Liszt par Claudio Arrau

À emporter, CD, Musique symphonique

Franz Liszt (1811-1886) : Concertos pour piano et orchestre n°1& 2 ; Trois études de concert. Claudio Arrau, piano. London Symphony Orchestra, direction : Colin Davis. 1 CD Philips, série éloquence. Réf. : 456 563-2. Enregistré à Londres en décembre 1979. ADD. Brève notice en anglais. Durée : 65’44.

 

Via sa collection Eloquence, le label Universal nous propose ici de (re)découvrir les concertos de Liszt sous les doigts de . Issu du catalogue Philips, cet enregistrement nous rappelle toutes les qualités d’un pianiste ayant développé de fortes affinités avec le répertoire de tout au long d’une carrière résolument exceptionnelle. Fort de ses premiers récitals donnés dès l’âge de cinq ans, Arrau décrochera une bourse qui lui permettra d’étudier à Berlin avec Martin Krause, lui-même ancien élève de Liszt. Krause lui enseignera alors la nature du discours lisztien, qu’Arrau distillera pendant près d’un demi-siècle à travers une impressionnante discographie. Le Concerto n°1 qui ouvre ce disque est ainsi le cinquième porté au disque par le pianiste. Un jeu musclé, engagé pourrait définir cette prestation, mais l’on ne trouvera ici aucun effet convenu, aucune volonté de faire dans le «spectaculaire». Derrière ce toucher imposant, l’auditeur ressent en effet nettement la sérénité d’un discours musical à l’apogée de sa maturité. Chaque phrasé est ainsi développé avec une grande intelligence, arpèges et trilles n’étant plus de simples ornements mais bien partie intégrante du discours du musicien.

Il est dommage que le pianiste n’ait pas été mieux entouré pour graver ce disque. En effet, paraît tristement inspiré et la palette de couleurs développée par la phalange londonienne se révèle bien terne. Les interventions de l’orchestre dans ce premier concerto sont quelquefois d’une lourdeur pachydermique. La prise de son n’arrange rien, reléguant systématiquement l’orchestre au second plan, dans une œuvre où le dialogue avec l’orchestre mérite autant d’attention que les parties virtuoses. Les dynamiques souffrent également d’un grand manque de contraste, réduisant encore la portée du discours musical. Le second concerto se porte mieux, où Arrau soutient notamment un très beau solo de violoncelle. Pour percevoir une osmose parfaite entre le piano et l’orchestre, le mélomane pourra par exemple comparer ce disque avec la version gravée par Jean-Yves Thibaudet et Charles Dutoit chez Decca. Ce disque offre en effet une grande qualité autant en ce qui concerne les maîtres d’œuvres qu’au niveau technique.

Ce disque se ferme avec les Trois études de concert. Ces trois pièces élégantes datant de 1848 ont été publiées en France avec l’annotation : «Caprices poétiques». saura convaincre chacun d’entre-nous de l’évidence de cette description.

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