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Des salles de concert sur son PC, acte II

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Universal propose une deuxième fournée de sa nouvelle série en téléchargement. Suite à la première série de livraison (lire ici notre chronique) on retrouve le fidèle New-York Philharmonic et son directeur musical, ainsi qu’un nouveau venu dans cette « dream team des orchestres » : le Philharmonia de Londres sous la baguette de l’une des gloires du catalogue Decca : Charles Dutoit

 

Universal propose une deuxième fournée de sa nouvelle série en téléchargement. Suite à la première série de livraison (lire ici notre chronique) on retrouve le fidèle New-York Philharmonic et son directeur musical, ainsi qu’un nouveau venu dans cette «dream team des orchestres» : le Philharmonia de Londres sous la baguette de l’une des gloires du catalogue Decca : .

Les DGG et Decca concerts semblent prendre un rythme de croisière et de nouveaux partenariats avec de grandes phalanges sont annoncés : les deux orchestres de Radio-France, l’Israël Philharmonic et l’Orchestre Philharmonique de Chine. À terme, l’amateur aura un échantillon de la vie symphonique mondiale sans avoir à quitter son écran de PC.

(1803-1869) : Harold en Italie op. 16. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1. Cynthia Phelps, alto ; New York Philharmonic Orchestra, direction : . Enregistré en concert à l’Avery Fischer Hall de New-York en mai 2006.

Cette série s’ouvre par un plantureux concert du maestro Maazel dans deux chevaux de bataille de son répertoire. On ne quitte malheureusement pas une gentille routine dans ces interprétations conduites sans grand élan. Harold en Italie est assez bien mené et débité avec compétence par l’altiste principale de l’orchestre, mais on peine à trouver un quelconque souffle romantique dans cette interprétation. On baisse encore d’un cran avec une symphonie n°1 de Mahler lourde à force d’être attentive tandis que l’orchestre déconcentré livre une toute petite prestation.

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 op. 107 ; Symphonie n°5 op. 47. Lynn Harell, violoncelle. Orchestra, direction : Lorin Maazel. Enregistré en concert à l’Avery Fischer Hall de New-York, le 03 octobre 2006

Maazel frappe là où l’on ne l’attendait pas. Auteur d’un enregistrement plus qu’oubliable de la Symphonie n°5 de Chostakovitch lors de son passage à Cleveland (Telarc), le virtuose de la baguette livre ici un très grand témoignage discographique. Prise dans des tempi raisonnablement modérés, la symphonie s’appuie sur un orchestre ultra virtuose dont les teintes grisées et irisées servent à merveille cette musique. Tout est intellectuellement hautement élaboré et les solos s’imbriquent avec une rare évidence dans la densité de la masse orchestrale. Ce Chostakovitch cérébral laisse pourtant la musique s’écouler avec naturel. En ouverture de ce concert donné pour le centenaire de la naissance du compositeur, Maazel et ses musiciens tissent un écrin de grand luxe à un Lynn Harell hautement inspiré. Ajoutons que la prise de son est très compacte mais très impressionnante dans sa restitution des timbres et des dynamiques.

Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan op. 20  ; Mort et transfiguration op. 24  ; Salomé op. 54, Danse de Sept voiles ; Grande suite de concert du Chevalier à la Rose. New York Philharmonic Orchestra, direction : Lorin Maazel. Enregistré en concert à l’Avery Fischer Hall de New-York, en octobre 2005 et mars 2006.

Le concert est la rencontre d’un chef qui dirige, plus que très bien, cette musique, depuis ses jeunes années et d’un orchestre au bagage straussien des plus intimidants (le New-York Philharmonic enregistrait dès la fin des années 1920, Ein Heldenleben sous la direction de Willem Mengelberg). Immense technicien de la baguette, Maazel sculpte des fresques épiques et grandioses dans Don Juan et Mort et Transfiguration, dont les interprétations, fort bien enregistrées, cumulent l’élan et le sens du détail. Très concentré, l’orchestre livre une prestation exceptionnelle. Les choses se compliquent avec la danse des sept voiles de Salomé, mais surtout avec la grande suite de valses du Chevalier à la rose. Maazel ne peut s’empêcher de jouer avec son orchestre, ralentissant à l’excès les tempi pour faire ressortir les plus petits détails. Ce qui est lourd dans l’extrait de Salomé devient plus que vulgaire dans le Rosenkavalier.

Jean Sibelius (1865-1957) : Finlandia op. 26 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonie n°35 K385 «Haffner», Hector Berlioz (1803-1869) : Symphonie Fantastique op. 14. , direction : Charles Dutoit. Enregistré en concert, le 10 novembre 2006, au De Montfort Hall de Leicester.

Absent des salles d’enregistrement depuis de nombreuses années, effectue son retour «discographique». On cherche en vain une logique dans ce concert enregistré au De Montfort Hall de Leicester où le Philharmonia est en résidence chaque saison. On peut passer plutôt rapidement sur une première partie fonctionnelle : l’interprétation de la symphonie de Mozart se limite à une jolie exécution des nuances. Les choses sérieuses commencent avec la Symphonie Fantastique de Berlioz. Plutôt lente, cette interprétation se distingue par la clarté des timbres et des phrasés. La musique avance avec logique jusqu’à la scène aux champs. Sans démériter les deux derniers mouvements sont moins bien venus. La marche et le Songe d’une Nuit de Sabbat manquent de folie et de démesure.

Avec ses hauts et des bas, cette seconde fournée, marque tout de même une belle progression au niveau de la restitution sonore surtout dans les albums Strauss et Chostakovitch. Ces concerts sont téléchargeables sur www.virginmega.fr www.fnacmusic.com ou iTunes music store France.

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