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Sibelius. Jean-Luc Caron. Actes Sud/Classica. 128 pages. Prix public France : 15€. ISBN : 2-7427-5289-7 / AS1323. Dépôt légal 2005.

 

Le 29 octobre 1907 à Helsinki, le bouillonnant rencontra (1865-1957), un homme qui pour être introverti et timide n’en avait pas moins donné à son pays, la Finlande, une identité nationale inouïe – au sens propre – avec des œuvres épiques et intensément populaires comme la Symphonie n°2 ou Finlandia. Lors de leur conversation, Sibelius défendit la symphonie comme « la rigueur du style et la logique profonde qui relient entre eux, d’un fil secret, tous les motifs ». Mahler, l’homme de la Symphonie « des Mille » aux gigantesques effectifs, protesta : « Non, non, il faut qu’une symphonie soit comme le monde, elle doit tout inclure ». Mahler est alors en partance pour New York, il a renoncé à son cher Opéra de Vienne dont il était directeur dix ans durant, et il vient de perdre sa fille aînée âgée de cinq ans. Coïncidence, peut-être, les symphonies que les deux hommes conçurent immédiatement après cette rencontre représentent un changement de style drastique, chacun atteignant un dépouillement et une introspection sans précédents, Sibelius dans son ascétique Symphonie n°4, Mahler dans son déchirant Chant de la Terre.

La biographie que propose Jean-Luc Caron, spécialiste de la musique scandinave, est à mettre entre toutes les mains. Du fait, sans doute, du format court imposé par la collection Actes Sud/Classica, on ne trouvera pas d’analyse psychologique ni de développements sur la vie familiale du compositeur ; Aussi les mélomanes cherchant une analyse approfondie se reporteront à la biographie de Marc Vignal, qui fait référence. Pour le reste, l’essentiel y est : le contexte historique, les principales étapes de sa vie et de courtes mais très pertinentes descriptions des œuvres. Ces notices permettent au mélomane de cerner les compositions importantes de Sibelius dans un langage accessible et juste. Une aide qui n’est pas inutile car la production du compositeur est très contrastée, entre le « tube » de la Valse Triste, la mélancolie prégnante du Cygne de Tuonela, l’extase de la Symphonie n°5, le mystère enchanteur de la Symphonie n°7 ou la glaciale Tapiola, l’antre de la divinité de la forêt nordique, l’ultime chef-d’œuvre (1926).

La discographie proposée par la rédaction de Classica-Répertoire est sûre et destinée à satisfaire le grand public. Du coup, les amateurs de sensations fortes rateront des témoignages exceptionnels laissés par la Philharmonie de Berlin, tels que le poème symphonique En Saga (Une Légende) dirigé par Furtwängler en 1943 (DG, Société Wilhelm Furtwängler) à vous dresser les cheveux sur la tête, et les enregistrements laissés par Hans Rosbaud dans les années 1955-58 (DG), où se conjuguent magnifiquement la probité d’un chef d’orchestre moderne et ce son de la Philharmonie au grain dense, inimitable, façonné durant deux décennies par Furtwängler (disparu en 1954) que les ingénieurs de la DG captaient ici pour la dernière fois.

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Sibelius. Jean-Luc Caron. Actes Sud/Classica. 128 pages. Prix public France : 15€. ISBN : 2-7427-5289-7 / AS1323. Dépôt légal 2005.

 
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