Concerts, La Scène, Musique symphonique

Hymne à la joie et Chant du départ

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Liège. Salle Philharmonique. 24-VI-2006. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°9 en ré mineur, Op. 125. Charlotte Margiono, soprano, Angélique Noldus, mezzo, Shawn Mathey, ténor, Wojtek Drabowikz, basse. Chœur symphonique de Namur, (chef de chœur : Denis Menier), Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

Fête de la musique

Chaque année pour la Fête de la musique, l’Orchestre Philharmonique de Liège organise un grand concert gratuit. Le concert fut doublé cette année, à bon escient, car les places ont été écoulées en quelques jours seulement, l’événement étant d’importance, puisqu’il s’agissait du tout dernier concert de en tant que directeur musical de l’OPL.

Le choix de programmation s’est porté sur la Symphonie n°9 de Beethoven, un compositeur que a très souvent dirigé durant son séjour liégeois, notamment au cours d’un fameux festival en 2004, dont une des journées avait repris en entier le copieux programme de l’académie du 22 décembre 1808, au cours de laquelle avaient été créées les Symphonies n°5 et 6. Ce concert exceptionnel est resté parmi les nombreux grands moments des années Langrée. La neuvième de ce soir fera certainement elle aussi partie des grands souvenirs laissés par le chef français. Langrée attaque la symphonie bille en tête, exaltant les rudesses et les turbulences d’un premier mouvement orageux et dramatique. On admire le muscle et l’énergie de cette lecture, mais également sa finesse, le chef ne sacrifiant jamais à sa fougue les détails, les contre chants et l’articulation. Le Molto vivace est pris dans le même élan spontané et vital, et est couronné par un trio extrêmement souple et transparent, dans lequel les vents, aux sonorités très acérées, sont magnifiquement mis en avant. La réussite de l’Adagio est encore plus marquante : habité et lyrique, Langrée donne une émotion à fleur de peau à ce mouvement, mais ne tombe pas dans la complaisance, en choisissant, et en maintenant, un tempo assez allant. Le début du finale est un peu sec, mais l’entrée en lice des chanteurs et du chœur revigore chef et orchestre qui débordent d’énergie, de passion et de générosité dans un Hymne à la joie triomphal, coiffé par une coda à l’accélération irrésistible. Mis à part l’assez pâle , le quatuor de solistes est très en voix, surtout Wojtek Drabowikz, qui opte pour un ton opératique inattendu mais convaincant. Le Chœur symphonique de Namur fait également très bonne figure : puissant, homogène, jamais débraillé, son enthousiasme est très palpable.

On s’en doute, l’accueil du public est triomphal, et il se lève dès le début des applaudissements, pour la prestation du jour, mais aussi bien sûr pour remercier Louis Langrée de son magnifique passage à la direction musicale de l’OPL. Le séjour fut relativement bref, cinq ans, mais récompensé par de nombreux succès. Remise en confiance des musiciens, redéfinition de l’identité sonore de l’orchestre, programmation innovante, reprise des tournées (Espagne, Allemagne, Paris, Vienne, …), politique prestigieuse d’enregistrements, augmentation du nombre d’abonnements… Le bilan du tandem formé par Louis Langrée et par le directeur général Jean-Pierre Rousseau est impressionnant. Beaucoup de mélomanes liégeois auraient aimé que le directeur musical poursuive son travail encore quelques années, mais son départ n’est pas un adieu, car il reviendra dès la saison prochaine diriger l’OPL à plusieurs reprises pour un passage de témoin en douceur à son successeur Pascal Rophé.

A la sortie du concert était distribué gratuitement un très beau livre retraçant les années Langrée à Liège. Ce livre est rédigé par Jean-Pierre Rousseau. Il ne cache ni les problèmes qui ont pu se poser, ni la fierté que peut ressentir le directeur général pour avoir eu le nez si fin en recrutant un chef qu’il connaissait à l’époque assez peu. Respirant la franchise, l’admiration et l’amitié, ce livre, augmenté d’un DVD d’extraits de concerts, est un superbe cadeau de départ pour un chef qui a placé l’OPL parmi les orchestres les plus brillants d’Europe.

Crédit photographique : © Termine

 

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Liège. Salle Philharmonique. 24-VI-2006. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°9 en ré mineur, Op. 125. Charlotte Margiono, soprano, Angélique Noldus, mezzo, Shawn Mathey, ténor, Wojtek Drabowikz, basse. Chœur symphonique de Namur, (chef de chœur : Denis Menier), Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Louis Langrée.

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