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Un Beethoven tout en finesse par l’Orchestre des Champs-Elysées

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Grenoble. MC2. 12-I-2007. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre, en ut majeur op. 56 ; Symphonie n°6 en fa majeur, dite « Pastorale » op. 68. Daniel Sepec, violon ; Jean-Guihen Queyras, violoncelle  ; Andreas Staier, piano. Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe.

Les œuvres les plus connues de Beethoven sont trop souvent soit délaissées par les grands interprètes, avides de sonorités plus rares, soit maltraitées au travers d’interprétations peu soignées, misant sur leur charme immédiat. Raison de plus pour se précipiter à ce concert : lorsque l’Orchestre des Champs-Elysées annonce, sous la baguette de , la Symphonie Pastorale et le Triple Concerto de Beethoven, on ne peut que s’attendre à de grands moments de musique. On peut être certains de ne pas assister à une débauche de grands effets vulgaires, mais au contraire à la mise en valeur des moindres aspects de chacune de ces œuvres. D’autant plus si les solistes ne sont autres que Daniel Sepec, et . Qui plus est, sur instruments d’époque.

Affiche très alléchante, qui n’a pas laissé le public grenoblois indifférent : la salle était comble. Et le résultat musical à la hauteur de ses espérances. Sous la baguette de , chaque détail est mis en valeur sans ostentation ni démesure : la partition est tout simplement lue avec une extrême finesse, une extrême précision. Est-il nécessaire de rajouter des effets de nuances ou de vibrato excessif pour servir de telles œuvres ? Certes non, et nous le prouve. Chaque dissonance dissimulée dans l’œuvre est mise en valeur, chaque contretemps ou décalage rythmique est interprété avec une grande rigueur. A travers un jeu très sobre et précis, l’ démontre une nouvelle fois l’immense pouvoir dramatique et l’énergie intrinsèque de chacune de ces œuvres. Comme souvent chez Philippe Herreweghe, cette énergie est omniprésente, même dans les mouvements lents, et la recherche du relief est permanente. Une mention particulière pour les bois, dont la sonorité et l’interprétation allient chaleur, finesse et dynamisme.

Il n’est plus nécessaire de présenter les solistes du Triple Concerto. Ils nous offrent une œuvre magnifique d’écoute et de complicité : dans cette interprétation, ils mettent réellement les qualités de la musique de chambre au service de celles du concerto. Respiration commune, complémentarité extrême dans chaque dialogue : voici de vrais chambristes qui intègrent totalement l’orchestre à leur discours. Est-ce dû au choix de l’instrument, à l’acoustique de la salle – pourtant excellente – ou à la position du pianoforte, très loin des panneaux de bois situés en fond de scène ? Toujours est-il que l’on peut regretter de n’avoir pas totalement pu savourer le jeu d’, car le son du pianoforte était parfois largement couvert par les autres instruments. Qu’importe, ce détail – qui a occasionné quelques petits déboires aux interprètes au début du deuxième mouvement – n’a en rien gâché le plaisir du public. Et si tel était le cas, le jeu si chaleureux et subtil de nous l’aurait rapidement fait oublier.

En bis de la première partie, le trio de solistes offre à la salle enthousiaste un rondo de Hummel, petite pièce agréable, tandis qu’en bis de la seconde partie, l’Orchestre reprend tout simplement … tout le premier mouvement de la Symphonie Pastorale (sans les reprises).

On ne pouvait pas en attendre moins de tels interprètes, qui, comme d’autres, ont la simplicité des grands.

© Benjamin Krieg

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Grenoble. MC2. 12-I-2007. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et orchestre, en ut majeur op. 56 ; Symphonie n°6 en fa majeur, dite « Pastorale » op. 68. Daniel Sepec, violon ; Jean-Guihen Queyras, violoncelle  ; Andreas Staier, piano. Orchestre des Champs-Elysées, direction : Philippe Herreweghe.

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