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Création de la cantate Et verbum caro de Fabrice Gregorutti

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Eglise de la Trinité. 17-XII-2005. Joseph-Guy Ropartz (1864-1955) : Ave Verum ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Ave Maria, Ave Verum ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Maria, Mater gratiae ; Henryk Nikolaj Gorecki (né en 1933) : Totus Tuus ; Fabrice Gregorutti (né en 1955) : Et Verbum caro, création mondiale, commande du Chœur de la Trinité. Romain Garioud, violoncelle ; Hélène Villeneuve, hautbois ; Philippe Hanon, basson ; Vincent Léonard, cor ; Dominique Brunet, Marcos Bréa Seoane, trompettes ; Jacques Mauger, trombone ; Dominique Probst, percussions ; Carolyn Shuster, orgue. Shigeko Hata, soprano  ; Marion Sicre, mezzo soprano ; Gisèle Casadesus, récitante ; Chœur et ensemble instrumental de la Trinité, direction : Fabrice Grégorutti.

Concert de la Nativité

Pour les fêtes de Noël, le chœur de la Trinité dirigé par son chef Fabrice Grégorutti donnait dans cette église aux belles proportions et confortablement chauffée un concert tout à fait exceptionnel puisqu’on y entendait la création de la cantate Et Verbum Caro écrite par Fabrice Grégorutti pour son chœur, un projet qu’il porte depuis plusieurs années déjà, et c’est avec une complicité toute particulière entre le compositeur et ses interprètes que cette cantate voyait le jour ce samedi 17 décembre.

La première partie de la soirée était consacrée à des œuvres chorales dédiées à la Vierge, cinq pièces qui faisaient alterner voix d’hommes, voix de femmes et chœur mixte. D’une grande délicatesse de ton, favorisant la plénitude sonore et les lignes expressives, ces œuvres mariales étaient issues, pour partie, du répertoire français, avec les Ave Verum et Ave Maria de Saint-Saëns, Fauré et Ropartz accompagnées à l’orgue par Carolyn Shuster : un répertoire de choix dont l’écoute fut un rien perturbée par les déplacements continuels du chœur – les hommes chantaient d’abord au fond de l’église puis dans le chœur – alors que l’intimité et la ferveur de ces petites pièces eussent réclamé plus de concentration et de recueillement. Ce n’est que dans la dernière pièce a capella de Gorecki, Totus Tuus (tout à toi) – la devise du Pape Jean-Paul II s’adressant à la Vierge Marie – que l’oreille, familiarisée avec l’acoustique du lieu, fut captée par les chaudes couleurs de cette page chorale vigoureuse sollicitant tout l’effectif vocal.

Pour la création de sa cantate Et Verbum caro,  avait conçu une spatialisation des sources sonores en répartissant les choristes et les instrumentistes dans la nef centrale, de part et d’autre du public. Dans le chœur, le violoncelle assumait son rôle de leader en débutant l’œuvre par un superbe solo qui captait d’emblée l’écoute et mettait en valeur la belle tenue d’archet de Romain Garrioud. Au centre, deux voix solistes – mezzo-soprano et soprano – intervenaient en alternance avec le chœur et la récitante, rôle tenu par Madame Gisèle Casadesus, sociétaire honoraire de la Comédie Française, dont on put apprécier l’excellence de la déclamation et la ferveur communiquée pour transmettre ce texte sacré. Tous les regards s’attachaient au chronomètre projeté sur les murs de la nef et conçu par Fabrice Grégorutti comme « le grand Ordonnateur du tout ».

Au sein des dix-neuf numéros composant la cantate, les huit interventions du chœur mêlent des parties de la messe – Kyrie, Sanctus, Agnus – au texte du Magnificat de l’Evangile selon Saint Luc. Faisant souvent appel à la technique responsoriale entre voix et instruments, Fabrice Grégorutti varie sans cesse le dispositif instrumental et vocal, opposant les allures litaniques du chœur dans le Kyrie aux passages plus colorés et harmoniques de l’Agnus, confiant aux voix solistes les pages brillantes de l’Et Exultavit ou plus expressives de l’Et incarnatus est et du Benedictus superbement mises en valeur par le duo de Marion Sicre et . La percussion toujours complice lance des signaux, colore l’espace de ses interventions résonantes jusqu’aux dernières pages du chœur dont les répétitions litaniques sur Pax, et in terra pax reprises en écho par le violoncelle referment progressivement cette méditation sur le Mystère sacré.

© Michel Austin et Monir Tayeb

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