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XIVe Rencontres Internationales de la Guitare – VIIe Concours International de Guitare

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Crédit photographique : © Laurent Duroselle

Antony. Auditorium . 29-III-2006. Populaire brésilien : Samba Lélé. Ensemble de guitares. Philippe Lemaigre (né en 1950) : Arreglo n°2 sur un thème bolivien. Cyprien Pindat, guitare. Juan Falu (né en 1948) : Que Lo Diga el Rio. Benjamin Cantelé, guitare. Federico Moreno-Torroba (1891-1982) : Sonatine. Laurent Lellouch, guitare. (né en 1936) : Electric Counterpoint. Remi jousselme, guitare, Ensemble de 13 guitares et 2 basses électriques, Gérard Verba, direction. Alain Souchon : Foule Sentimentale. Ensemble de guitares.

Antony. Auditorium . 30-III-2006. I] Isaac Albeniz (1860-1909) : Mallorca, Torre Bermeja, Prelude, Rumores de la caleta, Capricio catalan, Sevilla. Gérard Abiton, guitare. II]  : Minera y alegrias, buleria, tango, solea. , guitare ; Cristo Cortes, chant ; Isabel Pelaez, chant et danse.

Antony. Auditorium Sainte Marie. 31-III-2006. I] Luiz de Aquinho, guitare et chant ; Marie Bancel, guitare ; Edmundo Carneiro, percussions. II] Monica Passos, chant et guitare ; Jean-Philippe Crespin, guitare ; Edmundo Carneiro, percussions.

Antony. Auditorium Paul Arma. 01-IV-2006. Finale du Concours Internationale de Guitare. Anatoly Isotov, guitare ; , guitare ; Damien Lancelle, guitare ; Nicolas Colliou, guitare.

Antony. Auditorium Paul Arma. 02-IV-2006. I] (1685-1750) : 2 Sonates. Alberto Ginastera (1916-1983) : Sonate pour guitare. Thomas Viloteau, guitare II] Michel Sadanovsky  : Hommage au Flamenco. Michel Sadanovsky, guitare. III] (1571-1621) : Danses du Terpsichore. (1890-1974) : Quatre pièces brèves. Francis Kleynjans (né en 1951) : A l’Aube du dernier jour. Tania Chagnot, guitare. IV] Michel Haumont, guitare acoustique dans ses œuvres.

Pour sa quatorzième édition, les Rencontres Internationales de la Guitare d’Antony ont offert, une fois de plus, un programme de choix. De la grande tradition classique en passant par le flamenco, la musique brésilienne ou le jazz, ce festival permit à un large public de découvrir ou redécouvrir plusieurs facettes de la guitare et de sa musique. En parallèle, avait lieu le septième concours international de guitare qui donna l’occasion à de jeunes talents de confronter leur qualité. Ce concours, de plus en plus prisé, a déjà à son actif des lauréats qui font désormais un chemin remarqué et remarquable comme dont Resmusica s’est plusieurs fois fait l’écho.

Mercredi 29 mars, une première soirée très pédagogique et non dénuée d’intérêt qui permis à un ensemble impressionnant d’enfants de jouer Samba Lélé (populaire brésilien). La coordination n’était pas une mince affaire mais Gérard Verba a su relever le défi avec la bonne volonté de tous ces guitaristes en herbe. Le tirage au sort de l’ordre de passage des candidats au 7ème concours de ces rencontres fut réalisé par Monsieur Senant en sa qualité de maire d’Antony, l’épreuve finale du concours étant prévue le samedi 01 avril. Pour suivre trois jeunes guitaristes antoniens prometteurs : Cyprien Pindat dans Arreglo n°2 de Philippe Lemaigre sur un thème bolivien, Benjamin Cantelé dans Que lo diga el Rio de Juan Falu et Laurent Lellouch dans la Sonatine de Moreno-Torroba. Le talent émergent de ces guitaristes nous laisse penser que nous les retrouverons dans quelques années au Concours des Rencontres. Le clou de cette soirée était l’audition de Electric Counterpoint de pour guitare soliste, un ensemble de treize guitares et deux basses électriques le tout sous la direction de Gérard Verba, par ailleurs Directeur Musical de ce festival. Une pièce en trois parties particulièrement intéressante et impressionnante. Basée sur une écriture répétitive, les différents cycles sont répétés tantôt avec un décalage d’une voie par rapport à l’autre, tantôt selon la même séquence mais sur une harmonie différente ou encore selon ces deux règles. assurait la partie soliste avec la précision et le talent qui lui sont propres. Cette soirée se clôtura par un nouvel ensemble de près de 70 guitaristes de tous les âges pour une version de Foule Sentimentale d’Alain Souchon sous le contrôle rythmique de José Mendoza.

