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L’esprit de Rossini présent pour une Italienne à Alger victorieuse

À emporter, CD, Opéra

Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algieri. Marianna Pizzolato, Isabella ; Marco Vinco, Mustafà ; Maxim Mironov, Lindoro ; Bruno de Simone, Taddeo ; Barbara Bargnesi, Elvira ; José Maria Lo Monaco, Zulma ; Alex Esposito, Haly. Prague Chamber Choir. Orchestra del Teatro Communale di Bologna, direction : Donato Renzetti ; 2 CD Dynamic CDS 526/1-2. Enregistrement live à Pesaro en août 2006. Livret traduit en anglais, notes en italien, anglais, allemand et français ; Durées : CD1, 69’43’’ ; CD2, 73’47

 

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Le Festival de Pesaro présente régulièrement les enregistrements de ses productions. Nous voici en présence d’une Italienne à Alger de haut vol, donnée l’été dernier. Il s’agit d’une interprétation très réjouissante, bouillonnante de vie. Dans une mélodie inédite, l’adieu de Rossini, le vieux Maestro se moque de lui-même avec beaucoup d’humour et se décrit comme une brise agitant l’eau et dont l’effet sera toujours perceptible. Pas de doutes ici, l’esprit de Rossini souffle abondamment sur cette Italienne à Alger, œuvre parfaite et pourtant œuvre de jeunesse contemporaine de Tancredi.

Toute l’équipe de cette production, avec un grand enthousiasme, libère un air de jeunesse réjouissant. Tous s’amusent et chantent à la perfection. L’orchestre, virtuose, vrombit et détaille toutes les trouvailles orchestrales du jeune maestro de vingt ans. Dans un tempo irrésistible, ne laisse personne en chemin. Nous volons de l’ouverture vers le final à toute vitesse. Tous, solistes, choristes, musiciens, jouent le jeu avec délectation. Le grand final du premier acte est le meilleur exemple. Tout est parfaitement en place et la folie jaillissante nous enivre. Est-il besoin de détailler les voix ? Tous sont d’excellents techniciens : roulades, vocalises, legato de rêve (dans « Per lui qu’adoro ! »), nuances, abbellimenti lors des reprises, tout est parfaitement rossinien. La beauté des voix et surtout leur jeunesse nous ensorcèlent. Le ténor , à la technique déjà impressionnante, est peut être celui dont la jeunesse est encore verdeur. Mais son timbre est agréable et le personnage si sympathique que ce n’est pas bien gênant. est un Mustafa jeune et séduisant en diable. Elvira est un rôle souvent sacrifié vocalement. Chanté par , avec beaucoup de tempérament et une fort belle voix il reprend le poids dû à son rang. est un Taddeo truculent et bien chantant. Arianna Pizzolato, avec beaucoup d’entrain et le timbre sombre adéquat associé à une très belle technique, s’arrange pour être une Isabella pétillante et pas du tout matrone. Elle est surtout très attachante (sans arriver toutefois à nous faire oublier ses illustres rivales discographiques).

On pourra aimer d’autres intégrales de ce bijou rossinien, pour telle diva, tel chef, tel chanteur. Certains airs sont mieux interprétés ailleurs, mais aucune version ne dégage un tel esprit, semblant inspiré par Rossini lui-même, grâce à un travail d’équipe jubilatoire. La prise de son est satisfaisante, l’orchestre en fosse est un peu sec mais très présent. Les voix s’épanouissent bien. Seul bémol, les bruits de scène, surtout venant des micros au sol, gêneront certains puristes. Pour d’autres ils témoigneront au contraire de la vivacité de la mise en scène, dont on peut deviner l’humour et la beauté, grâce aux photos des représentations dans la plaquette… Tous les artisans de cette soirée sont très souvent applaudis et nous avons envie d’en faire autant.

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