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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 15 en la majeur op. 141 (réduction pour deux pianos du compositeur) ; Concertino pour deux pianos op. 94. Philippe Entremont & Laura Mikkola, pianos. 1 CD Cascavelle VEL 3102. Enregistré à l’église Saint-Marcel, Paris, du 16 au 19 janvier 2006. Notice trilingue (français, allemand, anglais). Durée : 48’05’’

 

L’économie de moyens retenue par pour l’écriture de sa Symphonie n° 15 (1971) constitue un bon présage pour le projet d’une réduction pour deux pianos qu’entreprit le compositeur lui-même. Comme très souvent dans l’histoire de la musique ce type de travail consiste avant tout à porter à la connaissance du (ou d’un) public une musique plus accessible au plan de la réalisation. Et, plus précisément dans le cas qui nous intéresse la symphonie devait être soumise à l’Union des compositeurs de Moscou afin de recevoir l’autorisation officielle qui lui permettrait d’être proposée au public russe dans sa forme orchestrale.

L’honneur de la création revint à Maxim Chostakovitch, fils du compositeur, à la tête de l’Orchestre de la Radio Soviétique, dans la grande salle du Conservatoire de Moscou, le 9 août 1972. Les qualités et les défauts répertoriés à propos de la partition symphonique se retrouvent dans la présente réduction. Qu’il s’agisse de la proximité forcée d’une tonalité pure et de sections dodécaphoniques, de certaines banalités jouxtant des passages plus inspirés, d’un manque parfois criant de caractère associé à des citations textuelles de créateurs célèbres comme Rossini (Guillaume Tell) ou Wagner (Crépuscule des Dieux)… autant de choix créateurs pouvant, partiellement au moins, rendre compte de la relative désaffection enregistrée par cette dernière symphonie, élaborée par un compositeur usé, désabusé et en tout point plus marqué que ne le laisserait simplement penser son âge réel (65 ans). Les ambiguïtés de l’œuvre trouvèrent malgré tout leurs thuriféraires et plus encore leurs détracteurs. Chostakovitch malade, asthénique et abattu écrivit à cette époque : « Je ne devrais sans doute plus composer. Mais je ne peux vivre sans composer… »

Cette version pour deux pianos (créée par Boris Tchaïkovski et Moïse Vainberg dans les circonstances évoquées supra) on nous propose une très belle et solide réalisation confiée aux deux excellents interprètes que sont (né en 1934) et la finlandaise (née en 1974). Le programme reçoit comme complément le Concertino pour deux pianos composé en 1953 à l’intention de son fils Maxime, pièce divertissante et assez spirituelle, enrichie par des thèmes populaires rafraîchissants.

Lire la chronique Concert (même programme) de et à Vincennes.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 15 en la majeur op. 141 (réduction pour deux pianos du compositeur) ; Concertino pour deux pianos op. 94. Philippe Entremont & Laura Mikkola, pianos. 1 CD Cascavelle VEL 3102. Enregistré à l’église Saint-Marcel, Paris, du 16 au 19 janvier 2006. Notice trilingue (français, allemand, anglais). Durée : 48’05’’

 
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