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Ernst Haefliger, ténor (1919 – 2007)

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Il était un Evangelist de légende, l’un des interprètes majeurs des Winterreise de Schubert, le ténor suisse s’est éteint samedi dernier à Davos, son village natal des Grisons. Il avait 87 ans.

En janvier dernier, était sur la scène du Stadttheater de Berne pour décorer les lauréats de la première édition du concours de chant qui porte son nom. La lumière qui jaillissait de ses yeux alors qu’il distribuait les prix aux heureux gagnants, le respect de ceux-ci pour la légende vivante devant laquelle ils étaient avait quelque chose d’immensément touchant.

Ayant fait la majeure partie de sa carrière en Allemagne, Ernst Haefliger a été l’un des premiers chanteurs helvétiques à porter la fierté de la Suisse sur les scènes étrangères. Entre 1952 et 1972, il est le ténor lyrique vedette du Deutscher Opera de Berlin. Sa voix d’une grande pureté le destine tout naturellement au répertoire mozartien dont il chante les plus grands rôles. A preuve indélébile, le témoignage discographique de son superbe Belmonte de L’Enlèvement au Sérail, comme du touchant Don Ottavio de Don Giovanni qu’il chante sous la baguette du chef d’orchestre hongrois Ferenc Fricsay. En 1951, toujours sous la direction de Ferenc Fricsay, il est Florestan dans un Fidelio de légende.

Mais c’est avec la musique de Jean Sébastien Bach qu’il se forge une réputation qui ne le quittera plus. Régulièrement invité par les festivals de Salzbourg, de Glynbourne comme de Lucerne, il est l’incontournable Evangéliste de ses oratorios. La pureté du timbre s’alliant à la simplicité du chant font de ses interprétations d’impérissables références.

Près de cinquante ans après son enregistrement, entre juin et août 1958, de La Passion selon Saint Matthieu BWV 244 sous la direction de Karl Richter, l’interprétation de l’Evangéliste par Ernst Haefliger suscite encore les louanges des critiques. Au moment de la sortie des quatre microsillons, le critique musical Joachim Kaiser s’enthousiasme sur la prestation du ténor suisse en déclarant : « Non pas que Ernst Haefliger séduise par une grande voix ou un timbre exceptionnel, mais il est en possession du mystère. Dans sa bouche, la déclamation de Bach ne sonne à aucun moment de façon maladroite ou artificielle, voire baroque. Au contraire, tout est empreint de ce suprême naturel qui fait parfois oublier que c’est du chant. Haefliger raconte. Seulement, c’est la plus grande histoire du monde et, avec les mots de l’Evangéliste mis en musique par Bach, il est impossible d’imaginer une interprétation plus fervente. »

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