Concerts, La Scène, Musique symphonique

A la mémoire d’Armin Jordan

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Liège. Salle Philharmonique. 23-IX-2006. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en ut dièse mineur. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

Concert d’ouverture de l’OPL

Ce concert de rentrée de l’Orchestre Philharmonique de Liège est d’abord un hommage à , décédé cette semaine, et qui fut depuis l’arrivée de Jean-Pierre Rousseau comme directeur général, l’un des chefs invités les plus réguliers et les plus appréciés de l’OPL. ResMusica a eu la chance de pouvoir suivre trois de ces programmes (à lire ici, ici et ici), qui furent des moments inoubliables.

Ce concert est également, événement plus heureux, celui des débuts de en tant que directeur musical de l’OPL. Ayant dirigé l’orchestre liégeois à de nombreuses reprises ces dernières années, n’est un inconnu ni pour l’orchestre ni pour le public, mais il est évident qu’un concert de prise de fonction est une occasion particulière, et on sent le nouveau chef de l’OPL assuré, mais aussi un peu nerveux, ce qui se traduit dans sa démarche, mais aussi dans sa battue, qu’on a déjà vue plus fluide.

Pour cette ouverture, s’est fait plaisir, et a fait plaisir au public, en choisissant la Symphonie n°5 de Mahler. (NDLR : nous avons assisté au concert du samedi. Le « vrai » concert d’ouverture se donnait deux jours plus tôt, et comprenait en prime les Sieben frühe Lieder d’Alban Berg).

L’OPL et son chef livrent une Symphonie n°5 de Mahler de bon niveau, dont on retiendra un premier mouvement très creusé, assez lent, mais puissant, exalté et expressif, et dont la mise en place excellente permet de percevoir beaucoup de subtilités dans le jeu des cordes. Le Stürmisch bewegt est par contre trop retenu et trop contrôlé, pas assez cinglant. Le chef ne parvient à libérer l’énergie de l’orchestre, et le mouvement manque du caractère et de la véhémence réclamés par Mahler. Le troisième mouvement, Scherzo, retrouve une inspiration généreuse et gaillarde : le cor solo, Bruce Richards, fait forte impression, les différents épisodes, Valse et Trios, sont bien caractérisés, et on admire tout particulièrement la précision du jeu des cordes dans les nombreux passages en pizzicato et la très belle tenue des cuivres. Les cordes se distinguent encore dans un Adagietto plein d’une émotion douloureuse mais sobre, idéalement respiré, aux phrasés poignants et aux variations dynamiques finement rendues. Il est dommage qu’après cet intense mouvement lent, le Finale fasse retomber la tension : l’orchestre manque d’assise et de densité, et semble fourbu. Chef et orchestre sont plus brutaux, moins précis, et ce mouvement final, s’il ne manque pas de grandeur ni d’enthousiasme, donne une impression de boursouflure et de décousu.

On reste donc un peu sur sa faim avec ce concert inégal, mais qui peut néanmoins faire espérer, en des occasions moins chargées émotionnellement, de très belles choses dans un avenir proche de la part du nouveau couple Rophé-OPL.

Crédit photographique : © Katie Vandyck

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Liège. Salle Philharmonique. 23-IX-2006. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en ut dièse mineur. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

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