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Raúl Giménez, le ténor belcantiste

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Gaetano Donizetti (1797-1848) ; Vincenzo Bellini (1801-1835) : Airs. Raúl Giménez, ténor. Scottish Chamber Orchestra, The Scottish Philharmonic Singers, direction : Michelangelo Veltri. 1 CD Nimbus Records Réf NI 5224. Enregistrement réalisé au City Hall, Glasgow, entre DU 17 AU 20. VIII. 1989. Notice : Anglais. Livret : Italien et Allemand. Durée 69’44.

 

Ce récital, paru peu avant celui qu’il a consacré à Mozart, montre Raul Giménez dans son répertoire prédilection, à savoir le bel canto. Ici, sa voix splendide se déploie dans tout son éclat, car c’est dans les longues lignes vocales de Bellini et Donizetti que son timbre chatoie le plus et que sa musicalité devient la plus évidente.

Les airs lents et élégiaques conviennent merveilleusement à sa voix. Son « A te o cara » des Puritani est une merveille, tout comme son « Una furtiva lagrima » qui tire les larmes aux yeux. Pourtant, il était bien impossible de chanter Donizetti sans passer par l’incontournable et sensationnel air de Tonio de La Fille du Régiment. Et ici, chose rare, les contre-uts (superbement lancés et timbrés) semblent ne pas être la seule préoccupation de notre ténor. Seul son français n’est pas parfait. Mais, avouons-le, son accent argentin, loin d’être gênant, en fait un « latin lover » au bagout très appréciable.

Seule ombre au tableau, les partenaires de Raul Giménez sont loin d’être à sa hauteur. La soprano Sally Cooper Dyson surtout, car, en plus de posséder un timbre peu séduisant, elle fatigue l’oreille avec son vibrato envahissant. Le baryton Franck Carroll est acceptable, mais est loin du raffinement vocal du ténor qui cisèle chacun de ses airs comme une œuvre d’art.

L’orchestre, le , est superbe, doté d’une sonorité à la fois puissante et délicate. Les pupitres, en outre, sont merveilleusement équilibrés et offrent un soutien infaillible au soliste, tout comme le chef, le regretté Michelangelo Veltri, dont on sent qu’il connaît ce répertoire comme sa poche.

Quant au chœur, les Scottish Philharmonic Singers, il semble bien fourni et offre, à chacune de ses interventions, sa puissance et la beauté de ses timbres.

En somme, ce disque est un petit bijou qui offre, au connaisseur comme au novice, à entendre les plus beaux airs que Bellini et Donizetti ont écrits pour la voix de ténor. Et, qui plus est, ces airs, Raul Giménez les chante avec la grâce et l’évidence de celui dont on dirait qu’ils ont été, tout simplement, écrits pour lui.

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