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Paris. Maison de Radio France. 18-I-2007. Giuseppe Maria Cambini (1746-1825) : Quintette n°3 en fa majeur ; Giulio Briccialdi (1818-1881) : Quintette en ré majeur op. 124  ; Carl Nielsen (1865-1931) : Quintette à vents op. 43 ; György Ligeti (1923-2006) : Six Bagatelles pour quintette à vents. Quintette Aquilon : Sabine Raynaud, flûte ; Claire Sirjacobs, hautbois ; Stéphanie Corre, clarinette ; Gaëlle Habert, basson ; David Macé, cor.

Cinq vents en V.O.

Prix de musique de chambre mention Très Bien à l’unanimité dans la classe de et en 2004 et lauréat, en 2005, du Concours européen « Musiques d’ensemble » de la FNAPEC, le dispose d’un répertoire de distinctions digne d’attirer l’intérêt des mélomanes les plus studieux. Mais ceux qui sont passionnés de musique plus que de lauriers, pourront s’intéresser à ces musiciens, même s’ils se sont connus en 2000, au CNSMDP eux aussi. Parce que le sert une noble cause : pour revendiquer le quintette à vent comme un genre, la formation entend défendre en priorité le répertoire original, les partitions écrites par les compositeurs expressément pour leur effectif. Mais quand des musiciens font d’un répertoire leur créneau, quelle place reste-t-il pour les joutes interprétatives ?

En ouvrant le concert sur le troisième Quintette de Cambini, il s’agissait de rendre hommage à l’inventeur du genre quintette à vent. Il s’agissait néanmoins d’une partition foisonnante, donnée avec une énergie résolue, dessinée par des volumes généreux, d’une constance qui semble parfois toucher à la naïveté, peut-être pour mieux respecter la variété des couleurs. Dans le deuxième mouvement notamment, les différents pupitres se partagent le premier plan en se signalant de nuances parfois trop distinctes pour que le contrepoint ne s’en ressente un peu caricatural. Aussi, les timbres se heurtent par souci de précision, mais ils en ressortent souvent plus soucieux et scolaires que précis. Sinon que le Quintette en ré majeur de Briccialdi tenait hautes en couleurs des mélodies toutes taillées pour la gloire des alliages sonores composés par la permutation des cinq instruments deux par deux. Les mélodies peuvent même avoir l’air désuètes, la mélancolie follement cafardeuse, avec même quelques accents de Scott Bradley, joyeusement picaresques. Style par style, la capacité du à faire des timbres pleins n’est plus une limite, dès que son répertoire l’amène sur des terrains autrement typés.

C’est après avoir entendu le Quintette pour piano et vent de Mozart que Nielsen a entrepris de lui-même composer un Quintette à vent : des lignes de chant, au lieu de se vallonner en fiertés, sont effet de texture, donnent conséquence à l’atmosphère. C’est peut-être, en effet, dans la précellence de l’environnement, dans la priorité de l’étendue sur l’affect, que l’héritage de Mozart est le plus intéressant. L’œuvre est propice, pour le Quintette Aquilon, à exalter la justesse de ses dosages, à mesurer l’affirmation de ses mélanges (le cor et le basson vont très bien ensemble !), à ravir son appétit pour des teintes polyvalentes. Et si les Six Bagatelles pour quintette à vent de Ligeti peuvent passer pour un arrangement, le compositeur y a mis tellement de rouerie, Aquilon tant d’amusement, que la réécriture va plus loin qu’une plate transposition. Et pour jouir de leur rapprochement, on aimerait avoir les Musica Ricercata d’Aquilon au disque, auprès de celles de , à l’orgue de barbarie. En attendant, pouvons-nous guetter la retransmission du concert sur France Musique, le 27 janvier à 13 h.

Crédit photographique : © Quintette Aquilon

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Paris. Maison de Radio France. 18-I-2007. Giuseppe Maria Cambini (1746-1825) : Quintette n°3 en fa majeur ; Giulio Briccialdi (1818-1881) : Quintette en ré majeur op. 124  ; Carl Nielsen (1865-1931) : Quintette à vents op. 43 ; György Ligeti (1923-2006) : Six Bagatelles pour quintette à vents. Quintette Aquilon : Sabine Raynaud, flûte ; Claire Sirjacobs, hautbois ; Stéphanie Corre, clarinette ; Gaëlle Habert, basson ; David Macé, cor.

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