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Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op. 48 (version dite « liturgique » de 1893). Gabriel Fauré & André Messager (1853-1929) : Messe des pêcheurs de Villerville. Peter Harvey, baryton, Ana Quintans, soprano, Marcelo Giannini, orgue. Ensemble vocal de Lausanne, Orchestre Sinfonia Varsovia, direction : Michel Corboz. 1 CD Mirare MIR 028. Enregistrement réalisé à l’Abbaye Royale de Fontevraud. Notice multilingue très soignée (français, latin, anglais, allemand, espagnol). Durée : 63’.

 

Le Requiem de ne propose pas une vision tragique de la mort, n’abandonne pas l’auditeur à un effroyable désespoir mais l’invite plutôt à une acceptation de l’ordre des choses, l’accompagnant vers le chemin de la sérénité. Fauré évoquait ce choix en exprimant son sentiment général sans détours : « Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux… Mon Requiem a été composé pour rien… pour le plaisir si j’ose dire… Peut-être ai-je ainsi, d’instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête. J’ai voulu faire autre chose ». Il en ressort une œuvre limpide sans être simpliste, une émotion simple devant la mort. Prestigieux organiste de l’église de la Madeleine à Paris, Fauré n’était pas croyant. Œuvre païenne ? Œuvre mondaine ? C’est une page « au caractère doux comme moi-même », aimait à préciser Fauré…

Voilà une riche idée que de réunir sur un même album les compositions liturgiques de Fauré et de Messager (en collaboration avec Fauré), deux œuvres de même acabit, majestueuses, merveilleuses de douceur. Idée qui revint en premier à cet admirable disque paru chez Harmonia Mundi en 1989, sous l’égide du chef d’orchestre Philippe Herreweghe. Initiative renouvelée donc ici, avec toujours la version de 1893 du Requiem, la version « allégée » (celle de 1901, pour grand orchestre, étant également à conseiller par Philippe Herreweghe, toujours chez Harmonia Mundi), aux allants légers et intimistes : une merveille esthétique. Le résultat est enthousiasmant : musique et chant somptueux, interprétation poignante et apaisante à la fois, beau digipack, livret copieux.

On se plaît même à imaginer un DVD reprenant l’exécution de ces deux œuvres et qui mettrait subtilement en scène le cadre des enregistrements : l’Abbaye Royale de Fontevraud (fondée en 1101). Cité monastique récemment classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, architecture frappante de par sa taille et son originalité (nécropole royale des Plantagenêt, Réfectoire, Haut-dortoir…), dorénavant haut lieu de rencontres culturelles.

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op. 48 (version dite « liturgique » de 1893). Gabriel Fauré & André Messager (1853-1929) : Messe des pêcheurs de Villerville. Peter Harvey, baryton, Ana Quintans, soprano, Marcelo Giannini, orgue. Ensemble vocal de Lausanne, Orchestre Sinfonia Varsovia, direction : Michel Corboz. 1 CD Mirare MIR 028. Enregistrement réalisé à l’Abbaye Royale de Fontevraud. Notice multilingue très soignée (français, latin, anglais, allemand, espagnol). Durée : 63’.

 
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