L’Art de…La Harpe de la Renaissance. Renaissance de la Harpe ?

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Anthologie de pièces de l’époque Renaissance, de compositeurs connus : Antonio de Cabezon (1510-1566), Pierre Attaignant (mort en 1552), Tielman Susato (1500-1564 ?), Vincenzo Capirola (1474-1548 ?)…et anonymes italiens, espagnols, irlandais, bretons…Dominig Bouchaud, harpe ; Hervé Barreau, flûte à bec et bombarde. un CD Arion Réf ARN 60679. Réédition 2006 (Première édition 1984) ; notice bilingue (français / anglais) ; durée 45’19.

 

Arion

Autre membre de la – nombreuse – famille « l’Art de… » (elle en compte aujourd’hui quelque quarante-cinq) réédité par Arion : la harpe ancienne. Non pas le royal instrument à pédales du XIXe siècle, occasionnel invité de l’orchestre symphonique, mais celui d’origine vraisemblablement orientale qui, en Europe, apparaît dès le haut Moyen-Age, en Irlande, et qui devient quasi emblématique des musiques celtiques (et particulièrement dans les répertoires dits des « musiques du monde »).

Héritière directe, donc, de la harpe médiévale (diatonique), la harpe de type celtique, si elle connaît une certaine désaffection à l’époque Renaissance, au profit du luth et des instruments à clavier naissants, n’est pas pour autant reléguée aux oubliettes. Et même si n’abondent pas les pièces spécifiquement écrites pour l’instrument, la harpe joue sans inconvénient – sinon de timbre – (et cela jusqu’au XVIIIe siècle) une bonne partie du répertoire destiné au luth.

Il semble qu’on assiste actuellement à une volonté déclarée de réhabilitation de cet instrument aux sonorités charmeuses, trop longtemps cantonné dans le rôle anecdotique d’instrument de folklore. Ainsi en attestent, par exemple, les très beaux enregistrements d’Andrew Lawrence King (à qui fait souvent appel), consacrés à des compositeurs tels que , Asconia Maione, Sigismondo d’India ou Cabezon ; de même que les entreprises raffinées de Marion Fourquier avec son ensemble Poïesis.

Des pièces sélectionnées ici, variées, de style comme d’origine, émergent certains noms de compositeurs connus, tels Antonio de Cabezon, Tielman Susato, Pierre Attaignant ou… (anachronique dans ce cadre Renaissance) (pour l’un de ses célèbres Cantigas de Santa Maria) ; le plus grand nombre sont d’anonymes italiens, espagnols ou celtiques : irlandais ou bretons. La harpe s’y exprime le plus souvent en solo, avec un incontestable talent : Dominig Bouchaud est professeur de harpe celtique au conservatoire de Quimper. La flûte d’Hervé Barreau intervient cependant dans un bon tiers de ce répertoire (avec un engagement, une virtuosité tels qu’on se demande, par moment, si ce disque ne pourrait pas tout aussi bien s’intituler : l’art de la flûte à bec !) et les deux pièces de Susato ont recours à…la bombarde (instrument plus spécifiquement breton), là où on eût plus légitimement attendu une sonorité de cromorne ou mieux : de cornet (à bouquin).

On aura reconnu, au passage, le beau thème de Siciliana, retenu en son temps par Respighi, dans ses Adaptations de Danses et d’Airs anciens. Au final, nous avons là une sélection démonstrative de fort belle tenue, et plaisante à l’écoute, mais dans laquelle on peut, une fois de plus, regretter l’absence de pièces vocales ; l’accompagnement de la voix étant une des vocations premières de l’instrument.

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