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Chostakovitch par Günther Herbig : à l’allemande

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°5 op. 47 et n°8 op. 65. Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken, direction : Günther Herbig. 2 CD Berlin Classics. Référence : 0017922 BC (symphonie n°5) et 0017932 BC (symphonie n°8). Enregistrés en février 2004 (symphonie n°5) et septembre 2005 (symphonie n°8) à Saarbrücken. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 50’23 (symphonie n°5) et 63’13 (symphonie n°8).

 

Dans l’école de direction germanique, ce sont essentiellement les chefs d’orchestres issus de l’ex-RDA qui se sont imposés comme des défenseurs de l’œuvre symphonique de . Cette lignée est dominée par le grand Kurt Sanderling qui eu la chance de côtoyer le compositeur lors de son émigration en Union Soviétique après la montée du nazisme. De retour dans l’Allemagne de l’Est, le grand musicien grava avec le Berliner Sinfonie-Orchester des versions historiques des plusieurs de ces symphonies (Berlin Classics). À l’écoute des différents témoignages des chefs d’orchestres allemands dans ces œuvres, on est frappé par l’affirmation d’une esthétique commune : les tempi sont plutôt lents, une grande importance est accordée à l’équilibre entre les lignes mélodiques alors que les dynamiques sont savamment dosées. On ne trouvera pas la hargne vengeresse d’un Mravinski, la démesure mystique d’un Bernstein ou la force tellurique d’un Kitaenko, mais les oreilles et l’esprit peuvent se satisfaire de ce Chostakovitch d’architecte soucieux d’édifier une cathédrale dramatique.

Après Kurt Sanderling, Kurt Masur, Claus-Peter Flor, Hartmut Haenchen, se lance dans la gravure d’un florilège de symphonies. Ce chef d’orchestre formé à l’école du rude et sévère Hermann Abendroth à Weimar connut son heure de gloire au début des années 1980 où, fréquemment invité par les orchestres américains, il fut nommé à la tête du Detroit Symphony Orchestra. Souvent invité par les orchestres belges et français, est aujourd’hui à la tête de l’orchestre de la radio de Saarbrücken avec lequel il effectue cette série d’enregistrements pour Berlin Classics.

La Symphonie n°8 est une très belle interprétation. Construite progressivement de manière lente et décantée, elle s’impose par sa gestion narrative d’une grande efficacité. Le chef d’orchestre réussit à rendre l’esprit implacable et mécanique des mouvements centraux tandis qu’il fait naître des couleurs désespérées dans le mouvement initial. L’orchestre livre une prestation technique de haut niveau en dépit d’une certaine neutralité des pupitres solistes. Le cas de la Symphonie n°5 est plus délicat. Certes, l’interprétation est contrôlée, brillante et conquérante, mais la gestion des tempi nous apparaît critiquable : les premier et deuxième mouvements sont trop lents : la sauce ne prend dès lors pas dans le Moderato, alors que l’Allegretto est avare d’ironie et de dérision. Le troisième mouvement est mieux venu : le tempo est convainquant mais le tout apparaît plutôt froid et extérieur. Le Finale, lui aussi trop lent, se révèle trop martial et il manque de souffle épique. En dépit de ces réserves, on attend avec intérêt le prochain volet de cette série d’enregistrements : la Symphonie n°7 « Leningrad ».

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°5 op. 47 et n°8 op. 65. Rundfunk-Sinfonieorchester Saarbrücken, direction : Günther Herbig. 2 CD Berlin Classics. Référence : 0017922 BC (symphonie n°5) et 0017932 BC (symphonie n°8). Enregistrés en février 2004 (symphonie n°5) et septembre 2005 (symphonie n°8) à Saarbrücken. Notice de présentation en allemand et anglais. Durée : 50’23 (symphonie n°5) et 63’13 (symphonie n°8).

 
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