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Silly. Eglise de la Vierge Marie. 25-VIII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Divertimento pour violon, alto et violoncelle en mi bémol majeur KV563. Johannes Brahms (1833-1897) Sextuor à cordes en sol majeur op. 36. Trio Corleone : Lorenzo Gatto : violon ; Dimitri Murrath : alto ; Jeanne Maisonhaute : violoncelle. Marco Rizzi, violon ; Matthias Buchholz, alto ; François Guye, violoncelle.

Rencontres Musicales Internationales d’Enghien

Pour ce concert organisé dans l’église de Silly, les Rencontres musicales internationales d’Enghien avaient le plaisir d’accueillir , un de leurs anciens élèves, qui avait suivi les master classes de Viktor Pikayzen et de . A cette occasion, le jeune violoniste avait abordé la musique de chambre pour la première fois. Depuis lors, sa carrière de concertiste a débuté, il a participé à plusieurs concours, remportant le Concours international Andrea Postacchini en 2003, et l’International Violin Competition de Manchester en 2005, et il a développé son activité de chambriste, marquée par la création avec Dimitri Murath et Jeanne Maisonhaute du Trio Corleone.

Le Trio Corleone jouait en première partie de ce concert la plus grande œuvre du répertoire pour trio à cordes : le Divertimento KV563 de Mozart. Composé en 1789, ce trio est dédié à Puchberg, riche marchand viennois, frère maçon de Mozart, et son soutien financier le plus constant. Mozart reprend dans ce trio la structure traditionnelle du divertimento galant, en six parties, dont deux menuets et deux mouvements lents, mais il transcende ce cadre déjà suranné à l’époque de la composition en écrivant une musique fraternelle et rayonnante, aux développements ambitieux, et à l’expressivité généreuse.

Le Trio Corleone donne de ce chef d’œuvre une lecture sérieuse et appliquée, très mûre, et d’une grande hauteur de vue. La sonorité de l’ensemble est douce, ronde et pleine, et l’équilibre instrumental est très finement dosé. Dans cette œuvre si longue et si développée, et malgré de petits problèmes d’éclairage, ils réalisent un presque sans faute, avec un premier mouvement serein et grave, dans lequel ils installent un climat chambriste, fait d’intimité et de chaleur, dès la première note. Le mouvement suivant, un long Adagio tour à tour mélancolique et orageux, est moins heureux : on y remarque quelques problèmes passagers de justesse, et les interprètes y sont sur la réserve, leur chant trop timide semblant sonner un peu « court ». La suite n’appelle que des éloges : deux Menuets menés avec beaucoup d’esprit et une distinction très aristocratique, un Andante à variations très subtil, et un mouvement final plein d’énergie, d’optimisme et de couleurs. Par sa maîtrise technique, la hauteur de son inspiration, la beauté des sonorités déployées, et la complicité qui unit ses membres, le Trio Corleone réalise dans ce Divertimento une prestation de haute volée, digne du chef d’œuvre interprété.

En seconde partie, les Corleone se mêlent aux professeurs des Rencontres musicales, Marco Rizzi, Matthias Buchholz et François Guye pour le Sextuor n°2 de Brahms. L’ensemble ainsi constitué impressionne par sa cohésion, et donne de ce sextuor, dans des tempi modérés, une interprétation rayonnante et équilibrée, au ton impérieux, privilégiant la netteté du trait et la clarté de la polyphonie. Comme dans Mozart, la beauté des sonorités, chaleureuses et éclatantes, est admirable, et le confort d’écoute est maximal. N’oublions pas de souligner l’excellente acoustique de l’Eglise de Silly, qui a indéniablement sa part dans la réussite de ce concert, très justement salué par un public ravi et connaisseur.

Les Rencontres musicales internationales d’Enghien étaient endeuillées quelques jours plus tard par le meurtre à Bruxelles du pianiste Benjamin Rawitz, qui revenait d’un concert à Enghien. Son corps a été retrouvé dans la cave de son immeuble. Il semble qu’il a été tué afin de faciliter le vol de sa voiture.

Crédit photographique : © Rencontres musicales internationales d’Enghien 2006

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Silly. Eglise de la Vierge Marie. 25-VIII-2006. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Divertimento pour violon, alto et violoncelle en mi bémol majeur KV563. Johannes Brahms (1833-1897) Sextuor à cordes en sol majeur op. 36. Trio Corleone : Lorenzo Gatto : violon ; Dimitri Murrath : alto ; Jeanne Maisonhaute : violoncelle. Marco Rizzi, violon ; Matthias Buchholz, alto ; François Guye, violoncelle.

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