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Francis Poulenc (1899-1963) : Le travail du peintre ; Chansons gaillardes ; Tel jour telle nuit ; Cinq poèmes. Bernard Kruysen, baryton ; Noël Lee, piano. 1 CD Arion ARN50654. Enregistrement réalisé en 1983. Notice bilingue. Durée : 43’35’’.

 

Le débat entre littéraires et mélomanes concernant la mélodie est inépuisable. Chacun des deux clans tient à se faire prévaloir au dépend de l’autre quand il faudrait se réjouir d’associations fructueuses : Berlioz et Gautier, Duparc et Baudelaire, Fauré et Verlaine…

est également de ceux dont le nom est associé à celui d’un poète. Ici il met en musique Paul Eluard dans deux grands cycles, Le travail du peintre et Tel jour telle nuit. Cernant dans un élan irrépressible l’essence de chaque poème, Poulenc fut un mélodiste né : « Quand j’aurai dit à vos lecteurs que mon canon c’est l’instinct ; que je n’ai pas de principe et que je m’en vante ; que, Dieu merci, je n’ai aucun système d’écriture (système équivalent pour moi à  » trucs ») ; que l’inspiration est une chose si mystérieuse qu’il vaut mieux ne pas l’expliquer. Croyez-vous qu’ils seront transportés d’intérêt ? » (, 1945). Une musique directe, en parfait accord avec l’esthétique prônée par Cocteau, proche du quotidien, populaire autant que subtile et raffinée résume l’œuvre de Poulenc.

Il fallait un interprète capable de discrétion et de simplicité (dans son acception la plus noble) pour servir pareille musique. Le baryton hollandais , mort subitement le 30 octobre 2000 à l’âge de 67 ans, fut considéré par Francis Poulenc comme le successeur de Pierre Bernac, qui avait crée de nombreuses mélodies du compositeur. En 1983, date d’enregistrement de ces mélodies, les possibilités vocales du baryton n’obéissent plus à l’insolente facilité de ses jeunes années. Cependant, quelques aigus forcés, l’imprécision (rare) de la justesse ne parviennent pas à ternir l’impeccable diction, la virilité du timbre, la variété de ton de l’interprète. Son récital se découvre comme un prisme dont les faces sont tour à tour égrillardes et scabreuses (La maîtresse volage), mélancoliques et tristes (Une ruine coquille vide), naïves ou graves (Nous avons fait la nuit)… « Il est peu de voix aussi intelligemment émouvantes que celle du baryton hollandais… » disait Bernard Gavoty. Chaque poème est admirablement servi par cet amoureux de la langue française (rien ne lui faisait davantage plaisir que d’entendre son nom prononcé à la française « Kruisen » plutôt que « Kreuisen » et que d’être assimilé à un chanteur français) qui devient alors pour toutes les oreilles le récitant idéal.

a embrassé la carrière d’accompagnateur de manière sacerdotale, optant pour un travail dont on a dit qu’il exigeait la plus totale abnégation. Pourtant le rôle du piano chez Poulenc est prépondérant, car plus qu’une assise, sa partie apporte des richesses qu’il faut parfois faire passer au premier plan. est remarquable : son piano, empreint de clarté et de souplesse, enlace la voix de celui qu’il accompagne. Nous saluons Arion d’avoir réédité ce disque.

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Francis Poulenc (1899-1963) : Le travail du peintre ; Chansons gaillardes ; Tel jour telle nuit ; Cinq poèmes. Bernard Kruysen, baryton ; Noël Lee, piano. 1 CD Arion ARN50654. Enregistrement réalisé en 1983. Notice bilingue. Durée : 43’35’’.

 
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