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Werner Güra : le Chant du cygne mis à l’honneur à La Monnaie

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Bruxelles. Théâtre royal de La Monnaie. 5-X-2005. Franz Schubert (1797-1828) : Der Sänger D149 ; Schäfers Klagelied D121 ; An Mignon D161b ; Sehnsucht D123 ; Der Musensohn D764 ; Schwanengesang D957. Werner Güra, ténor ; Christoph Berner, piano.

Ce soir, nous propose une soirée composée de quelques pages très connues de Schubert. La première partie est dédiée au poète allemand Gœthe, pour qui Schubert avait une admiration sans bornes mais unilatérale : Gœthe a toujours nié les différents courriers de Schubert.

Après les cinq lieder de Gœthe, nous retrouvons le Chant du cygne, cycle de quatorze lieder de Schubert écrits sur des poèmes de différents auteurs et édités en recueil après la mort du compositeur. Rappelons que l’expression « Chant du cygne », qui nous vient de la plus haute antiquité grecque, est toujours utilisée pour désigner un discours ou récital d’adieu. Contrairement à ce qu’on peut penser, le répertoire du lied requiert un chanteur musicalement en forme et d’une grande fraîcheur vocale. La puissance sonore n’est pas le maître-mot d’une interprétation idéale ; mais la grande difficulté du genre réside dans les transitions incessantes entre les différents personnages et caractères que le chanteur doit incarner lors de chaque lied.

La voix de manque un peu de puissance, les aigus sont fébriles et la gamme de nuances est assez restreinte. Sa voix granuleuse convient bien pour les lieder vocalement plus légers, tels que le Liebesbotschaft ou Abschied, qui, chantés du bout des lèvres, sont un vrai régal. Par contre, les lieder comme Aufenthalt ou Der Atlas manquent cruellement de rondeur et de puissance : les graves sont maigres et illustrent difficilement la profondeur de ceux-ci. Certaines notes finales, toujours principalement dans les graves, ne sont pas toujours bien maîtrisées, sans doute par un léger manque de souffle. La présence scénique de Werner Güra est simple mais ce style de musique n’en demande pas plus. On regrette cependant qu’il soit si souvent le nez dans la partition, une exécution de mémoire aurait sans doute pu ajouter une autre dimension à ce concert. Le pianiste se cantonne malheureusement trop à son rôle d’accompagnateur, il n’est dès lors pas toujours du plus grand soutien au chanteur.

Le ténor nous offre, toutefois, une version intériorisée et intéressante, en explorant avec intelligence les différentes facettes du cycle. Tout comme dans sa prestation dans la Flûte Enchantée, la qualité de sa voix s’améliore au fil de la soirée : il prend plus de risques et termine la soirée avec deux bis chaleureux du public. Ces lieder, d’une très grande simplicité et d’une très grande beauté, démontrent une chose incontestable : Schubert est ce qu’il est … le maître du lied.

Crédit photographique : © Aria Artists

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Bruxelles. Théâtre royal de La Monnaie. 5-X-2005. Franz Schubert (1797-1828) : Der Sänger D149 ; Schäfers Klagelied D121 ; An Mignon D161b ; Sehnsucht D123 ; Der Musensohn D764 ; Schwanengesang D957. Werner Güra, ténor ; Christoph Berner, piano.

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