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Claudio Monteverdi (1567-1643). L’Orfeo. Mise en scène : Jean-Claude Malgoire et Jacky Lautem ; scénographie et lumières : Jacky Lautem ; costumes : Christine Rabot Pinson ; Chorégraphie : Roser Montillo. Avec : Kobie van Rensburg, Orfeo ; Cyrille Gerstenhaber, Euridice ; Estelle Kaique, la Messaggiera ; Philippe Jaroussky, la Speranza ; Renaud Delaigue, Caronte ; Delphine Gillot, Proserpina ; Bernard Deletré, Plutone ; Philippe Rabier, Apollo. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy (Chefs de chœur : Elisabeth Geiger et Sébastien d’Hérin), direction : Jean-Claude Malgoire. ; Réalisation TV : Jacky Lautem ; Production : Atelier Lyrique de Tourcoing. Enregistré au T. N. P de Villeurbanne ; Bonus : Interview de Jean-Claude Malgoire par Danilo Prefumo ; Sous-titres Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Japonais, Chinois. Format : 16/9. PAL. Notice quadrilingue. Son : Stéréo Dolby Digital 5. 1, Distribution : Dynamic, Référence : 33477. Durée : 130 mn.

 

Maître incontesté de la polyphonie, héritier des grands madrigalistes de la Renaissance, visionnaire, est l’un des plus grands compositeurs de tous les temps et le grand réformateur de la musique.

dynamic_orfeo-300x433Déjà, à son époque, on le qualifie d’avant-gardiste. Lui, ne se réclame que de la seconda prattica en opposition à la prima prattica qui est celle de ses prédécesseurs. Il se veut simplement moderne. C’est à Mantoue où il vit en tant que maître de musique auprès des Gonzague qu’il écrit son Orfeo, un des premiers opéras de l’histoire musicale, chef-d’œuvre incontesté qui annonce l’avènement du bel canto et où la musique tient le rôle principal. « Elle doit émouvoir totalement l’homme et s’adapter au texte qu’elle illustre ». Monteverdi élabore alors une partition d’une extraordinaire profondeur, invente de nouvelles formes d’expression et joue sur la dissonance. Dans cette œuvre majeure de l’histoire lyrique, il réunit la musique instrumentale qui tend vers l’abstraction et la musique vocale remplie d’expression individuelle dans une œuvre musicale totale, virtuose et raffinée. Le récitatif, alterné entre mélodie et narration rapide, suit le rythme naturel de la parole et revêt une forte puissance d’expression dramatique. Afin que le drame prenne toute sa dimension expressive, Monteverdi écrit en actes d’une longueur cohérente, loin du système habituel des courtes séquences. La teneur et le rayonnement de son message est tel que lors de sa présentation en février 1607 à l’Accademia degl’Invaghiti de Mantoue, l’œuvre est accueillie avec une grande ferveur. Elle ne tarde pas, dés la parution de la partition imprimée en 1609, à être jouée dans toute l’Italie avec un succès qui ne se démentira jamais.

Cette production de l’Atelier Lyrique de Tourcoing que dirige brille par son originalité, sa simplicité, une certaine rigueur mais aussi par sa belle jeunesse et son dynamisme. Elle a le mérite incontestable de nous rapprocher au plus près de ce qu’a pu être la représentation de ce chef d’œuvre à l’Accademia degl’Invaghiti de Mantoue et par la suite dans toute l’Italie. Cet explorateur du baroque qu’est s’est essayé à la mise en scène et réussit là une excellente alchimie musicale et théâtrale qu’il explique en bonus dans une interview. Une interview qui raconte précisément, dans un de ses chapitres, la genèse de l’œuvre, que ce soit au niveau de la partition ou de la création théâtrale. Et c’est absolument passionnant. On comprend alors parfaitement la disposition de la scène, la proximité de l’orchestre avec les chanteurs, tous excellents acteurs par ailleurs. La distribution est d’une belle homogénéité. La soprano est une Euridice vibrante d’émotion et d’amour pour le ténor Kobie van Rensburg, Orfeo intense. L’excellentissime contre-ténor , Victoire de la musique en 2005, chante La Speranza avec une luminosité vocale et une finesse envoûtantes. La direction de Jean Claude Malgoire à la tête de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy est d’une clarté, d’une précision, d’une rigueur et d’une amplitude musicale de toute beauté. On regrettera cependant une captation sans grand rythme.

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Claudio Monteverdi (1567-1643). L’Orfeo. Mise en scène : Jean-Claude Malgoire et Jacky Lautem ; scénographie et lumières : Jacky Lautem ; costumes : Christine Rabot Pinson ; Chorégraphie : Roser Montillo. Avec : Kobie van Rensburg, Orfeo ; Cyrille Gerstenhaber, Euridice ; Estelle Kaique, la Messaggiera ; Philippe Jaroussky, la Speranza ; Renaud Delaigue, Caronte ; Delphine Gillot, Proserpina ; Bernard Deletré, Plutone ; Philippe Rabier, Apollo. La Grande Ecurie et la Chambre du Roy (Chefs de chœur : Elisabeth Geiger et Sébastien d’Hérin), direction : Jean-Claude Malgoire. ; Réalisation TV : Jacky Lautem ; Production : Atelier Lyrique de Tourcoing. Enregistré au T. N. P de Villeurbanne ; Bonus : Interview de Jean-Claude Malgoire par Danilo Prefumo ; Sous-titres Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Japonais, Chinois. Format : 16/9. PAL. Notice quadrilingue. Son : Stéréo Dolby Digital 5. 1, Distribution : Dynamic, Référence : 33477. Durée : 130 mn.

 
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