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Barenboim et la Philharmonie de Berlin fêtent joliment Mozart dans sa ville fétiche

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°35 en ré majeur K. 385 « Haffner » ; Symphonie n°36 en ut majeur K. 425 « Linz » ; Concerto pour piano n°22 en mi bémol majeur K. 482  ; Concerto pour cor n°1 en ré majeur K. 412/514. Radek Baborak, cor, Orchestre Philharmonique de Berlin, piano et direction : Daniel Barenboïm. Bonus  : A Cultural Portrait of Prague (documentaire). Réalisateur : Bob Coles. 1 DVD Euroarts 2055308. Enregistré au Théâtre des Etats de Prague le 1er mai 2006. Sous-titres : anglais-français. Zone 0. Durée : 118’

 

Depuis 1991, tous les 1er mai, l’ célèbre l’anniversaire de sa création en 1882, en donnant son désormais traditionnel Europa-Konzert. L’édition 2006 s’est déroulée à Prague, comme la toute première édition, à nouveau pour fêter Mozart, année anniversaire oblige. Claudio Abbado conduisait alors l’orchestre dans la vaste salle Smetana alors que bénéficie du Théâtre des Etats, lieu mozartien historique s’il en est, puisqu’il vit la création de La Clémence de Titus et de Don Giovanni. De proportion plus réduite, la très belle salle aux teintes bleue et dorée, archi comble, accueille un orchestre au format allégé, proportionnel à la taille de la scène sur laquelle il a pris place.

Entièrement consacré à Mozart, le programme alterne agréablement symphonies et concertos, et nous permet d’entendre à la fois chef et pianiste. La Symphonie « Haffner » qui débute le concert est jouée dans un style classique, plus puissant qu’énergique, jamais poussé aux extrêmes, avec un souci évident de laisser s’épanouir chaque phrase sans jamais la forcer ni la brutaliser. On n’y trouvera pas tout à fait l’émotion pure à la Bruno Walter, ni la force motrice irrésistible à la Karajan avec son tempo – et sa virtuosité – d’enfer (Berlin 76), mais un jeu intermédiaire, un peu comme Krips, mais en plus dense et plus réussi. Les cordes sont magnifiques et bien que réduites en nombre, elles ont gardé leur intensité portée par les violoncelles et contrebasses qui ont fait la légende de Berlin. On pourra toutefois regretter un léger déséquilibre sonore favorisant justement les cordes et masquant un peu les bois.

Suit le Concerto pour piano n°22 dirigé du clavier par le chef. Fin musicien, pianiste intelligent, Barenboim nous livre ici une bien jolie interprétation, simple, directe, qui s’écoule avec naturel. Qu’on n’y attende aucune surprise historico-musicologico-barocoso (comme dans tout ce concert d’ailleurs), ici le pianiste-chef joue la partition avec son cœur, son âme et sa compréhension intime de l’œuvre, résultat de décennies de pratique. De forts beaux moments en découlent, surtout dans ce concerto, sans doute le moment le plus émouvant du concert. L’Andante nous permettra d’entendre, bien mieux que dans la symphonie, les magnifiques bois et cors de l’orchestre, le dialogue à trois, bois-cuivres, cordes, piano y est simplement beau. Le final, dans cette œuvre aussi important en contenu et durée que le premier mouvement (un mini concerto à lui tout seul avec son andantino cantabile central), est très réussi. Le court Concerto pour cor n°1 (à peine 11’) nous permet d’entendre Radek Baborak, musicien tchèque, qui occupe désormais le poste de cor solo de la Philharmonie de Berlin. Il joue ici avec son habituel cor à pistons et c’est superbe. L’œil aiguisé aura remarqué qu’il tient également sa place dans l’orchestre pour les trois autres œuvres de la soirée. La Symphonie « Linz » clôt le concert sur les mêmes principes interprétatifs : laisser chanter la phrase le plus naturellement possible dans un tempo qui ne la brusque pas.

Un bien joli concert, dans une bien jolie salle, qui, d’un niveau qu’on n’entend pas si souvent dans les salles de concerts ces derniers temps.

La classique piste son PCM sonne légèrement sèche. La prise de son multi canal (pistes DD et DTS) plus chaleureuse et enveloppante, est plutôt réussie, notamment sur les trois voix frontales, détachant mieux le piano de l’orchestre dans le concerto. Les voies arrières, toujours un peu bizarres, sont moins gênantes que dans bien des prises de son cinq canaux.

La qualité des images est remarquable, la finesse des détails permettant même de lire les partitions sur les pupitres. Un sympathique documentaire de 18’« A Cultural Portrait of Prague » emmène le spectateur visiter la magnifique ville de Prague, et ses principaux lieux culturels et musicaux.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°35 en ré majeur K. 385 « Haffner » ; Symphonie n°36 en ut majeur K. 425 « Linz » ; Concerto pour piano n°22 en mi bémol majeur K. 482  ; Concerto pour cor n°1 en ré majeur K. 412/514. Radek Baborak, cor, Orchestre Philharmonique de Berlin, piano et direction : Daniel Barenboïm. Bonus  : A Cultural Portrait of Prague (documentaire). Réalisateur : Bob Coles. 1 DVD Euroarts 2055308. Enregistré au Théâtre des Etats de Prague le 1er mai 2006. Sous-titres : anglais-français. Zone 0. Durée : 118’

 
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