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Liège, Salle Philharmonique. 27-X-2005. Franz Schubert (1790-1828) : Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D. 759 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°6 en la mineur « Tragique ». Orchestre Philharmonique de Liège, direction : John Nelson.

Débuts de à Liège

A peine revenu en bord de Meuse après une tournée éprouvante mais couronnée de succès qui l’a mené à Rotterdam, Zagreb, Genève, Locarno et Vienne, l’Orchestre Philharmonique de Liège s’est lancé avec la rude symphonie « Tragique » dans le premier volet d’un ambitieux triptyque mahlérien qui sera complété par la Symphonie n°3 dirigée par Louis Langrée en décembre, et par la n°4 en mai, confiée à Armin Jordan.

Pour cette première étape, c’est le directeur musical de l’Ensemble Orchestral de Paris, , qui est aux manettes, un chef qu’on n’associe guère a priori à l’univers mahlérien, mais plutôt à Berlioz, Haendel ou Bach, qu’il a souvent défendus depuis sa nomination à Paris. Le chef américain livre une interprétation assez « brute de fonderie » de cette Symphonie n°6, jouant sur les effets de masse, sur une monumentalité rugueuse et sur des tutti superbement maîtrisés. Dans ses meilleurs moments, les premier et quatrième mouvements, cette direction rappelle celle de Klaus Tennstedt à la tête du London Philharmonic Orchestra dans les années quatre-vingt, dont on retrouve l’expressivité musclée et abrupte et la virilité un peu démonstrative, mais aussi une certaine indifférence à la propreté de la finition instrumentale, le chef laissant passer de petites approximations, des fautes d’intonation et des micro-décalages dont l’orchestre n’est pas coutumier. Le problème de cette interprétation musclée est que les deux mouvements centraux résistent beaucoup moins bien à ce traitement, et que John Nelson n’a pas réussi à alléger le discours, à adoucir le geste. Ainsi, l’Andante manque de mystère et de tendresse, et chante d’une manière bien timide, alors que le Scherzo est confus et haché, sans subtilité, asphyxié par des phrasés brutaux et un rythme trop précipité. Le mouvement final est le mieux réussi, vaillant et courageux, il est soulevé par une force proprement tellurique et animé d’une énergie rageuse, il symbolise bien ce refus de Mahler de déposer les armes face au destin, jusqu’au cataclysmique coup de marteau, qui renvoie le tout dans de noires ténèbres.

L’Orchestre Philharmonique de Liège réalise beaucoup de belles choses au niveau de ses différents pupitres : bois tranchants, à la sonorité très individualisée, percussions et timbales en forme olympique, basses grondantes, violons au son ample et sombre, trompettes mordantes. Seuls les cors, à l’intonation parfois instable sont moins à la fête, et l’ensemble est moins beau que les parties : John Nelson, pas toujours très précis, ayant du mal à faire le lien et à maintenir la fluidité entre les pupitres.

Crédit photographique : © DR

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Liège, Salle Philharmonique. 27-X-2005. Franz Schubert (1790-1828) : Symphonie n°8 en si mineur « Inachevée » D. 759 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°6 en la mineur « Tragique ». Orchestre Philharmonique de Liège, direction : John Nelson.

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