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L’art monolithique et monochrome d’Edmund Rubbra

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Edmund Rubbra (1901-1986) : Improvisation pour violon et orchestre, op. 89 ; Improvisations sur des Pièces pour virginal de Giles Farnaby, op. 50 ; Concerto pour violon et orchestre, op. 103. Krysia Osostowicz, violon. Orchestre d’Ulster : direction Takuo Yuasa. 1 CD Naxos. Réf. : 8557591. Enregistré dans la salle Ulster, Belfast, Irlande du Nord, les 25 et 26 mai 2004. DDD. Notice en anglais. Durée : 57’04.

 

Il ne nous viendrait nullement à l’esprit de dévaloriser de principe la musique d’ qui en définitive nous a donné un cycle symphonique fort passionnant de neuf partitions inspirées. Mais le choix opéré présentement par Naxos met en avant un Concerto pour violon, op. 103, écrit en 1959, assurément issu d’un métier très maîtrisé mais souffrant d’un manque évident d’inspiration.

L’écoute ne réveille aucune animosité pas plus qu’elle ne provoque de rejet venimeux. La musique s’écoule presque naturellement, deux Allegros conventionnels encadrant solidement un Lento ma non troppo, intitulé Pœma, élégiaque et apaisé mais non générateur de bouleversement émotionnel. Le violon de Krysia Osostowicz converse sans conflit majeur avec l’Orchestre d’Ulster (basé à Belfast) dirigé fermement mais sans passion débordante par la baguette de , chef d’origine japonaise qui en a assuré la direction officielle jusqu’au cours de l’été dernier. Ce concerto illustre l’art monolithique et monochrome de Rubbra. Les Improvisations sur des Pièces pour virginal (sorte d’épinette) de Giles Farnaby, op. 50, de 1938-1939, nous plongent dans une atmosphère plus détendue inspirée par l’époque élisabéthaine et éclaire un aspect plus léger d’un compositeur habituellement sérieux, à l’orchestration dense et serrée. D’ailleurs, l’orchestre, allégé numériquement, est celui de l’époque de Haydn-Mozart. L’œuvre fut créée en février 1960 par l’Orchestre de la BBC et convient parfaitement aux besoins illustratifs du compositeur anglais Farnaby, qui mourut à Londres en 1640, laissant une cinquantaine de pièces élégantes pour le virginal qui éveillèrent l’attention de son compatriote quelques trois siècles plus tard! Improvisation pour violon et orchestre, op. 89, élaboré en 1956, à l’intention de l’Orchestre de Louisville (Kentucky), trouve sa source dans une œuvre antérieure que Rubbra composa au milieu des années 1940, une fantaisie pour violon et orchestre, qu’il remania profondément pour l’occasion. L’esthétique des trois partitions enregistrées ne varie somme toute pas beaucoup. Elles permettent d’approfondir notre connaissance d’un maître sans doute mineur sans être pour autant négligeable.

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Edmund Rubbra (1901-1986) : Improvisation pour violon et orchestre, op. 89 ; Improvisations sur des Pièces pour virginal de Giles Farnaby, op. 50 ; Concerto pour violon et orchestre, op. 103. Krysia Osostowicz, violon. Orchestre d’Ulster : direction Takuo Yuasa. 1 CD Naxos. Réf. : 8557591. Enregistré dans la salle Ulster, Belfast, Irlande du Nord, les 25 et 26 mai 2004. DDD. Notice en anglais. Durée : 57’04.

 
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