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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 04-X-2005. Nicolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Capriccio espagnol op. 34. Aleksandr Borodin (1833-1887) : Symphonie n°2 en si mineur. Modest Moussorgsky (1839-1881) : Tableaux d’une exposition (orchestration de Maurice Ravel). Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Valery Gergiev.

Gergiev ouvre le festival Europalia 2005.

L’automne belge se pare régulièrement des couleurs d’Europalia. Europalia, mot valise composéd’» Europe » etd’» Opalia » qui désigne la fête romaine de l’opulence des moissons, est une manifestation pluridisciplinaire consacrée à un pays du vieux continent ou d’autres territoires. L’édition 2005 est dédiée à la Russie, État pour lequel la Belgique a déroulé le tapis rouge médiatique et diplomatique (Vladimir Poutine est venu inaugurer le festival). En échange, l’ancien Empire des Tsars présentera durant l’automne et l’hiver ses trésors culturels. Pour un pays de taille modeste sur la scène internationale, une institution comme Europalia est l’occasion de tisser des liens et des contacts en offrant une vitrine de prestige et de marque à son invité ; cependant la signature, en parallèle de la manifestation, d’accords de coopération entre la Belgique et la Russie ne doit pas occulter l’absencede remarques et de commentaires des autorités et de l’organisation envers la situation en Tchétchénie et les violations des droits de l’homme du régime du président Poutine.

Evidement un festival de prestige sur le thème de la Russie ne peut se passer du plus célèbre ambassadeur musical : le théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg sous la direction de son charismatique et hyperactif chef . Adulé aux quatre coins de la planète, le directeur musical est d’emblée accueilli par de chaleureuses acclamations. Au centre d’une mini-résidence, la troupe de l’ancien Kirov offre un concert symphonique de tubes du répertoire russe. Débuter avec le Capriccio espagnol de Rimsky-Korsakov est une gageure tant cette pièce enlevée et virtuose semble mieux destinée à une clôture de concert. D’emblée, Gergiev et ses troupes trouvent le ton juste et évitent les aspects trop clinquants alors que les cuivres et les percussions se présentent sous leurs meilleurs jours. La symphonie n°2 de Borodine est une création géniale mais donner une force et une unité à cette musique barbare et primitive n’est pas une mince affaire. Outre un orchestre de virtuoses, il faut le chef capable de rendre toutes les facettes de cette pièce. Sans doute en raison d’un nombre de répétition insuffisant et d’un Gergiev plongé dans sa partition nos musiciens se perdent dans une lecture fonctionnelle qui flirte beaucoup trop avec la musique de bastringue des rives de la Volga. L’orchestre est même pauvre en couleurs et certains traits sont ratés comme le solo de cor du mouvement lent. est l’auteur du meilleur enregistrement récent des Tableaux d’une exposition de Moussorgsky (Philips) dans l’orchestration de Maurice Ravel. Le public n’a pas été déçu car à la tête d’un orchestre aux cuivres déchaînés et vaillants, le maestro a livré une interprétation d’anthologie. Dans des tempi plutôt lents, l’artiste habite chaque mélodie, insuffle la tension et fait jaillir les solos d’instruments jusqu’à l’explosion générale de la Grande porte de Kiev finale. Devant l’enthousiasme débridé du public, la star et ses troupes se lancent dans deux bis échevelés : Baba Yaga de Liadov et la danse de la Fille des neiges de Rimsky-Korsakov.

Plus d’information sur les expositions et les concerts d’Europalia sur www.europalia.be

Crédit photographique © : Micke Grönberg

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Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 04-X-2005. Nicolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Capriccio espagnol op. 34. Aleksandr Borodin (1833-1887) : Symphonie n°2 en si mineur. Modest Moussorgsky (1839-1881) : Tableaux d’une exposition (orchestration de Maurice Ravel). Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Valery Gergiev.

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