières, tout de blanc et de noir vêtu pour apprécier les instants les plus extraordinaires d’un jeu d’acteur que la musique savait à l’époque auréoler des plus belles et grandes intentions.

Le Quatuor in Jubilo (2002) de est forcément de veine plus moderne. La jeune compositrice utilise ici la même formation qu’ dans son Quatuor pour la Fin du Temps. Le premier mouvement est composé de sept variations enchaînées et est construit autour des résonances du piano. Violoncelle et clarinette mettent tour à tour en valeur les sonorités du piano. Si les premiers pas sont chaotiques, les instruments trouvent petit à petit une voix commune pour s’exprimer totalement. Le violoncelle et la clarinette aident le piano à retrouver confiance et instaurent enfin l’équilibre qu’il fallait atteindre. Le violon n’est pas en reste et finit par devenir le garant de cette plénitude. Des pizzicati de violoncelle débutent le deuxième mouvement, rapidement accompagnés par le piano, c’est tout l’ensemble des instruments qui intervient tour à tour pour entamer une danse sonore où le rythme est Roi. Le troisième mouvement est celui du recueillement. Si nous avons entendu précédemment différents aspects du dialogue entre instruments, le piano reprend ici les rênes et invite l’ensemble à une autre discussion. Tous se mettent d’accord sur l’objectif à atteindre même si cela passe par la douleur. Clarté, lumière, … Tout semble enfin réuni pour offrir le meilleur.

Si partage les bancs du Conservatoire avec et Gabriel Perné, sa Suite dans le style ancien composée en 1928 porte bien son nom. Ecrite en quatre mouvements, cette Suite n’a manifestement qu’un intérêt très décoratif qui aura du mal à vous surprendre.

On ne présente plus . Compositrice au plus proche des avancées de la musique contemporaine, son Episode en forme d’oubli marie les sonorités à la perfection. Clarinette, marimba et contrebasse impulsent un rythme et une couleur presque naturelle.

a aussi été l’élève de , son Ouvrage de Dame (1937), Thème et variations pour quintette à vent, est un exercice de style impressionnant. Cette femme (Prix de Rome à 19 ans) inscrit, à seulement 25 ans, un opéra-comique, une symphonie, un poème symphonique et une fantaisie concertante pour piano et orchestre à son catalogue. Chaque variation est présentée par un prénom de femme comme pour faire définitivement admettre que le combat sera encore très long …

Que dire des artistes si ce n’est qu’ils nous restituent avec une grande précision la richesse de ce répertoire. Il n’était pas aisé de réunir sur un même disque autant d’œuvres d’univers si éloignés. Ce qui prouve que le répertoire féminin est riche et saura à l’avenir définitivement nous surprendre.

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