C’est à Gérard Abiton que revint l’ouverture de la seconde soirée consacrée à l’Espagne. Un programme Albeniz audacieux car loin d’être élaboré par facilité. Pas un seul moment de repos pour le guitariste qui présente ses propres transcriptions. Un début en douceur avec la très belle barcarolle Mallorca avant les redoutables Torre Bermeja, Prelude, Rumores de la caleta, Capricio catalan et Sevilla. La maîtrise de Gérard Abiton est si impressionnante qu’on a le sentiment qu’il n’y a aucune difficulté technique. Pourtant, ses transcriptions semblent être plus exigeantes que celles habituellement servies. Nous avons particulièrement apprécié le superbe lyrisme du jeu sans jamais donner un sentiment de lourdeur ni d’exagération. Sa version de Torre Bermeja est très représentative de ce sentiment. Le rythme général des pièces ne souffre jamais du chant mis en évidence avec beaucoup de clarté. De la très belle guitare. Espérons que Gérard Abiton nous fera le plaisir d’enregistrer ce programme. Pour suivre, encore un guitariste connu des lecteurs de ResMusica : Jean-Baptiste Marino. Accompagné de ses fidèles, Cristo Cortes au chant et Isabel Pelaez au chant et à la danse, Jean-Baptiste Marino a une fois de plus montré son talent exceptionnel. Repartant de certaines pièces de son disque A Mi Vera comme base, il montre une fois de plus sa capacité d’improvisation et de renouvellement de ses falsetas. Isabel Pelaez a su charmer le public avec la sensualité de sa voix, Cristo Cortes, toujours impressionnant, a pu démontrer que le cantaor ne va pas chercher sa voix uniquement dans sa gorge mais bien dans tout son être. Chaque pièce démarre par une introduction à la guitare où Jean-Baptiste Marino montre son audace coutumière dans la composition comme celle, surprenante, de l’alegria qui ouvre le programme. Le public semblait surpris par cet art particulier qu’est le flamenco mais s’est vite pris aux rythmes entrainants et aux tensions émotives. Vint ensuite la buleria titre de son disque A Mi Vera sous l’accompagnement aux palmas de ses complices. Un flamenco résolument moderne mais qui ne remet jamais en cause le compas. Une démarche indispensable pour qui veut accompagner le chant ou la danse, la marque des Grands. Un Tango précède la Solea où Isabel Pelaez nous fit le plaisir de danser, charmant le public par son regard perçant et son port altier. Le public littéralement conquis, fit une ovation aux artistes rejoints par Gérard Abiton pour un dernier salut.

Soirée brésilienne le vendredi qui débuta par le guitariste Luiz de Aquinho remplaçant au pied levé Toninho Ramos souffrant. Un Brésil intime où Luiz de Aquinho nous susurre des histoires en chantant, s’accompagnant à la guitare. Rejoint par Edmundo Carneiro à la percussion et par Marie Bancel, une des premières élèves en France de Toninho Ramos, pour quelques duos de guitares. Une très belle première partie avant l’exubérance de Monica Passos qui nous emporta littéralement dans une vague délirante de musique brésilienne tantôt très traditionnelle, tantôt revue et corrigée sur des thèmes divers. C’est ainsi qu’elle nous offrit une version des Feuilles mortes particulièrement séduisante. Interpellant le public, faisant part de ses états d’âme et de ses pensées, Monica Passos, accompagnée avec brio par Jean-Philippe Crespin à la guitare et Edmundo Carneiro à la percussion, créa une communion avec ses auditeurs pendant plus d’une heure. Un spectacle surprenant où l’on ressort enchanté et conquis.

La finale du concours avait lieu le samedi soir et fut particulièrement disputée. La faible dotation de ce concours par rapport à d’autres n’a pas empêché la qualité des concurrents. Cela démontre sa renommée et son impact. Au programme, une pièce imposée et composée spécialement pour l’occasion, Tango Solo de Adrien Politi, ainsi qu’un programme libre. Le premier prix fut décerné à l’unanimité à Anatoly Isotov qui fit preuve de la plus grande maturité musicale, d’une grande régularité dans la qualité technique alliée à une véritable expression musicale. Pourtant, peu de chose le distinguait de , très honorable second prix, si ce n’est peut-être une musicalité un peu trop basée sur l’énergie pour le second comme ce fut le cas dans les sonates de Scarlatti. Quoiqu’il en soit fit montre d’une personnalité certaine et fera parler de lui à l’avenir. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lui octroyant le Prix du Public. Damien Lancelle obtint le troisième prix qui nous parait justifié au regard d’une interprétation quelque peu décevante par comparaison avec son interprétation de la Sonate de Ginastera en demi-finale. Le célèbre salon de la guitare, La Guitarreria, offrait un prix spécial pour la meilleure interprétation de Tango Solo de Politi. Ce prix fut décerné à Nicolas Colliou.

Le dimanche après-midi avait lieu le concert de clôture avec un programme chargé puisque quatre guitaristes se produisaient, à commencer par Thomas Viloteau, lauréat 2005 du Concours International d’Antony. Sonates de Scarlatti et Ginastera au programme. Très bonne technique mais un peu de détachement dans l’interprétation qui laisse penser qu’il n’était peut être pas totalement impliqué dans les œuvres qu’il jouait ce dimanche. Michel Sadanowsky interpréta ensuite sa nouvelle œuvre, Suite en hommage au flamenco. Une pièce très séduisante qui plut beaucoup au public. Un jeu solide comme à son habitude mais qui manque peut-être un peu d’émotion par instant. Tania Chagnot poursuivi le concert avec des danses de Praetorius extraites du Terpsichore ainsi que les Quatre Pièces brèves de et A l’aube de son dernier jour de Francis Kleynjans. Si ce n’est les pièces de Praetorius, les autres ont fait l’objet d’un enregistrement remarquable chez Altais-Music. Un jeu toujours aussi précis et musicalement irréprochable, mais il faut reconnaître que ce programme était réservé plutôt à des guitaristes connaisseurs. Toutefois c’est aussi le rôle des interprètes de faire découvrir des œuvres et Tania Chagnot remplit parfaitement cette mission. Pour finir, le guitariste folk Michel Haumont fit une démonstration brillante de son style. Un jeu d’une propreté remarquable et un comportement sur scène très sympathique permit d’oublier le réglage de la sono un peu faible. Une excellente conclusion pour ces cinq jours de festival.

Rendez-vous est pris pour l’année prochaine avec la conviction que Gérard Verba, Directeur Musical de ces rencontres, nous concoctera une fois de plus un superbe programme.

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