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Ensemble Amici, Confrontation franco-allemande

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Vincent d’Indy (1851-1931) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano, op. 29. Max Bruch (1838-1920) : Huit Pièces, pour clarinette, violoncelle et piano, op. 83. Ensemble Amici (Joaquim Valdepenas, clarinette ; David Hetherington, violoncelle ; Patricia Parr, piano). 1 CD Naxos. Réf. : 8557347. Enregistré à Humbercrest United Church, Toronto (Canada) en mai 2003 et février 2004. DDD. Notice : anglais, allemand, français. Durée : 72’03

 

La confrontation de deux compositions, l’une française, l’autre allemande, semble assez typique de deux esthétiques souvent opposées à juste titre mais ô combien excessivement schématique.

Toutefois on ne saurait nier la clarté de la ligne, l’ordonnancement conventionnel des sentiments et la structure classique du Trio pour clarinette, violoncelle et piano que écrivit en 1888. Pas plus qu’il ne serait décent de refuser de souligner la chaleur du sentiment, l’opulence des timbres et le déroulement impeccable des Huit Pièces que en 1910 destina au même effectif instrumental. Cette confrontation nous paraît passionnante et n’oblige aucunement à choisir ou rejeter systématiquement. D’ailleurs, l’interprétation irréprochable de l’ invite à se délecter des deux esthétiques, parfois antinomiques, parfois potentiellement conciliables. La clarinette de Joaquim Valdepenas sait faire montre de romantisme chaleureux et poétique, par exemple dans l‘Andante con moto ou le Moderato de Bruch, tout comme il est capable de pureté, de bondissements et de fraîcheur dans chacun des quatre mouvements de l’œuvre de d’Indy. Faut-il choisir? Faut-il condamner? Nullement! Cette co-présence sur un même CD confirme l’utilité de la diversité dont l’humeur du moment élira, provisoirement sans doute, telle partition plutôt que telle autre.

Grâce à un label comme Naxos, l’accès à ces partitions de premier plan ne représente plus un obstacle financier majeur et tenter l’aventure devient une gageure, engageante en somme, dont sortent gratifiés les interprètes, les œuvres elles-mêmes et évidemment les sens aiguisés de l’auditeur. D’Indy et Bruch aimaient et même chérissaient particulièrement leur composition respective, raison supplémentaire pour s’y frotter avec enthousiasme et ouverture.

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