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Bernard Fabre-Garrus (1944-2006), chef de choeur

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Le 19 août dernier, suite à un malaise cardiaque, s’éteignait brutalement , chef de chœur et fondateur du célèbre ensemble A Sei Voci.

Violoncelliste de formation, il fait ses premiers pas musicaux au Conservatoire de Marseille en étudiant dès l’age de 7 ans le piano. Alors qu’il n’a que 14 ans, à l’occasion d’un concert de Pablo Casals au Festival de Prades, il est pris d’un coup de foudre pour le violoncelle. Quoiqu’il en soit le démon de la musique s’est emparé de lui, le mal est fait, irrémédiablement.

S’en suit une scolarité musicale habituelle (CNR puis CNSM de Paris) dans cette France qui ouvre les yeux sur la redécouverte des instruments baroques (Harnoncourt n’était qu’au tout début de son formidable travail). Le virus du chant s’installe à son tour, supplantant le violoncelle.

Au début des années 70, entre dans le chœur de Radio-France. Il y noue plusieurs amitiés solides, dont Rachid Safir, avec lequel il crée en 1977 A Sei Voci, ensemble a capella voué aux répertoires Renaissance et Baroque. La démarche à l’époque est révolutionnaire : alors que l’interprétation instrumentale des musiques du Moyen-âge au XVIIIe bénéficiait de plusieurs démarches de recherche musicologique (René Clemencic, la famille Kuijken, Jordi Savall, …), pas grand-chose n’était fait pour la musique vocale. Les jeunes loups d’A Sei Voci ambitionnaient de puiser aux sources écrites des joyaux de la polyphonie des XVe et XVIe siècles pour les reconstituer, en alliant à l’élément sonore le visuel et le littéraire.

Après plusieurs succès tant au disque qu’au concert, Bernard Fabre-Garrus réorganise A Sei Voci dans la configuration que nous lui connaissons actuellement : 6 voix, dont une soprano pour faire les parties de dessus. Curieux de découvertes, il hisse rapidement son nouvel ensemble – établi à Sablé-sur-Sarthe – à une renommée internationale, couronnée dès 1994 par une récompense aux Victoires de la Musique Classique. Plusieurs compositeurs voient ainsi leurs noms revenir à l’affiche, après une disparition de plusieurs siècles : Pier-Paolo Bencini, Niccolo Jomelli, Stefano Fabri, Bartolomeo de Escobedo, Louis Bachelier, Maurizio Cazzati, Claude d’Helfer, … Sans oublier les « classiques », parmi lesques Josquin Des Prez et Claudio Monteverdi avaient une place de choix. La création contemporaine n’était pas ignorée, loin de là, puisqu’A Sei Voci avait passé commande à Michel Decoust, Guy Reibel, Thierry Escaich, Laurent Cuniot ou Jean-François Zygel, compositeurs d’esthétiques assez éloignées, prouvant l’éclectisme musical de son fondateur. Tout cela sans se départir des ambitions d’origine : recréer l’esprit des spectacles musicaux alliant les arts lors de la Renaissance.

Une messe en son honneur sera célébrée vendredi 20 octobre 2006 en l’église Saint-Eustache à Paris.

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