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André Chénier ou la Révolution Française fantasmée

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Umberto Giordano (1867-1948) Andrea Chénier. Mise en scène, décors et costumes : Giancarlo Del Monaco. Chorégraphie : Astrid Ascarelli. Lumières : Wolfgang von Zoubeck. Avec : José Cura, Andrea Chénier ; Maria Guleghina, Maddalena di Coigny ; Carlo Guelfi, Carlo Gérard ; Giacinta Nicotra, Bersi ; Cinzia De Mola, la contessa di Coigny ; Annie Vavrille, Madelon ; Carlo Cigni, Roucher ; Armando Ariostini, il romanziero ; Giuseppe Guidi, Fouquier-Tinville ; Mario Bellanova, Mathieu ; Pierre Lefèbre, un incroyable. Chœur du Teatro Comunale de Bologne (chef des chœurs : Marcel Seminara) Orchestre du Teatro Comunale de Bologne, direction : Carlo Rizzi. Réalisation : Paola Lombardo. En registré en janvier 2006 au Teatro Comunale de Bologne. Sous-titrage en anglais, allemand, français, italien, espagnol. 1 DVD TDK référence DWWW-OPACH. Zone 0. 123 minutes.

 

Les parutions vont vite : voici qu’en juillet, TDK nous propose un DVD d’Andrea Chénier de janvier 2006 à Bologne ! Les occasions de voir cet opéra sont bien rares, question de mode, question de voix, aussi nous ne bouderons pas notre plaisir, d’autant plus que les deux protagonistes sont parmi les plus adéquats du moment pour cette œuvre. Deux interprètes d’ailleurs souvent décriés, parfois traités de » grosses voix sans nuances » de nouveau, c’est une question de mode, et puis, ils ne s’aventurent pas dans la mignardise baroquisante, et parfois traités de « petites pointures » en comparaison avec les titulaires de ces rôles dans les années 50/60. Là, il faut bien avouer que n’est pas , ni l’autre Maria, Callas. Est-ce une raison pour leur en vouloir d’interpréter des œuvres dites « véristes » ? Ne devrait-on ne plus jamais les représenter, faute de retrouver les voix d’un certain âge d’or ?

possède, il est vrai, une émission vraiment peu orthodoxe, et l’usure – audible – des moyens, la rend plus bizarre encore. Mais il possède encore une espèce de magnétisme animal dans la présence, une urgence dans le chant, qui donne une classe certaine à son poète guillotiné. Reste à savoir ce qu’il donnait vraiment sur scène. Il y a eu dans l’histoire du chant de bien pires hurleuses que , qui est tout à fait capable de maîtriser sa voix, et dont le timbre est agréable. Un couple crédible pour ce répertoire, en somme, même s’il n’atteint pas les sommets. Nous sommes hélas bien loin du compte avec le Gérard de Carlo Guelfi, tout simplement incolore, ordinaire et sans noblesse. Les comprimari sont en revanche dans l’ensemble bien choisis et parfaitement en situation (formidable Madelon d’, Bersi facile de Giacinta Nicotra).

Que dire de la production ? Il s’agit en fait d’une vision de la Révolution Française, revue au prisme d’un metteur en scène (, fils d’un célébrissime titulaire du rôle-titre) qui a certes appris dans les livres de quoi il s’agissait, mais qui la fantasme plus qu’il ne l’a vécue dans l’histoire de ses ancêtres. Un hiatus culturel. Les costumes sont hideux et pas franchement seyants, il ne manque pas un seul bonnet phrygien à l’appel, mais ils ressemblent à des chapeaux de schtroumfs teints en rouge, la livrée de Carlo Gérard au premier acte est à hurler d’horreur, et on a peine à imaginer Bersi se promener dans les rues de Paris dans de tels oripeaux, même pour vendre ses charmes ! Pourtant, la façon dont sont présentés les aristocrates est assez fascinante : décadents, poudrés et maquillés jusqu’à ressembler à des Pierrots. Simplement, l’idée manque de beauté intrinsèque, bien loin de la généralissime Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Les décors, pas franchement plus jolis, nous proposent une statue de Marat dans sa baignoire en plein milieu de la place publique, et les mouvements de foule ne peuvent se faire qu’avec de nombreuses têtes au bout de piquets, des Marianne courent à droite à gauche en agitant des drapeaux bleu blanc rouges, des chariots bondés d’aristocrates se dirigeant vers la guillotine occupent le fond de scène la plupart du temps ! Bref, on enfonce le clou, et cela sans le moindre soupçon d’élégance. Dommage, il manquait si peu de choses !

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Umberto Giordano (1867-1948) Andrea Chénier. Mise en scène, décors et costumes : Giancarlo Del Monaco. Chorégraphie : Astrid Ascarelli. Lumières : Wolfgang von Zoubeck. Avec : José Cura, Andrea Chénier ; Maria Guleghina, Maddalena di Coigny ; Carlo Guelfi, Carlo Gérard ; Giacinta Nicotra, Bersi ; Cinzia De Mola, la contessa di Coigny ; Annie Vavrille, Madelon ; Carlo Cigni, Roucher ; Armando Ariostini, il romanziero ; Giuseppe Guidi, Fouquier-Tinville ; Mario Bellanova, Mathieu ; Pierre Lefèbre, un incroyable. Chœur du Teatro Comunale de Bologne (chef des chœurs : Marcel Seminara) Orchestre du Teatro Comunale de Bologne, direction : Carlo Rizzi. Réalisation : Paola Lombardo. En registré en janvier 2006 au Teatro Comunale de Bologne. Sous-titrage en anglais, allemand, français, italien, espagnol. 1 DVD TDK référence DWWW-OPACH. Zone 0. 123 minutes.

 
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