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Thomas Dausgaard, un coup d’aspirateur

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°3 en mi bémol majeur op. 55 « Eroïca » ; 12 contredanses WoO14 ; Marche funéraire pour la musique de scène de « Leonore Prohaska » WoO96 ; Romance n°1 pour violon et orchestre op. 40, Romance n°2 pour violon et orchestre op. 50. Katarina Andreasson, violon ; Swedish Chamber Orchestra, direction : Thomas Dausgaard. 1 CD Simax. Référence PSC 1281. Enregistré en octobre 2002 au Concert Hall d’Örebro. Notice de présentation en anglais. TT : 71’34

 

Né en 1963, le chef d’orchestre effectue une belle carrière internationale. Directeur de l’, de l’Orchestre National du Danemark et invité des grandes formations mondiales, ce musicien passait jusqu’alors pour un bon chef mais auquel il manquait la flamme du charisme pour s’imposer parmi les baguettes les plus fascinantes du moment. Son legs discographique, assez imposant, n’était guère enthousiasmant en dehors de ses enregistrements de musique scandinave. Pour le label Simax, notre homme est en train d’enregistrer une intégrale symphonique de Beethoven qui additionnera judicieusement aux symphonies, les concertos, les ouvertures, les musiques de scènes et différentes pièces comme les Contredanses. Jusqu’à présent, ce cycle solide et intéressant peinait à s’imposer dans un contexte discographique aussi pléthorique que génial. Force est de constater que ce présent volume nous fait monter sur le podium des interprétations de la symphonie « Héroïque ».

campe un Beethoven léger, rapide, mais aussi incisif et pugnace. Tout apparaît dosé, millimétré jusque dans les moindres détails, mais cette didactique est parfaitement secondée par un élan musical renversant. En quelques mots, on peut dire que le chef d’orchestre combine les acquis des recherches interprétatives du mouvement baroque avec la manière de faire sonner l’orchestre des grands anciens. À l’inverse de nombre de ses collègues, notre homme évite de surligner à coup de marqueur les accords des cuivres et des percussions, et les phrasés et les lignes mélodiques apparaissent ainsi savamment fondus. La célèbre marche funèbre, à la fois pudique et profonde, est le mouvement le plus réussi de cette interprétation. Notre seul petit reproche ira à l’orchestre. Certes, cette jeune formation fondée en 1995, livre une prestation de haut vol, mais on regrette un manque de caractérisation des timbres et des cordes un peu acides.

Les compléments proposés s’avèrent d’une grande intelligence par rapport à l’œuvre de Beethoven. Les Contredanses WoO 14 de 1802 sont des pièces peu jouées et enregistrées qui prennent sous la battue du Dausgaard des accents tragiques. Le clou de ces compléments réside dans la superbe marche funèbre issue de la musique de scène Leonore Prohaska. D’un vrai impact et d’une grande économie de moyen, cette courte partition évoque déjà les grandes marches funèbres de la littérature musicale allemande du XIXe siècle. Les deux romances pour violon et orchestre viennent clore ce programme. , violon solo de l’orchestre, est une fine musicienne mais on est un peu peiné devant sa sonorité aigre assez peu flatteuse.

Pour une Symphonie n°3, aussi impériale qu’éclatante, ce disque mérite une oreille attentive qui prouve qu’un chef d’orchestre issu de la « tradition » à la tête d’un ensemble moderne a encore quelque chose d’innovant à nous dire dans ces chevaux de bataille du répertoire.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°3 en mi bémol majeur op. 55 « Eroïca » ; 12 contredanses WoO14 ; Marche funéraire pour la musique de scène de « Leonore Prohaska » WoO96 ; Romance n°1 pour violon et orchestre op. 40, Romance n°2 pour violon et orchestre op. 50. Katarina Andreasson, violon ; Swedish Chamber Orchestra, direction : Thomas Dausgaard. 1 CD Simax. Référence PSC 1281. Enregistré en octobre 2002 au Concert Hall d’Örebro. Notice de présentation en anglais. TT : 71’34

 
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