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Nellie Melba, les chemins tortueux de l’imagination

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Nellie Melba (1861-1931) The complete Victor Recordings, vol. 3. Edouard Lalo (1823-1892) : « Vainement ma bien aimée » (Le roi d’Ys) ; Giacomo Puccini (1858-1924) : « Vissi d’arte » (Tosca) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) : chanson du saule, Ave Maria (Otello) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « L’amero, saro costante » (Il re pastore) : Charles Gounod (1818-1893) : Ave Maria ; Claude Debussy (1862-1918) : Mandoline, Romance ; Gustave Charpentier (1860-1956) : « depuis le jour » (Louise) ; Antonin Dvorak (1841-1904) Songs my mother taught me. Chansons populaires et œuvres variées. Nellie Melba, soprano ; Gabriel Lapierre, Franck St Leger, piano ; orchestre dirigé par Walter B. Rogers. 1CD Naxos 8. 110336. Enregistré entre 1910 et 1916. ADD. Notice, anodine, en anglais. Durée 75’46.

 

On prend l’objet entre les doigts, c’est une pochette de CD rouge, avec le nom de en lettres blanches. On pense qu’il s’agit d’un enregistrement Malibran, firme spécialisée dans les résurrections des interprétations passées, pas du tout, il s’agit bel et bien d’un produit Naxos.

Il s’agit même du troisième tome d’une série proposant tous les enregistrements connus que réalisa pour la firme Victor, le présent volume concernant les années 1910-1916.

Une intégrale exhaustive telle que celle-ci rassemble inévitablement dans sa dernière partie les prestations les plus hétéroclites : ainsi entendons-nous deux fois l’air de Louise « depuis le jour », deux fois également « quand ma mère m’apprenait à chanter », extrait des Mélodies Tziganes de Dvorak, des ballades populaires américaines et écossaises, et puis pour faire bonne mesure, « Vissi d’arte » de Tosca, l’air du saule et l’ave Maria d’Otello, « l’amero saro costante » d’Il re pastore, des mélodies de Debussy, et, beaucoup plus saugrenu, l’aubade de Mylio du Roi d’Ys, originellement pour ténor, et un morceau pour flûte que Nellie Melba accompagne…au piano!

Qu’entend-on de la voix de l’une des dernières divas romantiques? Avouons que malgré la soigneuse restauration dont les bandes originales ont fait l’objet, on a du mal à imaginer le timbre de celle qui fut une des partenaires privilégiées de Caruso, travailla le rôle de Marguerite avec Gounod lui-même, et contribua à l’invention de la pêche glacée. Tout au plus, de temps à autre, un trille battu à la perfection, un pianissimo d’une incroyable pureté, un élan ensorcelant donnent une idée de ce qu’ont pu ressentir ses contemporains. Ce disque s’adresse en fait à trois catégories de mélomanes : les fanatiques d’histoire de l’interprétation, ou encore les arrière-petits-fils de ceux qui jurèrent que Nellie Melba n’était rien comparée à Adelina Patti, petits-fils des contempteurs de la Melba au regard de Rosa Ponselle, eux-même jurant que Renée Fleming n’est rien quand on a entendu Elisabeth Schwarzkopf et dont les fils dédaigneront la diva du moment, soutenant que Fleming était bien supérieure!

Enfin, dernière catégorie beaucoup plus sympathique, celle des rêveurs célestes qu’un brin de timbre argenté, une irisation devinée plus qu’entendue au milieu de grésillements et crachotements, un soupçon d’intonation paradisiaque entraînent sur les chemins tortueux de l’imagination. On se souvient de l’interview télévisée de ce rédacteur en chef d’une revue-papier consacrée à l’opéra dont la maison était constellée de gravure de cantatrices du XIXe siècle, et qui affirmait passer des heures devant chacune d’elles, parvenant à reconstituer une voix au détour de la courbure d’un nez, du dessin d’une joue ou de la forme d’un sourcil.

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Nellie Melba (1861-1931) The complete Victor Recordings, vol. 3. Edouard Lalo (1823-1892) : « Vainement ma bien aimée » (Le roi d’Ys) ; Giacomo Puccini (1858-1924) : « Vissi d’arte » (Tosca) ; Giuseppe Verdi (1813-1901) : chanson du saule, Ave Maria (Otello) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « L’amero, saro costante » (Il re pastore) : Charles Gounod (1818-1893) : Ave Maria ; Claude Debussy (1862-1918) : Mandoline, Romance ; Gustave Charpentier (1860-1956) : « depuis le jour » (Louise) ; Antonin Dvorak (1841-1904) Songs my mother taught me. Chansons populaires et œuvres variées. Nellie Melba, soprano ; Gabriel Lapierre, Franck St Leger, piano ; orchestre dirigé par Walter B. Rogers. 1CD Naxos 8. 110336. Enregistré entre 1910 et 1916. ADD. Notice, anodine, en anglais. Durée 75’46.

 
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