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Anselmo Colzani (Budrio, 23 mars 1918 – Milan, 19 mars 2006)

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A quelques jours de son quatre-vingt huitième anniversaire, le baryton italien est décédé dans une clinique milanaise.

Décédé, selon la formule consacrée, des suites d’une longue maladie, le baryton laisse une image un peu diaphane dans le monde de l’art lyrique. A Budrio, sa ville natale, il chante dans la chorale locale avant de quitter son travail d’employé de bureau pour s’engager dans la voie du chant lyrique. En 1946, il débute sa carrière de soliste à l’opéra de Bologne dans le rôle du Hérault de Lohengrin de Richard Wagner aux côtés d’une jeune débutante du nom de Renata Tebaldi ! Sept ans plus tard, il est appelé à La Scala de Milan pour remplacer Gino Becchi dans Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni.

Dès lors, sa carrière se développe surtout aux Etats-Unis. Il chante à San Francisco où dans la même saison de 1956, il chante dans Aïda (Amonasro), Il Trovatore (Conte di Luna) de Giuseppe Verdi, Francesca da Rimini (Giovanni) de Riccardo Zandonai, Madama Butterfly (Sharpless) et Tosca (Il Barone Scarpia) de Giacomo Puccini. A ces occasions, il donne la réplique à des artistes tels que Jussi Bjœrling, Licia Albanese, Renata Tebaldi, Leyla Gencer ou Leonie Rysanek.

En 1960, Anselmo Colzani fait ses débuts sur la scène du Metropolitan Opera de New-York dans le rôle-titre de Simon Boccanegra de Giuseppe Verdi. Une scène qu’il foule près de trois cents fois jusqu’en 1978. Cette année-là, il est pour la trentième fois Michonnet (Adriana Lecouvreur) de Francesco Cilea aux côtés de Monserrat Caballé et José Carreras. Durant les précédentes apparitions d’Anselmo Colzani dans cet opéra, on le retrouve aux côtés de stars de l’opéra comme Renata Tebaldi, Franco Corelli. Toujours dans cette même œuvre, il assiste, en 1968, au début d’un certain Placido Domingo !

Cette importante carrière américaine ne l’empêche pas de revenir sur les scènes européennes. Ainsi en 1968, le San Carlo de Naples l’accueille dans le rôle de Barnaba de La Gioconda d’Amilcare Ponchielli aux côtés de Renata Tebaldi. L’occasion de l’entendre au sommet de son art dans une représentation où il campe un Barnaba terrifiant.

Quoique ayant fait une carrière internationale longue et importante, la discographie d’Anselmo Colzani reste limitée à des enregistrements pris sur le vif. Outre la captation de la représentation napolitaine ci-dessus (Hardy Classic HCA 6003-2), on peut l’entendre dans un enregistrement « live » datant de 1957 d’Ifigenia in Tauride de Gluck avec Maria Callas (EMI 565-451-2.

Jouissant d’une puissance impressionnante, la voix du baryton reste cependant très souple. Très homogène sur tout le registre, chargée d’harmoniques, elle lui a permis de chanter aussi bien Gioacchino Rossini que Giuseppe Verdi ou Richard Wagner. L’écoute de ces enregistrements permet d’apprécier la qualité exceptionnelle de son élocution vocale qui en fait un modèle de référence de l’art de ce registre.

En l’honneur de leur célèbre condisciple, sa ville natale a institué depuis 2003 un Concours de Chant Lyrique International qui porte son nom. Le Concorso Internazionale di Canto Lirico « Anselmo Colzani » se déroule chaque année à la fin du mois de janvier. Il porte l’espoir que la mémoire du baryton reste dans l’esprit de chacun et que le soin qu’il apportait à son chant demeure un exemple pour les lauréats.

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