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Liège, Salle Philharmonique. 3-III-2007. Erik Satie (1866-1925) : Parade ; Jack in the box (orchestration de Darius Milhaud). Francis Poulenc (1899-1963) : Les Biches, suite de ballet. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

Orchestre Philharmonique de Liège

Évènement à Liège avec le festival Ballets russes organisé par l’Orchestre Philharmonique. Pendant une semaine, onze spectacles et concerts vont évoquer le souvenir de cette magnifique entreprise artistique et humaine, véritable creuset de la modernité, par la liste essentielle des collaborations et des réalisations sur lesquelles elle a débouché. Le public peut ainsi entendre des tubes comme le Sacre du Printemps, le Prélude à l’après-midi d’un Faune mais aussi des raretés absolues comme Chout de Prokofiev, Tamara de Balakirev ou la Tragédie de Salomé de Florent Schmitt. En parallèle au festival, le Musée d’Arts Moderne et Contemporain de Liège (MAMAC) propose une exposition sur le même thème à partir de ses nombreuses collections. L’affiche est d’autant plus alléchante que l’Orchestre Philharmonique de Liège est presque indépassable dans la compréhension et la restitution de cette esthétique musicale début du siècle.

Le premier programme proposé en matinée confrontait à . Longtemps tombé dans l’oubli avant un enregistrement d’Igor Markevitch dans les années 1950, Parade (1917) fut la source d’un véritable scandale. Produit d’une collaboration entre Cocteau pour l’idée et Picasso pour les décors, elle provoqua l’ire d’une partie du public à cause de son sujet festif mais aussi en raison de répétitions programmées à Rome tandis que la population souffrait de l’interminable guerre. La musique présente des intuitions géniales en terme d’alliances et sonorités, et de trouvailles d’orchestration par son intégration de partitions d’objets inusités : machine à écrire, bouteilles, fusil, sirènes. en donne une interprétation fine et précise, qui insiste sur la construction de cette musique. L’orchestre lui répond avec tact et souplesse. Cela étant, on regrette tout de même un manque de narration et l’ironie nécessaires pour transcender cette pièce assez déjantée. Les trois pièces de Jack in the Box (1898) étaient à l’origine destinée au clavier. Retrouvée derrière un piano à la mort du compositeur, la courte partition est alors orchestrée par et proposée en interlude pour un spectacle donné à Paris en 1926. Très exigeante avec les instruments à vents, cette musique bien troussée permet à ce pupitre mené par l’excellent clarinettiste Jean-Luc Votano d’exprimer d’infinies nuances.

Proposée dans sa suite d’orchestre, le ballet des Biches de Poulenc (1924) sonne toujours avec cette légèreté aussi aristocratique que distanciée qui caractérise l’œuvre de ce compositeur. Cette musique convient parfaitement à qui insiste sur la lisibilité d’une orchestration exemplaire. Les différents pupitres trouvent les teintes idéales pour servir cette musique d’orfèvre. Devant la joie du public, les musiciens rejouent les dernières notes du final.

Crédit photographique : © Orchestre Philharmonique de Liège

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Liège, Salle Philharmonique. 3-III-2007. Erik Satie (1866-1925) : Parade ; Jack in the box (orchestration de Darius Milhaud). Francis Poulenc (1899-1963) : Les Biches, suite de ballet. Orchestre Philharmonique de Liège, direction : Pascal Rophé.

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