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Charles Koechlin, un impressionniste resté dans l’ombre

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Œuvres vocales avec orchestre d’un impressionniste resté dans l’ombre. Charles Koechlin (1867 – 1950) : Quatre poèmes d’Edmond Haraucourt op. 7 ; Vers la plage lointaine op. 43 n°2 ; Poèmes d’Automne op. 13 n°1 et 2 ; Deux poèmes d’André Chénier op. 23, n°1 ; Chanson de Mélisande (d’après Fauré) ; Trois mélodies op. 17 n°2 et 3 ; Etudes antiques op. 46 n°2, n°3 et n°4 ; Six mélodies sur des poésies d’Albert Samain op. 31, n°1 ; chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes défuntes op. 37. Juliane Banse, soprano. SWR Vokalensemble Stuttgart, Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR, direction : Heinz Holliger. 2 CD Hänssler CLASSIC / SWR. Réf : CD 93. 150. Enregistré au Stadthalle Sindelfingen de Stuttgart le 19-23/01/04 et le 14-17/06/04. DDD. Bonne notice multilingue (allemand, anglais, français). Durée totale : 1 : 54 : 07

 

Hänssler Classic, le chef et l’Orchestre de la SWR de Stuttgart poursuivent leur formidable aventure commencée en 2001 dans l’univers musical de , compositeur français de la première moitié du XXe siècle très injustement méconnu, tant son œuvre est féconde, profondément originale et inventive. Pour celui qui fut aussi un grand pédagogue, un homme curieux, intelligent et cultivé, sa réhabilitation actuelle et progressive est naturellement méritée.

Chaque nouvelle apparition d’un CD de la musique de Kœchlin est un évènement grandiose et extraordinaire, non seulement parce que ce sont presque toujours des premiers enregistrements mondiaux, mais surtout parce que se plonger dans ces musiques inédites c’est entreprendre un voyage spatial onirique et quasi-mystique, vers une galaxie sonore voisine de celle d’un Debussy, d’un Fauré ou d’un Ravel, mais une galaxie inédite, plus mystérieuse encore, celle où l’on peut contempler cette « plage lointaine » dans ce jardin enchanté dont parle Kœchlin, où fleurissent de nouvelles espèces de plantes musicales.

En écoutant ces mélodies avec orchestre, qui comptent pourtant parmi les œuvres précoces du compositeur, c’est comme mettre la main sur un trésor accidentellement perdu. Il y a du rêve, du mystère, une certaine pureté, et surtout une resplendissante alchimie de couleurs musicales ; en bref, Kœchlin a su créer son propre univers sonore, qui rappelle inévitablement ceux des autres compositeurs de sa génération, mais qui s’en distingue pourtant, en ce qu’il exploite d’autres aperçus musicaux, de nouveaux timbres de nouveaux climats modulants, qui sont autant de marques d’originalité de son style singulier.

Dans ce présent enregistrement, qui n’est donc constitué que de premiers enregistrements mondiaux mis à part l’orchestration de la Chanson de Mélisande de Fauré, la voix limpide et envoûtante de se prête à merveille aux mélodies du Kœchlin, et le chœur et l’orchestre de la Radio de Stuttgart sont irréprochables.

Parmi les œuvres les plus étonnantes, les plus raffinées, citons le poème symphonique Vers la plage lointaine d’un climat sonore contemplatif, paisible et mystérieux ; la mélodie de l’opus 17 intitulée Epiphanie aux modulations envoûtantes, ou encore Le sommeil de Canope op. 31, une œuvre un peu plus tardive de Kœchlin qui révèle à quel point le compositeur a su étendre le genre de la mélodie dans la voie d’une poésie symphonique accompagnée du chant, tant par sa longueur que par son écriture harmonique qui semble le rapprocher quelque peu de la musique viennoise du début du XXe, notamment Mahler ou le jeune Schönberg (compositeurs qu’il ne connaissait pourtant pas).

Découvrir un CD qui se distingue non seulement par la nouveauté de l’interprétation mais aussi par la nouveauté de la musique elle-même, voilà qui est bien rare, trop rare et précieux dans le cas de Kœchlin pour être ignoré. A écouter absolument donc, surtout pour la fascination que cela procure de se savoir redécouvrir des œuvres inédites d’un maître du passé, un maître oublié mais qui sort heureusement peu à peu de son sommeil, un sommeil profond qui cache un véritable havre de délices et de richesses.

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Œuvres vocales avec orchestre d’un impressionniste resté dans l’ombre. Charles Koechlin (1867 – 1950) : Quatre poèmes d’Edmond Haraucourt op. 7 ; Vers la plage lointaine op. 43 n°2 ; Poèmes d’Automne op. 13 n°1 et 2 ; Deux poèmes d’André Chénier op. 23, n°1 ; Chanson de Mélisande (d’après Fauré) ; Trois mélodies op. 17 n°2 et 3 ; Etudes antiques op. 46 n°2, n°3 et n°4 ; Six mélodies sur des poésies d’Albert Samain op. 31, n°1 ; chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes défuntes op. 37. Juliane Banse, soprano. SWR Vokalensemble Stuttgart, Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR, direction : Heinz Holliger. 2 CD Hänssler CLASSIC / SWR. Réf : CD 93. 150. Enregistré au Stadthalle Sindelfingen de Stuttgart le 19-23/01/04 et le 14-17/06/04. DDD. Bonne notice multilingue (allemand, anglais, français). Durée totale : 1 : 54 : 07

 
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