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Delphin Poulopeau, un rêve à la portée des enfants

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Mulhouse. Théâtre de la Sinne. 17-III-2007. Serge Gandolfi : Delphin Poulopeau, opéra par et pour les enfants sur un livret de Colette Lhost. Mise en scène : Yves Destrée ; décors : Benoît Dugardyn ; costumes : Kathy Strub ; chorégraphie : Jean-Christian Danielo. Avec : Alain Domi, Delphin Poulopeau ; Oriana Yeung, l’Enfant ; Marie Bochelen, la Maman ; Béatrice Girod, la Maîtresse ; Carole Kœnig, la Voisine. Chœur d’enfants et Ensemble Orchestral de l’École Nationale de Musique, de Danse et de Théâtre de Mulhouse, coordination artistique : Patrick Frœsch ; direction : Serge Gandolfi.

Après le conte lyrique Souvenirs envolés produit en 2005/2006, l’Opéra National du Rhin a confié au compositeur la création d’un nouvel opéra pour enfants, œuvre à laquelle des enfants eux-mêmes participeraient. C’est ainsi que Delphin Poulopeau a vu le jour.

Abordant le thème délicat de l’exclusion, cette composition le fait avec réalisme et émotion. Le monde est ainsi vu par les yeux des enfants : le monde des adultes est grisâtre, plongé dans les ténèbres, au fur et à mesure que Delphin les fait pénétrer dans son univers de poésie et de fantaisie, cet univers se pare de mille couleurs.

Le personnage de Delphin, cet adorable SDF, rappelle irrésistiblement le Joueur de Flûte de Hamelin, qui envoûte les enfants grâce à ses flûtes magiques. Mais ici, contrairement à la légende, il n’emmène pas les enfants vers la mort, mais plutôt vers un monde plus beau, où ils pourront renaître et vivre enfin leurs vies d’enfants.

Musicalement, on peut sentir l’effort et la passion que les élèves de l’ENM de Mulhouse ont investis dans la préparation de ce spectacle de grande envergure.

Le chœur d’enfants, très fourni, est admirable de précision et d’homogénéité. La jeune Ariana Yeung, qui interprète l’enfant (chanté en alternance avec elle par deux élèves de l’ENM, des garçons cette fois), se tire honorablement de sa partie, aidée en cela par la sonorisation à laquelle elle a bien évidemment droit, sa voix ne pouvant égaler en puissance celles des autres chanteurs, plus confirmés qu’elle.

Alain Domi incarne avec finesse le rôle éponyme, proche parent de Papageno. Sa voix, belle et bien timbrée, traduit à merveille le caractère profondément rêveur et enjoué du vagabond, toujours prêt à espérer dans l’avenir. Mais la voix la plus impressionnante de cette soirée est incontestablement celle de la Maman, interprété par la jeune soprano Marie Bochelen. Paradoxalement âgée de 20 ans, dotée d’un timbre somptueux, d’une voix très longue et très puissante, très musicienne, cette chanteuse semble promise à une superbe carrière. Elle personnifie à la perfection son rôle d’infâme mégère, et, dès son entrée en scène, fait passer dans la salle un véritable souffle d’effroi, tant son incarnation, hautaine, méprisante et haïssable, est convaincante. Ses comparses, interprétées par Béatrice Girod et Carole Kœning, sont tout aussi « engagées » et achèvent de personnifier l’univers noir des adultes décrit par le livret de Colette Lhost.

Saluons également les superbes maquillages réalisés par les élèves de l’Ecole des Arts de la Transformation, sous la houlette du grand maquilleur Kuno Schlegelmilch. Quant à l’orchestre, composé à la fois d’élèves et de professeurs, il tient bien la route, admirablement mené par le compositeur .

Voilà une bien belle création que l’Opéra National du Rhin aurait tout intérêt à exporter dans d’autres théâtres de l’Hexagone.

Ce spectacle a ravi les enfants présents ce soir-là, et peut encore se voir à l’Illiade, tout près de Strasbourg, le 31 mars et le 1er avril. Bravo à tous !

Crédit photographique : © Christophe Hamm

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Mulhouse. Théâtre de la Sinne. 17-III-2007. Serge Gandolfi : Delphin Poulopeau, opéra par et pour les enfants sur un livret de Colette Lhost. Mise en scène : Yves Destrée ; décors : Benoît Dugardyn ; costumes : Kathy Strub ; chorégraphie : Jean-Christian Danielo. Avec : Alain Domi, Delphin Poulopeau ; Oriana Yeung, l’Enfant ; Marie Bochelen, la Maman ; Béatrice Girod, la Maîtresse ; Carole Kœnig, la Voisine. Chœur d’enfants et Ensemble Orchestral de l’École Nationale de Musique, de Danse et de Théâtre de Mulhouse, coordination artistique : Patrick Frœsch ; direction : Serge Gandolfi.

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