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Franz Ignaz Beck : petit-maître, pas étalon

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Franz Ignaz Beck (1734-1809) : Symphonies n° 1 à 3 op. 4 ; L’Isle déserte, ouverture. La Stagione Frankfurt, direction : Michael Schneider. 1 SACD CPO 777 033-2. Enregistré du 18 au 20 octobre 2005. 5. 1 compatible stéréo. Texte de présentation (intéressant mais partisan de Michael Schneider) en allemand, anglais et français. Durée : 65’43’’.

 

Michael Schneider poursuit avec ce troisième disque son exploration des symphonies , compositeur né à Mannheim, élève de Johann Stamitz, puis chef d’orchestre des opéras de Marseille et Bordeaux. Tout à son zèle prosélyte, Schneider comparait, dans un précédent volume, Beck à Haydn, ce qui est excessif ; voilà aujourd’hui qu’il en fait le précurseur de Beethoven, c’est franchement ridicule. D’abord parce qu’il aurait fallu pour cela que Beethoven l’ait connu, ou du moins ait entendu sa musique, ce qui est douteux, d’autre part parce qu’on voit mal ce qui, dans cette musique gentillette, pourrait annoncer de quelque manière que ce soit celle de Beethoven. Et puis, laissons Haydn et Beethoven, Mozart, Stamitz et les autres où ils sont, cette manie du comparatisme mal compris est absurde : pourquoi voudrait-on à tout prix que tel auteur « annonce » tel autre ? C’est bien mettre en lumière ce qui, sans doute, gêne par ailleurs le chef dans son entreprise : la musique d’Ignaz Beck est agréable, semblable à celle de tant de petits-maîtres de l’époque, et n’a, c’est un fait, d’autre intérêt qu’historique. On reste très loin, dans ces œuvrettes dont la plus longue dépasse à peine les vingt minutes et donne pourtant l’impression de se délayer à l’infini, du talent de Haydn ou, côté français, de Gossec.

De plus, l’interprétation, soignée mais excessivement fébrile et râpeuse de l’orchestre, n’est peut-être pas la meilleure façon de défendre le projet. Prises à la hussarde, avec des oppositions de nuances brutales et des sonorités rudes et sans charme, ces œuvres n’en apparaissent que plus mécaniques et stéréotypées. Seule l’ouverture pour l’Isle déserte, postérieure d’une douzaine d’années, échappe partiellement à ce vide par un dramatisme plus marqué et quelques beaux effets des bois. C’est peu.

Il y a une dizaine d’année, Nicholas Ward et le Northern Chamber Orchestra avaient enregistré une anthologie de cinq symphonies de Beck pour Naxos. L’interprétation est certes traditionnelle mais, plus souple, plus nuancée et plus chantante – tout simplement plus belle -, elle donne sans doute davantage de substance aux œuvres, qui, au moins, y gagnent un charme certain. À prix économique, mieux vaut rechercher ce disque pour découvrir le compositeur, et même en rester là.

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Franz Ignaz Beck (1734-1809) : Symphonies n° 1 à 3 op. 4 ; L’Isle déserte, ouverture. La Stagione Frankfurt, direction : Michael Schneider. 1 SACD CPO 777 033-2. Enregistré du 18 au 20 octobre 2005. 5. 1 compatible stéréo. Texte de présentation (intéressant mais partisan de Michael Schneider) en allemand, anglais et français. Durée : 65’43’’.

 
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