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Wilhelm Grosz (1894-1939) : Lieder an die Geliebte op. 18, Kinderlieder nach Texten von Christian Morgenstern op. 13 ; Viktor Ullmann (1898-1944) : Sechs Lieder nach Gedichten von Albert Steffen op. 17, Hölderlin-Lieder für eine Singstimme und Klavier. ; Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Drei Lieder für Gesang und Klavier op. 22, « Unvergängglichkrit », op. 27 n°1 ; Kurt Weill (1900-1950) : Drei songs nach Texten von Bertolt Brecht. Christiane Oelze, soprano ; Eric Schneider, piano. 1 SACD Hybride Capriccio. Référence 71 062. Enregistré à Cologne en avril 2005. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 1h09’31

 

Alors que les opéras, les pièces symphoniques et la musique de chambre des compositeurs « dégénérés » commencent à s’imposer, le lied reste encore un terrain à défricher. C’est tout l’intérêt de ce disque de nous proposer une intelligente sélection d’œuvres des créateurs mis au ban par le régime nazi.

D’esthétique plutôt néo-romantique, les différents lieder de séduisent par l’intelligence de leur écriture. Le ton subtil et léger des Kinderlieder sur des textes de Christian Morgenstern s’oppose à la fin de vie dramatique du compositeur. Fuyant l’Allemagne d’Hitler, il se réfugie en Autriche. Devant la montée de l’ordre brun, il émigre alors en Angleterre où il subsiste tant bien que mal en composant des chansons dont l’une Isle of Capri lui ouvre les portes du succès. En 1939, il s’installe aux Etats-Unis, espérant faire fortune en tant que compositeur pour Hollywood, mais il meurt d’un infarctus à son arrivée à New-York.

Magicien de la voix, Eric Wolfgang Korngold aurait pu être l’une des plus grandes célébrités musicales du XXe siècle. Enfant prodige, il multipliait les succès jusqu’à son émigration aux USA. Compositeur de musique de film récompensé par des Oscars, il voulait que sa notoriété reste attachée à ses créations lyriques et symphoniques « sérieuses ». Entre 1946 et 1954, il retourna à plusieurs reprises dans la Vienne de ses succès de jeunesse ; mais son style alors peu en vogue laissa de bois ses contemporains. L’artiste, désabusé, s’en retourna finir ses jours outre Atlantique. Dès les premières notes des Trois lieder pour chant et clavier, on reconnaît sa pâte : rythmes posés, parcimonie des accords de piano et larges intervalles chantés. Ces pièces ne sont certes pas novatrices, mais une telle maîtrise de son art et la sensualité des mélodies ne laissent pas indifférents.

Elève d’Arnold Schœnberg et d’Alexandre von Zemlinsky, s’intéressa d’abord au style atonal. Créées en 1937, ses Six mélodies sur des textes d’Albert Steffen frappent par leur tension et leur dramatisme. Composée au camp de concentration de Theresienstadt, les Trois lieder sur des textes d’Hölderlin imposent un climat plus sombre et angoissé. Ce disque ne pouvait ignorer le génial dont l’œuvre reste encore à découvrir, mais ici le choix s’est porté sur trois illustres chansons que l’on est ravi de retrouver : der Matrosen-Song, die Seeräuber-Jenny et Der « Bilbao song ».

En dépit d’une belle carrière internationale, la soprano ne nous avait jamais trop convaincu en raison d’un timbre assez quelconque. Pourtant, elle sait se montrer pertinente dans ce superbe programme et il faut saluer la justesse du style et la musicalité de cette artiste. Le pianiste est un accompagnateur aussi précis qu’attentif.

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Wilhelm Grosz (1894-1939) : Lieder an die Geliebte op. 18, Kinderlieder nach Texten von Christian Morgenstern op. 13 ; Viktor Ullmann (1898-1944) : Sechs Lieder nach Gedichten von Albert Steffen op. 17, Hölderlin-Lieder für eine Singstimme und Klavier. ; Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Drei Lieder für Gesang und Klavier op. 22, « Unvergängglichkrit », op. 27 n°1 ; Kurt Weill (1900-1950) : Drei songs nach Texten von Bertolt Brecht. Christiane Oelze, soprano ; Eric Schneider, piano. 1 SACD Hybride Capriccio. Référence 71 062. Enregistré à Cologne en avril 2005. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée : 1h09’31

 
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