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Dernières symphonies de Schubert

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Théâtre des Champs-Élysées, 28-XI-2005, Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 en si mineur D759 « Inachevée » ; Symphonie n°9 en ut majeur D944 « La Grande » ; Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Myung Whun Chung

Le Philharmonique de Radio France a eu la belle idée de consacrer un cycle passionnant aux dernières symphonies de trois grands maîtres du XIXe siècle avec les Huitième et Neuvième Symphonies de Schubert, la Quatrième de Brahms et le Neuvième de Beethoven, quatre chefs d’œuvres qui témoignent du génie de leurs auteurs.

La Huitième dite Inachevée fut composée en 1822 et créée le 17 décembre à Vienne sous la direction de Johann Herbeck. L’histoire est célèbre. Quand il est reçu membre de la Société musicale de Styrie, Schubert promet d’envoyer à Joseph Hüttenbrenner, qui lui a remis son diplôme, une symphonie. Ce qu’il fait mais avec deux mouvements seulement datés du 30 octobre 1822. La partition est conservée dans les archives de la Société jusqu’à ce que Johann Herbeck en ait connaissance en 1860 et assure la création cinq ans plus tard.

D’emblée, le grand chef coréen impose un rythme lyrique, dense, puissant et porteur d’une émotion intense après les magnifiques mesures d’introductions qu’entonnent un hautbois et une clarinette d’une douceur et d’une finesse bouleversante. Les cordes sont graves et recueillies. L’orchestre offre un mouvement Allegro moderato élégant et retenu, avec une discrète pointe d’ombre et de lumière. Chung évite emphase et lourdeur et libère avec beaucoup d’équilibre des sonorités de toute beauté. Les vents sont magnifiques d’élégance et de mœlleux.

Avec l’Andante con moto, les contrastes sont d’une grande clarté. Le chef s’emploie avec amplitude à libérer le climat romantique qui sous-tend ce mouvement. La richesse des couleurs et des sonorités est d’une rayonnante opulence. Chung fait des musiciens des solistes à part entière. La direction est d’une finesse poétique et émouvante, sans sombrer dans le pathos de l’inachèvement de cette œuvre magistrale. Son sens du détail fait merveille.

Suit la Symphonie n°9 écrite entre 1825 et 1826 et créée le 21 mars 1839 au Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Félix Mendelssohn. Sous la baguette de , l’orchestre affirme une énergie triomphale et une vitalité qui emporte le spectateur. Majestueuse en ouverture de l’Allegretto avec le mœlleux des cors, le velouté du hautbois, la subtilité de tous les vents. Le Scherzo est emmené avec une dynamique de contrastes qui éclate dans les magnifiques couleurs et sonorités des cordes et des vents. Les rythmes et l’ampleur que l’orchestre donne à l’œuvre irradient. La pulsation intense et profonde d’humanité imprimée par Chung nous emporte jusqu’à l’embrasement fantastique d’un des plus beaux Finale de l’histoire de la musique.

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Théâtre des Champs-Élysées, 28-XI-2005, Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 en si mineur D759 « Inachevée » ; Symphonie n°9 en ut majeur D944 « La Grande » ; Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Myung Whun Chung

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