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L’excellence de Christian Arming à Liège

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 12-X-2006. Leoš Janáček (1854-1928) : Tarass Bulba. De La Maison des morts, suite d’orchestre. Wolfgang Rihm (né en 1952) : Gesunge Zeit, pour violon et orchestre. Johannes Brahms (1833-1897) : Ouverture Tragique op. 81. Renaud Capuçon, violon. Orchestre Philharmonique de Liège, direction: Christian Arming

Orchestre Philharmonique de Liège

Pour ce deuxième concert de sa résidence annuelle au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, l’Orchestre Philharmonique de Liège (OPL) se présentait avec un programme cohérent, équilibré et intelligent. On remerciera des professeurs d’avoir amené leurs élèves de l’enseignement secondaire grossir la toujours faible audience des concerts de la phalange liégeoise à Bruxelles.

L’affiche proposait l’une des étoiles montantes de la direction d’orchestre autrichienne : . Agé de seulement 35 ans, élève de à Vienne puis assistant de Seiji Ozawa à Boston, ce chef d’orchestre est l’actuel directeur du Nouvel Orchestre Philharmonique de Japon, et l’auteur d’un intéressant disque Janacek pour le label Arte Nova. C’est donc avec grand intérêt que l’on attendait sa confrontation avec les deux pièces de ce compositeur au programme de ce soir. Jouée en ouverture de programme, la rhapsodie Tarass Bulba est superbe de maîtrise et de cohésion instrumentale. Cependant on aurait aimé plus de drame, de passion et de tension dans cette interprétation techniquement superlative.

Le concert se terminait avec la suite tirée de l’opéra De La Maison des morts de . Arrangée entre 1927-28 par le chef d’orchestre Frantisek Jilek, cette pièce met en valeur le brio de l’orchestration du compositeur. Dans des tempi relativement modérés, Arming campe un Janacek lumineux mais tendu.

Le choc des extrêmes composait le cœur de ce programme. À Tarass Bulba succédait Gesungene Zeit (Temps chanté) pour violon et orchestre de . Ecrite suite à une commande commune de la violoniste Anne-Sophie Mutter et du mécène et chef d’orchestre Paul Sacher, cette partition présente un dialogue entre un orchestre fort réduit et un violon solo se limitant à répéter quelques notes dans l’aigus. Visiblement fasciné par le temps, le compositeur prend un malin plaisir à perturber l’auditeur en le conduisant dans un espace temporel où aucun repère ne permet à l’auditeur de s’accrocher. Les vingt-cinq minutes de la pièce semblent interminables en dépit de l’engagement des artistes. La seconde partie s’ouvrait par une lecture intense et décantée de l’Ouverture Tragique de Brahms.

Tout au long de ce concert, l’OPL a fait preuve d’une écoute mutuelle et d’un engagement total. Les musiciens visiblement galvanisés par la battue de Arming se mettent particulièrement en valeur à l’image de pupitres de vents très en verve.

Crédit photographique : © DR

 

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 12-X-2006. Leoš Janáček (1854-1928) : Tarass Bulba. De La Maison des morts, suite d’orchestre. Wolfgang Rihm (né en 1952) : Gesunge Zeit, pour violon et orchestre. Johannes Brahms (1833-1897) : Ouverture Tragique op. 81. Renaud Capuçon, violon. Orchestre Philharmonique de Liège, direction: Christian Arming

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