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Soirée de réouverture de la Salle Pleyel : Résurrection !

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Paris, Salle Pleyel. 14-IX-2006. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 en ut mineur « Résurrection ». Simona Šaturová, soprano ; Mihoko Fujimura, alto. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture & Geoffroy Jourdain), Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach

Retour à la maison pour l’. Après 4 ans d’exil dans l’inapproprié Théâtre Mogador, « l’orchestre-capitale » revient chez lui avec une partition on ne peut plus symbolique : la Symphonie « Résurrection ». Au-delà de son titre évocateur, cette œuvre avait été créée il y a presque un siècle à Paris dans l’indifférence, sinon l’indignation du milieu musical de l’époque, menée par Debussy qui la comparait à une réclame publicitaire pour les pneus Michelin [« Ouvrons l’œil (et fermons l’oreille)… Le goût français n’admettra jamais ces géants pneumatiques à d’autre honneur que de servir de réclame à Bibendum »]. Belle revanche de l’histoire pour la réouverture de la mythique Salle Pleyel.

Eschenbach devant un évènement d’une telle ampleur dirige la « Résurrection » en Technicolor : du beau son, clinquant, très « tape-à-l’œil », grandiloquent et majestueux, mais toujours très décousu, sans homogénéité du discours. La partition est elle-même un vaste kaléidoscope d’idées mélodiques et harmoniques qui se chevauchent, fallait-il en rajouter dans ce fouillis, au risque que l’auditeur ne se perde ? Malgré les deux premiers mouvements décousus et un Scherzo finalement assez peu fantasque, l’ reste d’une grande tenue (d’ailleurs à propos de tenues, fini les queues-de-pie : les musiciens ont un costume dessiné par Jean-Louis Scherrer), et confirme ses qualités que tout un chacun peut retrouver dans les dernières sorties discographiques de l’ensemble. Il est surmonté en cela d’un chœur qui rassemble les suffrages et dont la qualité va crescendo à chaque concert. Les solistes sont aussi à la hauteur de l’évènement, à commencer par , Brangaene d’exception (à deux reprises en disque : la version CD avec Placido Domingo et la captation DVD du Grand-Théâtre de Genève) et Fricka fort remarquée lors du Ring donné au Châtelet la saison passée. Notons aussi le remplacement de Barbara Bonney par la jeune et talentueuse .

Mais la mariée ne serait pas aussi belle sans l’acoustique de la nouvelle salle. Elément on ne peut plus subjectif (souvenez-vous à quel point celle de Bastille avait suscité comme commentaires contradictoires), la comparaison avec l’ancienne Pleyel est inévitable. Fini les chœurs inaudibles, les basses surgonflées et les cuivres et percussions qui masquent le tout : le travail du cabinet Artec est remarquable. La perception est des plus fines, avec juste ce qu’il faut de réverbération pour éviter une écoute trop analytique qui se perdrait dans les détails.

Les 13 et 14 septembre 2006 auront été des soirées majeures de la vie musicale parisienne à un niveau historique. Souhaitons que cet évènement ne soit que le début d’une longue série de concerts mémorables.

Crédit photographique : © Beethovenfest Bonn 2006

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Paris, Salle Pleyel. 14-IX-2006. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°2 en ut mineur « Résurrection ». Simona Šaturová, soprano ; Mihoko Fujimura, alto. Chœur de l’Orchestre de Paris (chefs de chœur : Didier Bouture & Geoffroy Jourdain), Orchestre de Paris, direction : Christoph Eschenbach

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