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Lyon, parcours d’orchestre

À emporter, CD, Musique symphonique

Maurice Ravel (1875-1937) : Valses nobles et sentimentales. Anton Webern (1883-1945) : Passacaille op. 1. Richard Wagner (1813-1883) : le Crépuscule des Dieux, scène de l’immolation de Brünnhilde. Claude Debussy (1862-1918) : la Mer. Igor Stravinsky (1883-1971) : le Chant du Rossignol. Jean Sibelius (1865-1957) : Symphonie n°5 en mi bémol majeur op. 82. Hildegard Behrens, soprano. Orchestre National de Lyon, direction : Serge Baudo (Debussy), Emmanuel Krivine (Ravel, Webern, Wagner), David Robertson (Stravinsky, Sibelius). 2 CD INA Mémoire vive IMV062 ABM103. Enregistrés en 1984 (Debussy), 1992 (Wagner), 1998 (Webern), 1999 (Ravel) et 2002 (Stavinsky, Sibelius). Notice bilingue (français-anglais) très intéressante sur l’orchestre. Durée : 45’07’’et 76’41’’

 

En 1905 était créée la Société des Grands Concerts de Lyon, sous l’impulsion de Georges Martin Witkowski. 64 ans plus tard, dans le cadre de la décentralisation culturelle instaurée par Malraux et Landowski, cet orchestre devient permanent sous le nom d’Orchestre Philharmonique Rhône-Alpes, avec comme premier directeur musical. Il est Orchestre de Lyon sous la direction de , puis en 1983 lors de la création de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon (heureux lyonnais qui bénéficient de deux phalanges symphoniques) et bénéficie d’un des plus vastes auditoriums de France (Auditorium Maurice Ravel) récemment rénové.

est le chef d’orchestre qui aura le plus longtemps été à la tête de cette formation, de 1971 à 1987. Ancien assistant de Karajan, directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Prague dès 1968, fréquemment invité au Festival d’Aix-en-Provence dans les années 50 et 60, il a mis un point d’honneur à ce que ce nouvel orchestre défende la musique française, avec la Biennale de la musique française de Lyon et le Festival Berlioz de la Côte-Saint-André. Son enregistrement de Pelléas et Mélisande de Debussy (RCA, avec Claude Dormoy, Michèle Command et ) fait aujourd’hui autorité. Et c’est tout naturellement avec Debussy que ce double CD consacré à l’ lui rend hommage. Certes, les versions de la Mer ne manquent pas, et de Boulez à Karajan en passant par Salonen ou Ansermet, d’une lecture flamboyante à une vision analytique, tout ou presque a été dit sur ce chef-d’œuvre. Serge Baudo joue avec les timbres encore verts de son orchestre. Si cette version n’est pas aussi spectaculaire que d’autres, qui bénéficient de phalanges célèbres rodées à bien des répertoires, elle ne démérite pas, grâce à une couleur particulière – surtout des vents – typiquement française, dans la tradition de Monteux, Paray ou Munch.

En 1987 succède à Baudo, . Violoniste virtuose, « recyclé » avec bonheur dans la direction d’orchestre suite à un accident, Krivine a été avant sa titularisation premier chef invité de cet orchestre. Il élargit le répertoire en favorisant la musique d’outre-Rhin. Si là aussi on a entendu une Scène de l’immolation de Brünnhilde où une Passacaille opus 1 plus idiomatiques, la maîtrise de l’orchestre dans cet enregistrement est évidente. n’a pas non plus oublié la leçon de son prédécesseur en ménageant une place de choix pour la musique française, comme en témoigne cette excellente version des Valses nobles et sentimentales de Ravel, où l’on peut noter 15 ans après l’enregistrement de la Mer les progrès en cohésion et en sonorité de l’Orchestre National de Lyon.

Après neuf ans à l’Ensemble InterContemporain, prend pour quatre ans (de 2000 à 2004) les rennes de cet orchestre. Ce jeune chef américain au répertoire éclectique (il s’était fait connaître en France avant son aventure à l’EIC en dirigeant Carmen, la Cenerentola, Cavalleria Rusticana ou I Pagliacci dans plusieurs opéras de province) va ouvrir l’orchestre sur de nouveaux horizons symphoniques, en particulier la première moitié du XXe siècle. Le Chant du Rossignol de Stravinsky et la Symphonie n°5 de Sibelius en témoignent, mais au détriment d’une sonorité de plus en plus standardisée. Cependant sous son court règne, l’Orchestre National de Lyon n’aura qu’accentué sa réputation de niveau international. Au moment de cette sortie discographique, aucun témoignage pour l’instant n’a été enregistré de son 5ème directeur musical, , en place depuis 2004.

Un regret tout de même face à ce double CD qui se veut témoignage d’une vie d’un orchestre : l’absence de musique contemporaine. Les trois chefs présents dans cet enregistrement ont beaucoup œuvré (à Lyon ou ailleurs) pour la défense du répertoire d’aujourd’hui.

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