Concerts, La Scène, Musique symphonique

Pascal Rophé et l’Orchestre national de Belgique, avec style et classe

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 13-I-2006. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano n°1 Sz. 83 ; Albert Roussel (1869-1937) : Symphonie n°4 ; Claude Debussy (1862-1937) : Nocturnes. Chœur de femmes du Vlaams Radio Koor ; Orchestre national de Belgique, direction  : Pascal Rophé.

L’ s’est taillé une assez bonne réputation dans l’interprétation de la musique française. Quand il est bien dirigé, ses instrumentistes savent trouver les couleurs idoines pour rendre les facettes et le style de l’esprit français. Pour mener le concert de ce soir, la phalange belge a eu la bonne idée d’inviter le futur directeur de l’Orchestre philharmonique de Liège, le chef d’orchestre parisien . Cette association va nous donner l’un des concerts symphoniques les plus pertinents de la saison.

Avant de se régaler de teintes impressionnistes, la première partie se veut solide et roborative avec l’exécution du Concerto pour piano n°1 de Bela Bartók. Partition visionnaire d’un compositeur éternellement fascinant, cette pièce présente une structure aussi solide que classique et elle accorde une grande importance au rythme. Le piano s’intègre dans le magma orchestral en se faisant tantôt barbare, tantôt mystérieux. Le second mouvement où le clavier est traité comme une percussion qui dialogue avec ses condisciples est l’un des sommets de l’inspiration du compositeur. Moins médiatique que son compère Zoltan Kocsis, reste l’une des valeurs sures du clavier hongrois et de l’interprétation des pièces de Bartók. Ses enregistrements de l’œuvre pour clavier (Teldec) du compositeur du Concerto pour orchestre sont de hautes références. Jouant cette œuvre qu’il connaît comme sa poche, de mémoire, le musicien refuse la facilité et la brutalité à l’emporte-pièce. Son jeu précis et léger insiste sur la clarté des structures polyphoniques et sur la musicalité interne de la pièce. , grand connaisseur des compositeurs du siècle dernier, lui tisse un superbe écrin et il fait briller les pupitres de l’orchestre bruxellois. Le public d’abonnés des concerts du vendredi reste tristement de marbre devant la qualité de cette exécution. La tiédeur de l’accueil, nous prive hélas d’un bis.

À l’exception de la suite de Bacchus et Ariane et de la Symphonie n°3, les partitions d’ restent largement absentes des programmations. Si la symphonie n°4 n’est pas le chef d’œuvre du maître français, elle n’en reste pas moins bien troussée et diablement séduisante. Dans cette pièce de 1934, le compositeur allie élan motorique et sensualité. L’orchestration favorise la rondeur des vents, la chaleur des cordes alors que les cuivres et les percussions donnent l’énergie nécessaire à la progression de la musique. Abandonnant son image de chef analytique et froid, Rophé prend la partition à bras le corps. Si sa lecture est d’une grande clarté, le chef français marie avec talent pugnacité et transparence pour livrer une interprétation idéale. L’ que l’on n’a pas entendu aussi convaincant depuis longtemps, se régale et les différents pupitres de vents s’en donnent à cœur joie. Rejoint par les voix féminines du , l’orchestre conclut ce beau programme avec les Nocturnes de . Dans des tempi rapide, le chef favorise la clarté des structures et il évite le piège d’une lecture trop narcissique. L’ensemble est mené avec tact et style, tandis que l’orchestre poursuit sa démonstration qualitative. Le VRK livre une bonne prestation mais son positionnement sur le côté de la salle perturbe un peu nos oreilles.

Crédit photographique : © Katie Vandyck

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 13-I-2006. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano n°1 Sz. 83 ; Albert Roussel (1869-1937) : Symphonie n°4 ; Claude Debussy (1862-1937) : Nocturnes. Chœur de femmes du Vlaams Radio Koor ; Orchestre national de Belgique, direction  : Pascal Rophé.

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