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Beethoven Liszt par Jean-Bernard Hupmann

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) / Franz Liszt (1811 – 1886) : Symphonie n°6 en fa majeur op. 68 « Pastorale » (transcription pour piano R128/6, SW564/6) ; An die ferne Geliebte op. 68. Jean-Bernard Hupmann, piano. 1 CD Intégral classic Int 221. 145. Enregistré à Saultain (59) par France Bleu Nord. DDD. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 60’22’’.

 

admirait et respectait nombre de ses prédécesseurs et contemporains et a transcrit de très nombreuses œuvres orchestrales, parfois même vocales (le Requiem de Mozart!), pour l’instrument dans lequel il excellait : le piano. Au XIXème siècle, l’entreprise n’était pas rare : avant l’invention de l’enregistrement, elle permettait aux musiciens et mélomanes avertis de réentendre chez eux les pièces qu’ils appréciaient le plus. Alors, pourquoi cette transcription de la Symphonie Pastorale de Beethoven a-t-elle survécu jusqu’au XXIème siècle, au point de mériter un enregistrement?

La réponse semble évidente à l’audition : Liszt a su rendre avec une précision et une fidélité impressionnantes chaque ligne mélodique, chaque harmonie, chaque climat d’une symphonie dont, pourtant, une grande partie du charme réside dans le choix des timbres. Il fallait être à la fois un grand orchestrateur, un maître du piano et un fervent admirateur de Beethoven pour réussir un tel tour de force : le piano chante, tinte ou gronde comme chacun des instruments de la Symphonie n°6. Contrairement à certaines transcriptions émanant d’autres musiciens, dans celle-ci on n’oublie pas une seconde qu’on entend une œuvre orchestrale de Beethoven. Certes, le fait qu’il s’agisse d’une œuvre si connue dans sa version d’origine joue certainement : simple travail de mémoire de l’auditeur ou génie de l’écriture de Liszt, on reconnaît dans chaque phrase musicale le timbre d’origine. Mais on ne peut pas imputer la réussite de cette entreprise seulement à cela.

Peu à peu, le plaisir presque ludique de retrouver à travers le piano toutes les sonorités d’un orchestre symphonique cède la place au simple bonheur d’entendre une œuvre pour piano, tout simplement. On oublie l’orchestre, on ne sait plus vraiment si l’on écoute Beethoven ou Liszt. On sait simplement que c’est très délicat, que les lignes mélodiques sont très belles, que les contrastes sont prenants, que les différentes ambiances se succèdent, créant la surprise, et que tout cela est magnifiquement écrit pour le piano. Et interprété avec une très grande intelligence.

Le défi est toujours de taille lorsque l’on interprète une telle œuvre, car il est difficile de ne pas céder au charme de l’écriture pianistique de Liszt, au risque d’oublier l’esthétique pré-romantique de Beethoven. Il aurait été tentant de faire briller l’instrument en utilisant la pédale de façon disproportionnée et en mettant en valeur chaque trait de virtuosité. ne s’est pas perdu dans ce piège : il joue bel et bien du Beethoven, avec une telle maîtrise que l’inévitable difficulté technique ne transparaît pas. Une sonorité très légère, gracieuse, perlée – il excelle dans les accords arpégés, particulièrement dans la dernière pièce de l’enregistrement, An die ferne Geliebte op. 98. On peut simplement regretter une certaine dureté dans l’attaque, parfois, dans les passages plus violents.

L’œuvre de départ est tellement connue, et Liszt a écrit de tels monuments pour le piano que cet enregistrement ne constitue pas vraiment un événement incontournable. Il est simplement très intéressant et agréable à entendre, laissant une agréable impression de pureté …

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