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Emmanuel Krivine, Accentus et la Chambre Philharmonique, premier enregistrement

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Wolfgang Amadeus Mozart (1856-1891) : Messe en ut mineur « grande messe » KV427. Sandrine Piau, soprano I ; Anne-Lise Sollied, soprano II ; Paul Agnew, ténor ; Frédéric Caton, Basse. Chœur Accentus, la chambre philharmonique, direction : Emmanuel Krivine. 1 CD Naïve. Réf. : V 5032. Enregistré au « Corum » de Montpellier en juillet 2005. Durée : 51’20’’

 

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Dès les premières mesures du Kyrie de cette Messe en ut, l’auditeur éprouve le sentiment, aussi déroutant que stimulant, de redécouvrir une partition dont il avait cru jusque là posséder toutes les clefs. Ainsi de son instrumentation ; des effets de masse orchestrale, caractéristiques des majestueux principes du classicisme viennois, toute restitution est ici délibérément abolie. Sollicitant la lutherie du temps de l’œuvre, les divers pupitres brossent, en plaisant contraste, une mosaïque sonore dont la variété dynamique n’a d’égale que la merveilleuse plénitude sonore. De la même façon, le choix d’un tempo enlevé, au-delà de l’inévitable surprise qu’il provoque, est pleinement justifié par le désir de réinscrire cette musique sous le double signe de la vigueur humaniste et de la vision mystique, aux antipodes de tout figement hiératique. De tels choix supposent naturellement une prise en compte de tous les paramètres qui construisent l’unité organique de l’œuvre. Les rôles des chefs respectifs de l’orchestre () et du chœur () se situent au même niveau d’exigence maximale, tous deux évoluant dans le cadre, à peu près introuvable ailleurs, d’une complémentarité miraculeuse. Dépouillement dramatique – dans cet enregistrement, la mise en exergue des silences relève du tour de force – et lecture scrupuleuse de la partition restent les maîtres mots.

Rien de plus démonstratif en ce sens que le Laudamus te, au sein duquel percent les échos de cette étrange inclination lyrique qui colora progressivement la musique religieuse des temps pré-révolutionnaires. Occasion de rappeler qu’un compositeur, s’appelât-il Mozart, reste toujours l’héritier d’une longue tradition et le chantre de son époque. Car ici, plus encore que le maître de Salzburg, c’est tout le siècle des Lumières qui chante, un siècle qui, porteur des plus belles préméditations lyriques du théâtre musical, n’a pas oublié la grande leçon contrapuntique dispensée en son matin par Jean-Sébastien Bach et Haendel.

On relèvera enfin qu’en matière d’interprétation vocale, il y a quelque chose d’infaillible chez , à mi-chemin entre instinct sensible et maîtrise virtuose. Sous sa direction, le chœur se signale une fois encore par son principe d’excellence ; soudé dans les épisodes collectifs, brillant dans les interventions de solistes caractérisées par le refus de toute surcharge ornementale, subtil dans ses choix esthétiques, impeccable dans ses options expressives qui ne cèdent jamais au piège de l’austérité outrée, il enchante et satisfait avec le même bonheur le mélomane le plus blasé et le musicologue le moins indulgent.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1856-1891) : Messe en ut mineur « grande messe » KV427. Sandrine Piau, soprano I ; Anne-Lise Sollied, soprano II ; Paul Agnew, ténor ; Frédéric Caton, Basse. Chœur Accentus, la chambre philharmonique, direction : Emmanuel Krivine. 1 CD Naïve. Réf. : V 5032. Enregistré au « Corum » de Montpellier en juillet 2005. Durée : 51’20’’

 
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