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Horrues. Eglise Saint-Martin. 25-VI-2006. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour clarinette et piano en mi bémol majeur op. 120 n°2  ; Ernest Chausson (1855-1899) : Andante et Allegro pour clarinette et piano ; Karl Gottlieb Reissiger (1798-1859) : Duo brillant pour clarinette et piano op. 130. Jean-Luc Votano, clarinette ; Stéphanie Salmin, piano. Gioachino Rossini (1792-1868) : « Le femine d’Italia », extrait de l’Italiana in Algeri. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Non siate ritrosi » et « Donne mie la fate a tanti » extraits de Così fan Tutte ; « Un marito, Oh Dio, vorresti » extrait de la Finta Giardiniera ; « Ein Mädchen oder Weibchen » extrait de Die Zauberflöte. Pasquale Anfossi (1727-1797) : « A forza di martelli » et « Con un vezzo a l’italiana » extraits de la Finta Giardiniera. Pierrick Boisseau, baryton ; Gilles Nicolas, piano.

Eté Musical d’Horrues

Pour son concert de clôture, l’Eté musical d’Horrues proposait une Nuit des jeunes talents, copieusement composée de trois récitals de jeunes artistes aux programmes très contrastés. Dans notre compte-rendu, nous nous concentrerons sur les première et troisième parties de cette soirée.

Pour commencer la soirée, on retrouve Jean Luc Votano, le clarinettiste solo de l’Orchestre Philharmonique de Liège, qui avait ouvert le festival deux semaines plus tôt dans un programme Weber/Mozart, et qui est cette fois accompagné de la pianiste Stéphanie Salmin pour un récital de musique de chambre très intelligemment composé. Connaissant sa nature musicalement assez extravertie, on se demandait comment il ferait face aux exigences intimistes de la musique de chambre, surtout dans la très crépusculaire Sonate pour clarinette et piano n°2 de . Le résultat est tout à fait convaincant : le virtuose canalise son tempérament, joue les nuances et la finesse, et instaure un dialogue très équilibré avec sa partenaire, qui offre un jeu solide et puissant. Le duo rend bien la chaleur et l’émotion de cette page automnale et mélancolique, et obtient un son doux et caressant qui favorise la rêverie et l’apaisement. Œuvre plus théâtrale et plus virtuose, l’Andante et Allegro de Chausson permet à notre clarinettiste de faire l’étalage de sa musicalité souple et chantante, dans un son brillant, net et incisif.

Le Duo brillant de Karl Reissiger, Kapellmeister à Dresde de 1828 à 1859, est une pièce de parade, bien composée, agréable à entendre, mais sa substance est assez mince. Destiné à mettre en valeur les possibilités du virtuose et de son instrument, cette pièce atteint néanmoins son but, et constitue une belle fin de récital, sous les doigts d’un impressionnant d’aisance et de tenue de souffle.

Le dernier récital de la soirée nous permet de retrouver avec plaisir le jeune baryton , que nous avions découvert à Reims, interprétant le rôle de Nardo dans la Finta Giardiniera de . Les caractéristiques vocales de sont prometteuses : aigus aisés et éclatants, justesse, émission franche et bien dans le masque, chant souple et legato. La technique est excellente, et l’expressivité passe par les qualités du chant plutôt que par des effets théâtraux plus ou moins forcés. Nerveux au début, il expédie un peu trop promptement son premier air de Rossini, mais se montre très à l’aise dans Mozart, composant un Ferrando juvénile et solaire, et un Papageno assez subtil. Il termine par deux airs de la Finta Giardiniera d’Anfossi, qu’il maîtrise évidemment très bien, et dans lesquels on sent tout le travail théâtral qui fut effectué quelques mois auparavant. Seuls reproches à lui faire : un volume un peu confidentiel, alors que l’acoustique est pourtant assez flatteuse, et un programme très court, qu’on aurait volontiers vu quelque peu étoffé, mais qui constituait néanmoins une fort belle conclusion au XIVe Eté musical d’Horrues.

Crédit photographique : © DR

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Horrues. Eglise Saint-Martin. 25-VI-2006. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate pour clarinette et piano en mi bémol majeur op. 120 n°2  ; Ernest Chausson (1855-1899) : Andante et Allegro pour clarinette et piano ; Karl Gottlieb Reissiger (1798-1859) : Duo brillant pour clarinette et piano op. 130. Jean-Luc Votano, clarinette ; Stéphanie Salmin, piano. Gioachino Rossini (1792-1868) : « Le femine d’Italia », extrait de l’Italiana in Algeri. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Non siate ritrosi » et « Donne mie la fate a tanti » extraits de Così fan Tutte ; « Un marito, Oh Dio, vorresti » extrait de la Finta Giardiniera ; « Ein Mädchen oder Weibchen » extrait de Die Zauberflöte. Pasquale Anfossi (1727-1797) : « A forza di martelli » et « Con un vezzo a l’italiana » extraits de la Finta Giardiniera. Pierrick Boisseau, baryton ; Gilles Nicolas, piano.

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