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Musique française pour clarinette et piano : La vie rêvée des anches…

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Charles-Marie Widor (1844-1937) : Introduction et Rondo pour clarinette et piano op. 72 ; Ernest Chausson : Paysage op. 38 (piano seul), Andante et Allegro ; Dédicace (extrait des Quelques danses op. 26 pour piano) ; Paul Ladmirault (1877-1944) : Sonate ; Théodore Gouvy (1819-1898) : Sonate pour clarinette et piano op. 67. Béatrice Berne, clarinette ; Laurent Martin, piano. CD Lidi 0103157-05 enregistré en février 2005 à Clermont-Ferrand ; notice bilingue (français / anglais) ; Durée 59’17.

 

Après l’accueil favorable rencontré par un précédent enregistrement de ces mêmes interprètes (2003), et déjà chez Ligia Digital : la compilation American music (Copland, Cage, Carter, Glass, Bernstein…), il était prévisible et légitime qu’on les retrouvât à nouveau réunis pour une nouvelle aventure discographique.

Avant toute autre considération, saluons l’originalité des pièces retenues pour cet album. Un récital de « musique française pour clarinette et piano » qui nous donne à entendre autre chose que les incontournables (certes, superbes) sonate de Poulenc ou rhapsodie de Debussy, ce n’est pas si fréquent.

Mais si la page de Chausson Andante et Allegro ne surprend pas dans cette sélection quand on connaît l’éclectisme du personnage, plus étonnante nous paraît la présence ici d’un (il est vrai, relativement fécond mais essentiellement connu pour ses grandes pièces de musique sacrée) tout comme celle de Paul Ladmirault, deux musiciens confidentiellement admis dans les programmes de concerts et parcimonieusement enregistrés. Quant à l’organiste , on ne l’attend pas non plus d’évidence dans ce domaine.

C’est justement la pièce de Widor (et plus particulièrement le rondo, démonstratif et brillant, un peu à la Weber) qui met le plus en lumière les remarquables qualités de la clarinettiste Béatrice Berne : grande maîtrise technique et jeu constamment nuancé, toujours expressif. On soulignera son legato parfait, ses chromatismes délicieusement « huilés », son staccato incisif et, dans les trois registres de l’instrument, une superbe sonorité. Cette virtuosité se vérifie encore dans l’Allegro de Chausson qui abonde en cascades d’arpèges magistralement articulés. Nul doute qu’une anche au service d’un tel « bec » se prenne à rêver…de consécration.

Changement radical de climat avec la sonate de Ladmirault (on songe parfois à Brahms dans l’Allegro initial), qui se teinte d’un voile de mystère, à l’image des paysages de landes ou de forêts chers au compositeur (cf. Brocéliande au matin ou encore Suite bretonne) et ce faisant, il est temps de parler du pianiste , loin d’être en reste et qui, en chambriste consommé donne à la clarinette une réplique de haute tenue…. Déjà les deux courtes pièces de Chausson encadrant l’Andante et Allegro lui donnent l’occasion de s’exprimer en soliste et l’on ne peut que louer son toucher subtil, tout de pudique retenue. D’autres moments, tant chez Ladmirault que dans la sonate de Gouvy (la pièce la plus développée) permettent d’apprécier l’excellence de ce tandem d’autant que l’équilibre entre les deux instruments, favorisé par une fort belle prise de son, jamais n’est en défaut. Par ailleurs, la notice, bien documentée, fournit une analyse des œuvres à laquelle on pourra éventuellement se reporter. Seul léger bémol à cette réalisation : la photo présentant les interprètes, d’un kitsch achevé (mais peut-être a-t-on justement voulu les placer dans un cadre « tournant du siècle »…?)

Au bilan, nous avons là un disque plaisant, à plus d’un titre, qui devrait intéresser prioritairement les clarinettistes mais aussi tout mélomane un tant soit peu sensible à l’instrument ou simplement curieux de musiques à découvrir…

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Charles-Marie Widor (1844-1937) : Introduction et Rondo pour clarinette et piano op. 72 ; Ernest Chausson : Paysage op. 38 (piano seul), Andante et Allegro ; Dédicace (extrait des Quelques danses op. 26 pour piano) ; Paul Ladmirault (1877-1944) : Sonate ; Théodore Gouvy (1819-1898) : Sonate pour clarinette et piano op. 67. Béatrice Berne, clarinette ; Laurent Martin, piano. CD Lidi 0103157-05 enregistré en février 2005 à Clermont-Ferrand ; notice bilingue (français / anglais) ; Durée 59’17.

 
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